Sans titre (réitération), 2019

Jezy Knez

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Jezy Knez, «Sans titre (réitération)», 2019, plastique transparent, Format Paysages, Parc régional du Morvan, photographie : Jezy Knez
Jezy Knez, «Sans titre (réitération)», 2019, plastique transparent, Format Paysages, Parc régional du Morvan, photographie : Jezy Knez
Jezy Knez, «Sans titre (réitération)», 2019, plastique transparent, Format Paysages, Parc régional du Morvan, photographie : Jezy Knez
Jezy Knez, «Sans titre (réitération)», 2019, plastique transparent, Format Paysages, Parc régional du Morvan, photographie : Jezy Knez
Jezy Knez, «Sans titre (réitération)», 2019, plastique transparent, Format Paysages, Parc régional du Morvan, photographie : Jezy Knez
Jezy Knez, «Sans titre (réitération)», 2019, plastique transparent, Format Paysages, Parc régional du Morvan, photographie : Jezy Knez
Jezy Knez, «Sans titre (réitération)», 2019, plastique transparent, Format Paysages, Parc régional du Morvan, photographie : Jezy Knez
Jezy Knez, «Sans titre (réitération)», 2019, plastique transparent, Format Paysages, Parc régional du Morvan, photographie : Jezy Knez

Sans titre (réitération), 2019

Parc régional du Morvan présentée dans le cadre du festival Format Paysages commissariat Jean-Michel Lejeune et Véronique Verstraete

L’installation prend place le long de la « cascade du paradis », site qui apparaît comme préservé de la monoculture de résineux qui bouleverse le paysage du Morvan depuis des décennies. Accessible uniquement à pied, le site est une zone où les arbres sont moins denses, occupé par une cascade qui la traverse jusqu’à se perdre dans le lac avoisinant. De part et d’autre, une coulée de roches arrondies et recouvertes de mousses lui donne l’allure d’un forum dans lequel on est invité à s’installer pour observer la forêt de façon panoramique. Le site appelant naturellement le stationnement, il devient pour nous un épicentre, un point de départ depuis lequel composer avec les spécificités de la forêt. L’œuvre que nous proposons se présente comme le recouvrement partiel des abords de la cascade par une matière transparente contrastante. Les formes qu’elle dessine imitent celles du paysage – et des roches en particulier – ce qui empêche de les remarquer immédiatement. Bien que dispersées, on comprend qu’elles constituent une entité qui pourrait proliférer et continuer de se répandre. En figeant cette intrusion de matière dans un état intermédiaire, sans origine et sans devenir clairement définis, nous souhaitons saisir l’ambiguïté de cette forêt, entre pittoresque et industrie, en la plongeant dans un univers inspiré par des récits de science-fiction. La monumentalité des parcelles de douglas provoque chez ceux qui les arpentent une fascination qui opacifie la situation dévastatrice de l’écosystème originelle du Morvan. Notre intervention se joue de cette sensation en proposant cette fois-ci une métamorphose de la forêt par un corps étranger inconnu qui agit lentement sans rupture formelle avec l’existant, à l’instar des Body Snatchers du film de 1979. Imiter une forme répétitive connue, c’est en imposer une nouvelle sans qu’on le remarque et s’en inquiète. Dans cette logique, l’installation projette le remplacement discret de la forêt par un organisme potentiellement nocif, l’enveloppe qu’il dépose pouvant asphyxier la végétation. La présence de terre et de mousse à la base de chaque fragment permet néanmoins de relativiser ce scénario fataliste tout comme la condensation intérieure. Assiste-t-on à une résistance de la nature ? Est-ce la preuve d’une cohabitation possible entre les éléments ? Rappelant la plage de verre en Californie née de la négligence humaine dans laquelle les tortues viennent sereinement déposer leurs œufs ou encore les anciennes carrières qui se recouvrent d’une végétation toujours plus foisonnante, l’installation est une invitation à se projeter dans la complexité d’un paysage tel que celui du Morvan.