Artistes
Blandine Berthelot : lives in Nantes, works in Nantes.
Sortie Résidence “Faites Campagne !”, 2026Lycée agricole Bonnefont
Sortie Résidence CLÉA, 2025Prieuré Montjean-sur-Loire, Mauges-sur-Loire
Exposition “Ruminations”, 2024Galerie Le Rayon Vert, Nantes
La fillette, 2024Galerie Le Rayon Vert - Exposition " Ruminations ", Nantes
Présences, 2024Galerie Le Rayon Vert - Exposition " Ruminations ", Nantes
Sans titre #2, 2024Galerie Le Rayon Vert - Exposition " Ruminations ", Nantes
Un fagot, 2023Les Ateliers de la Ville en Bois - Exposition " Les nuits du voleur, le jour du cochon ", Nantes
Le jour du cochon, 2023Les Ateliers de la Ville en Bois - Exposition " Les nuits du voleur, le jour du cochon ", Nantes
Sans titre #1, 2023Les Ateliers de la Ville en Bois - Exposition " Les nuits du voleur, le jour du cochon ", Nantes
Les enclos, 2019Les Ateliers de la Ville en Bois, Nantes
Après le rituel, 2019Les Ateliers de la Ville en Bois, Nantes
Solo exhibitions
2024
- «Ruminations», Galerie Le Rayon Vert - Nantes
2023
- «Les nuits du voleur, le jour du cochon», Les Ateliers de la ville en Bois - Nantes
2019
- «Les enclos », Les Ateliers de la Ville en Bois - Nantes
- «Après le rituel», Nantes - Exposition privée
Group exhibitions
2026
- «Les artistes qui pensent aux artistes», Collectif Blast, Galerie RDV - Nantes, 44
2025
- «Parcours Secret», Les amis du MASC (Musée d'art moderne te contemporain) - Les Sables d'Olonne, 85
- «Nuit Blanche Mayenne #10», Centre d'Art Contemporain Le Kiosque - Mayenne, 53
- «Poétique de la lutte», Matière vive, Bonus Galerie Le Grand Huit - Nantes, 44
2021
- «Cache-misère et autres songeries», Dans le cadre de la semaine des Arts - La Montagne, 44
Residencies
2025/2026
- «Résidence Faites Campagne ! », Résidence itinérante dans 3 lycées agricoles - Haute-Loire et Cantal
2025
- «Résidence CLEA», Prieuré de Montjean-sur-Loire - Mauges-sur-Loire
2024
- «Résidence de recherche», Collectif Blast - Angers
2023
- «Résidence de recherche », Les Ateliers de la Ville en Bois - Nantes
2022
- «Résidence de recherche», Atelier Alain Le Bras - Nantes
2019
- «Résidence de recherche», Les Ateliers de la Ville en Bois - Nantes
Grants, awards
2025
- Dotation prises de vues d'oeuvres en 2D - ADAGP
- Aide individuelle à la création de la DRAC Pays de le Loire
2024 > 2025
- Lauréate du parcours d'accompagnement Matière vive - Pôle arts visuels pays de la Loire.
2024
- Aide à la création en arts plastiques du département de Loire Atlantique pour l'exposition Ruminations
2023
- Aide au projet de création Arts Visuels de la Région Pays de la Loire
Workshops, teaching
2025 > 2026
- Ateliers de pratique artistique avec des lycéens en lycées agricoles - Yssingeaux, St Flour, Brioude - Haute-Loire, Cantal
2025
- EAC, ateliers de pratique artistique avec des élèves de CP au CM2, École Roger Mercier, Montjean-sur-Loire
2024
- Médiations avec des étudiant.es en Arts Plastiques de l'université catholique de l'Ouest lors de ma résidence chez Collectif Blast - Angers
Education, training
2025
- Formation professionnelle - "Les techniques du moulage : du prototype au tirage" - Centre de formation Leafy - Nantes
2003
- Diplôme supérieur / design objet et espace - École Pivaut - Nantes
Other
2004 > 2017
- Création et développement d'une marque de bijoux contemporains, Les Pingouins.
