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Salo IX, salon du dessin érotique

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Anne-Sophie Yacono, «She's so Heavy», 2020, lithographie

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Exposition collective

Anne-Sophie Yacono
Paris
22.07.21 — 25.07.21
12h

Communiqué de presse Salo 9

C’est la première année où il y a autant d’artistes hommes dans Salo : 133 artistes – 87 femmes – 39 hommes – 2 mixte femme & homme – 2 femme & femme – 3 indéterminés. La sélection se fait sans CV, sans frais de jury, uniquement à partir des visuels des œuvres proposées. Les artistes participent à la publication du catalogue car depuis sa création toutes les subventions sont refusées à Salo. C’est un thème repoussant pour les institutions publiques, elles évoquent que la médiation, les visites scolaires n’y sont pas recommandées. Même Grolsch, le brasseur néerlandais, a refusé le partenariat en indiquant que ce thème donnerait : « une mauvaise image à sa bière ». Il est vrai que l’érotisme est un jeu qui n’a pas le poids lourd du grand Amour ou celui de la reproduction. Les religions ne sont pas contre la reproduction ou l’amour, mais contre l’érotisme. Le visage caché des femmes et l’interdiction des représentations sont des contraintes pour freiner le désir et l’érotisme. L’ordre moral, le mariage civil, sont les pendants laïques de ces interdits. Evidemment les plus jeunes peuvent toujours s’éduquer via la pornographie sur Internet, mais la pornographie est un sport de professionnels là où l’érotisme est un art. L’art est de fait érotique. Ces limitations, ajoutées aux interdits liés à la prostitution, sont en partie responsables de l’augmentation des agressions sexuelles, des viols, des abus sur mineurs. Le viol est un acte contre la civilisation, un crime contre l’humanité. L’érotisme est lié à la rencontre, à l’échange consentant et au jeu de la séduction et du hasard. L’érotisme est la vérité de la civilisation, l’antagonisme de la barbarie. Contrairement aux recommandations des institutions, il semble important de montrer et d’exposer le désir et de laisser les artistes travailler, c’est ce qui manque en France : de vastes expositions régulières qui permettent aux artistes d’exposer leurs travaux, sinon à quoi bon faire une école d’art ? Les grandes expositions d’artistes comme Salo, Festival Jeune Création, Salon de Montrouge, Mac Paris, permettent dans un laps de temps assez court aux collectionneurs et aux galeristes de contempler une sélection composite et d’examiner les qualités de chacune des œuvres car au delà du thème, c’est bien les différentes manières de faire et de penser qui sont à découvrir par les professionnels ou les simples amateurs d’art.

Laurent Quénéhen, commissaire de Salo 9

www.lessalaisons.org / lessalaisons@gmail.com

Adresse
111 bis Boulevard de Ménilmontant
75011 Paris