2003 > 2006
- Co-création de l'association Empreinte, pour la promotion de la création contemporaine à Nantes et son agglomération.
Démarche artistique
Les draps usés de l’artiste cousus comme de longs chapelets de saucisses.
Un étrange banquet mêlant des traces d’un matrimoine paysan méconnu et le souvenir, entre dégoût et fascination, des organes fraichement sortis de l’animal.
Des formes larvaires prises au piège dans un jeu d’enfant bricolé comme une évocation de la fragilité et de la puissance des premiers souvenirs.
Un fagot, symbole d’une pratique paysanne ancienne et modeste, qui se cristallise, qui se sacralise au contact de la cire.
Des enclos fait de pierres et de fleurs des cimetières lavées par le temps. Des contours qui disparaissent et laissent place à la poussière.
La démarche artistique de l’artiste oeuvre comme une forme d’autofiction, de réappropriation de son héritage familial, culturel et esthétique. Elle y explore de façon analytique ses origines agricoles, bretonnes et catholiques. Sa pratique plastique s’appuie également sur des traditions paysannes, religieuses et païennes disparues ou en voie de disparition. Elle réalise un travail de collectage, de recherche historique, technique et sociologique, qui lui permet de mieux appréhender et raconter son histoire. Histoire qu’elle cherche à faire dialoguer avec la réalité du monde rural et agricole d’aujourd’hui.
Au travers de propositions hybrides, entre installation, sculpture et mise en espace d’archives, un jeu se met en place avec les matériaux et les gestes, avec les liens entre générations, avec les souvenirs, les disparitions, et la honte aussi.
En replaçant son histoire personnelle au sein de l’Histoire collective, en la transformant, en la racontant, une forme de réconciliation devient alors possible.
Blandine Berthelot
Matière vive – Portrait d’artiste, Blandine Berthelot
Peux-tu te présenter ?
Je m’appelle Blandine Berthelot, je suis artiste plasticienne. Je vis et travaille à Nantes depuis 25 ans. La création m’accompagne depuis toujours, mais pour être plus précise je développe une pratique artistique – sculpture et installation – depuis 2019.
En tant qu’artiste, peux-tu présenter ton parcours professionnel ?
Mon parcours pour devenir artiste a été long et tortueux. Fille d’agriculteur et d’agricultrice, j’ai grandi en Bretagne dans les années 80/90, à une vingtaine de kilomètres de Rennes dans la ferme familiale. L’accès à l’art et à sa pratique était donc limité voire inexistant. Mais une ferme n’est pas qu’un lieu isolé de « la culture », c’est aussi un environnement très riche de matières, de gestes, de savoir-faire… À l’âge de 6 ans j’ai été diagnostiquée dyslexique. Ce trouble a eu des répercussions importantes sur la suite de mon parcours. Cette dyslexie, cette inadaptation à l’enseignement classique, je pense l’avoir compensée très tôt en développant une sensibilité accrue à la matière, à la lumière, aux formes et aux couleurs ainsi qu’à une appétence pour l’expression plastique et les questionnements existentiels.
Après avoir finalement obtenu mon bac économique et social, je m’installe à Nantes pour suivre des études en design produit et espace à l’école Pivaut. Rapidement, je comprends que je suis attirée par le travail d’atelier. Je décide alors de réaliser mon stage de dernière année dans une entreprise de création de fabrication de luminaire en métal. Pour mon examen de fin d’étude, je présente un mémoire à mi-chemin entre design, art et autofiction. Un récit très personnel qui porte déjà les questionnements qui animent ma pratique actuelle. À la suite de cette formation, je sais que je ne travaillerai pas en tant que salariée dans le domaine du design. Je veux porter mes propres projets de création.
Je co-crée et co-développe alors, durant une dizaine d’années, une marque de bijoux contemporains diffusée à l’international. L’atelier, le travail de la matière (la résine polyester), l’expérimentation (forme, couleur) mais aussi la mise au point de processus de production sont au cœur de notre activité.
En 2017, le besoin de poursuivre seule mon chemin, en autodidacte, à travers une démarche artistique devient une nécessité. S’ensuit une période de recherches personnelles, d’expérimentations de différents médiums. Les premiers pas de ma pratique sont encouragés et accompagnés par une amie, ancienne élève des Beaux-Arts de Nantes, et par mon compagnon. Début 2020, je m’installe dans un atelier en centre-ville de Nantes. Je rentre également en contact pour la première fois avec le Pôle arts visuels. En découlent les premières rencontres professionnelles, aides à la création, résidences et expositions.
Ces premières années en tant qu’artiste plasticienne ont été à la fois marquées par une conviction profonde d’être à ma place à travers ma pratique artistique et à la fois par le sentiment de ne pas maîtriser les codes de ce milieu, de ne pas vraiment en faire partie. La maturité que j’ai pu acquérir au fil des années, m’aide à dépasser petit à petit ce sentiment inconfortable et à cultiver ma singularité.
Comment se construit ta pratique personnelle ?
Ma pratique artistique œuvre comme une forme d’autofiction, de réappropriation de mon héritage familial, culturel et esthétique. J’y explore de façon analytique mes origines agricoles, bretonnes et catholiques que j’ai très longtemps cherché à fuir. Mon processus de création commence la plupart du temps par l’exploration d’un souvenir, d’un geste, d’une matière, d’un sentiment lié à mon passé. De là, je commence un travail d’enquête, de recherche ethnographique, de collectage de matières, de témoignages, d’archives, d’objets liés à ma famille ou plus largement au monde agricole. Cette phase de recherche me permet de mieux comprendre mon histoire en la resituant dans un contexte géographique, historique et politique plus large.
Abreuvoirs pour animaux, plaques d’acier rouillées provenant de la ferme familiale, empreintes de moules à beurre traditionnels anciens, ficelle agricole en polypropylène de la ferme de mon cousin… ces éléments sont à la fois un témoignage d’une ruralité disparue et vivante.
Dans un second temps, cette matière collectée viendra s’articuler, se mêler à la cire, véritable fil conducteur de mon travail. Celle-ci, dans un cycle infini de fonte et refonte, symbolise la régénération et la transformation, elle agit comme une substance réparatrice. L’assemblage de ces différents éléments bruts, sans artifice, dans une recherche de simplicité et d’efficacité fait émerger une forme de poétique de l’esthétique paysanne.
Au travers de propositions hybrides, entre installation, sculpture et mise en espace d’archives, je mets en place un jeu avec les matériaux et les gestes, avec les liens entre générations, avec la mémoire, les absences, et la honte aussi. En replaçant mon histoire personnelle au sein de l’histoire collective, en la transformant, en la racontant, une forme de réconciliation devient alors possible.
Peux-tu nous parler d’une résidence marquante / d’une exposition passée ?
En 2022, j’ai réalisé une première résidence d’un mois à l’atelier Alain Le Bras à Nantes, résidence soutenue par la Ville de Nantes. C’était pour moi une belle opportunité à saisir : ma première candidature, ma première bourse de création et des rencontres professionnelles importantes pour la suite de mon parcours. Lors de cette résidence, j’ai travaillé à la fois sur la mise en espace de mon travail et sur le projet d’une grande couronne en cire. Ce projet n’a pas abouti mais il m’a permis d’apprendre beaucoup sur cette matière et sur la nécessité d’expérimentation dans le processus de création.
Mon exposition, Ruminations, à la galerie le Rayon Vert à Nantes à l’été 2024, a également été – du fait de sa taille – une étape importante de mon parcours. J’ai pu y présenter de nouvelles œuvres réalisées pour l’occasion, tester la mise en espace d’archives et de nouvelles pistes de travail. Cette exposition a été soutenue par la Région des Pays de la Loire et le Département de Loire Atlantique.
Comment as-tu connu le dispositif Matière vive ? Et pourquoi as-tu souhaité être accompagné·e dans le cadre de ce parcours d’accompagnement ?
J’ai eu connaissance du dispositif Matière vive via le Pôle arts visuels. J’ai tout de suite su que j’allais candidater. Travaillant seule dans un atelier individuel depuis le début de ma pratique, je me sentais très isolée. De plus, de par ma formation en arts appliqués et mon parcours professionnel, il me manquait un réseau, des connaissances techniques, des regards extérieurs sur mon parcours. J’ai vu dans Matière vive une opportunité exceptionnelle de répondre à ces manques.
Suite à ces premiers mois au sein du parcours d’accompagnement Matière vive, peux-tu nous dire quels ont été les effets sur ton parcours professionnel ? Que retiens-tu des différentes étapes et rencontres du dispositif ?
Il y aura pour moi un avant et un après Matière vive. Un an s’est écoulé depuis le début du dispositif, son impact sur mon parcours est déjà tangible. Il m’a apporté visibilité et légitimité, en m’aidant à affirmer mon travail et à l’ancrer dans un réseau plus large.
Matière vive s’est révélé être un formidable facilitateur de rencontres professionnelles, ouvrant mon réseau à de nouveaux territoires. J’ai ainsi pu établir des liens avec des structures comme Le Kiosque à Mayenne, le FRAC des Pays de la Loire, le MASC – Musée de l’Abbaye Sainte-Croix des Sables-d’Olonne, le service culturel de Mauges-sur-Loire, ou encore la galerie RDV à Nantes. De ces rencontres sont nés des projets d’exposition, de résidence et d’EAC – Éducation Artistique et Culturelle, projets aujourd’hui en cours de construction. Ces mises en relation sont essentielles au développement de mon activité. Les rencontres métiers sont également très riches et permettent une meilleure compréhension de l’écosystème des arts visuels en région. Par ailleurs, le dispositif a été un véritable accélérateur de connaissances techniques et administratives. Les ateliers m’ont permis d’approfondir des notions clés comme la contractualisation ou encore le droit d’auteur, ce qui m’a conduite à m’inscrire à l’ADAGP par exemple. Grâce au compagnonnage, je bénéficierai également d’un accompagnement individuel pour m’aider à la structuration d’un projet EAC prévu fin 2025. Autant d’outils et de conseils concrets qui renforcent mon autonomie professionnelle.
En résumé, Matière vive est une expérience déterminante qui me permet de gagner des années d’apprentissage. Le dispositif m’apporte des ressources précieuses, une compréhension claire du milieu et des opportunités. Je mesure la chance de faire partie de cette aventure, notamment dans le contexte culturel actuel.
Comment le travail en groupe nourrit-il ton parcours d’accompagnement ?
Dès le début du parcours, j’ai senti que je sortais enfin d’une forme d’isolement. Sans pouvoir réellement l’expliquer, la rencontre avec les artistes du dispositif a eu sur moi un effet apaisant. Peu habituée aux dynamiques de groupe, je tisse progressivement des liens avec les autres artistes, y compris en dehors du parcours. Ces moments informels nous permettent de découvrir nos univers respectifs. Plus largement, les échanges sur nos pratiques, nos difficultés et nos questionnements créent un espace rassurant et bienveillant où je trouve du soutien et de l’écoute. Les journées Matière vive et le travail en groupe m’apportent un rythme, une énergie et des perspectives qui m’aident à rester mobilisée et confiante malgré la précarité et les difficultés inhérentes au parcours des artistes. Je crois sentir, au sein du groupe, l’envie de faire perdurer cette dynamique. La forme reste à inventer, mais dans cette période où la culture est mise à mal, se retrouver, échanger et se soutenir m’apparaît plus que jamais essentiel.
As-tu quelques actualités à nous partager ?
Je viens d’intégrer en ce début d’année, le fonds documentaire « Réseau d’artistes en Pays de la Loire ».
En mai prochain, je vais suivre une formation professionnelle intitulée « Les techniques du moulage : du prototype au tirage », proposée par le centre de formation Leafy à Nantes.
Enfin, entre novembre et décembre 2025, dans le cadre d’un CLÉA (contrat local d’éducation artistique), je vais réaliser une résidence d’un mois ainsi que des ateliers de médiation et de pratiques artistiques avec des classes de CE2, CM1 et CM2 à Mauges-sur-Loire et sur la commune de Montjean-sur-loire (49).
2025












