Artistes

Patricia Cartereau : born 1970 in Nantes, lives and works in Jupilles.

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la couleur changeante du lac

la couleur changeante du lac, 2023tour panoramique de la maison des pêcheurs du lac de grand-lieu, passay (la chevrolière)

Chaque pierre enferme une montagne

Chaque pierre enferme une montagneEspace d'art contemporain l'Angle, La Roche-sur-Foron (74)

Regarder les plantes pousser

Regarder les plantes pousser, 2022Galerie la Distillerie, Esad Talm Angers / SSR Chu Angers, Angers

Solo exhibitions

2024

  • «La patience des pierres viendra à bout de nous», Artothèque de Vitré
  • «Regarder les plantes pousser», Galerie du Lycée Bellevue, Le Mans
  • «Le chemin mène-t-il dehors ou dedans ?», Galerie du Collège le Vieux Colombier, Le Mans

2023

  • «Chaque pierre enferme une montagne», L'Angle, Espace d'art contemporain, La Roche-sur-Foron

2022

  • «Regarder les plantes pousser», Galerie La Distillerie, Talm Angers

2021

  • «Voir ce qui se murmure», Château-Musée, Tournon/Rhône

2018

  • «Respirations», Maison Julien Gracq, St Florent le Viel
  • «A travers monts», Maison forte de Hautetour, Saint Gervais les Bains

2015-16

  • «Loin pas si loin», Musée-Château, Annecy

2012

  • «A l'ombre des oiseaux», Centre d'Art de Montrelais

2010

  • «Dedans mes pas», Fondation Ecureuil pour l'Art Contemporain, Toulouse
  • «Du vent dans les arbres», Musée des Beaux Arts, La Roche/Yon

2009

  • «Présence(s) », Grenier à Sel, Avallon

2007

  • «A bras le corps», Château d'Ardelay, Les Herbiers

2004

  • «Doudous», Galerie Rapinel, Bazouges-la-Pérouse

Group exhibitions

2024

  • «Imaginer la montagne», Maison forte de Hautetour, Saint-Gervais-les-Bains

2019

  • «Du caillou à l'iguane», L'Atelier à Nantes
  • «Nouvelles acquisitions», Artothèque d'Angers

2015

  • «Jardiniers terrestres, jardiniers célestes», Biennale de Melle
  • «A corps perdus», Galerie Artothèque de Vitré

2014

  • «Papier(s)», Fondation Salomon, Annecy

2013

  • «Chasse et chassé», Domaine Départemental de la Garenne Lemot, Clisson

2012

  • «Jeux d'artistes», Musée-Château, Annecy
  • «Le champ des sirènes», Parcours Contemporain, Fontenay-le-Comte
  • «Les vendanges sont finies/ Formats raisins», Galerie Martagon, Malaucène
  • «Dédoublement», Galerie Françoise Besson, Lyon

2011

  • «Down the Rabbit-Hole...», Galerie P. Tal-Coat, Artothèque de Hennebont

2007-08

  • «Alice et Peter», Musée-Abbaye St Germain / Centre d'art de l'Yonne, Auxerre

Residencies

2025

  • «Cartographies sensibles, livres d'artistes», Archipel Butor, Lucinges (74)

2024

  • «Invitation au voyage», Pays d'art et d'histoire du Perche Sarthois

2022

  • «Regarder les plantes pousser», au SSR du CHU d'Angers /Dispositif Culture & Santé CHU d'Angers

2018

  • «Le long des fissures», La Marelle, Marseille, Friche Belle de Mai, avec Eric Pessan

2017-2020

  • «En attendant la mer», (Ville fluctuante). Dispositif Arts et Sciences, Nouvelle-Aquitaine

2017-18

  • «A travers monts», Maison forte de Hautetour, St Gervais-les-Bains « Archipel Art Contemporain »

2011-12

  • «A l'ombre des oiseaux», Centre d'art de Montrelais (MAT)

2009

  • «Présence(s)», Cité scolaire, Avallon, organisée par le Centre d'Art de l'Yonne

2006-07

  • «L'écorce et la chair», Centre culturel français de Turin

2005

  • Espace Onyx (scène conventionnée Danse), St Herblain

Grants, awards

2024

  • Allocation d'Installation d'atelier Drac Pays de de la Loire

2023

  • Bourse arts visuels du département de Loire-Atlantique

2022

  • Aide individuelle à la création D.R.A.C Pays de la Loire

2009

  • Aide à l'installation D.R.A.C Pays de la Loire

2004

  • Aide individuelle à la création D.R.A.C Pays de la Loire

Publications, broadcasts

2023

  • «Le long des fissures», avec Eric Pessan, éditions l'Atelier Contemporain

2021

  • «Voir ce qui se murmure», Catalogue d'exposition au château-musée de Tournon/Rhône, texte de Pauline Lisowski

2020

  • «Xynthia+10 », http://www.atelierderecherchetemporelle.com/

2019

  • «Revue Espace(s) n°17», Centre Nationale d’Études Spatiales

2018

  • «A travers monts», revue Semaine 06.18, éditions Immédiats, texte de Isabelle Tessier
  • «La première chose que je peux vous dire... », Éditions La Marelle

2015

  • «A bras le corps, Artothèque de Vitré», Artothèque de Vitré

2013

  • «Les cadavres sont exquis», livre d'artiste / Fondation Écureuil pour l'Art Contemporain,Toulouse

2012

  • «Le champ des sirènes», Parcours Contemporain, Fontenay-le-Comte
  • «A l'ombre des oiseaux», Centre d'art de Montrelais, texte de Jacques Py
  • «Jeux d'artistes », éditions du Chemin de Fer / Musée-Château d'Annecy

2008

  • «L'écorce et la chair», avec Eric Pessan, éditions du Chemin de Fer
  • «Figures Balzac », (collectif) éditions du Chemin de Fer

Public and private collections

2024

  • Artothèque Artdelivery, Nantes

2022 et 2015

  • Dessins, lithographies, sérigraphie, Artothèque de Vitré

2019

  • Dessins et gravures, Artothèque d'Angers

2018 et 2012

  • Dessins, Artothèque d'Annecy

2016

  • Lithographies, Artothèque de Grenoble

2013

  • Dessin, Fondation Ecureuil pour l'Art Contemporain, Toulouse

2011

  • Sérigraphies, Artotèque d'Hennebont

2010

  • Dessins, Artothèque La Roche sur Yon

2007

  • Ville des Herbiers

2004

  • Dessins, Musée itinérant de l'inspection académique des Côtes d'Armor

2000

  • Médiathèque de St Herblain

Commissions, 1% artistique

2023

  • Commande publique pour la réalisation d'un dessin mural dans la tour panramique du musée la Maison des Pêcheurs, Passay. Production Département Loire-Atlantique
  • Présélection pour un 1 % artistique, reconstruction du collège Ernest Renan, Saint-Herblain

2016

  • Commande publique pour la réalisation d'un ensemble de vitraux, église de St Christophe en Champagne. Phase rendu de projet

2006

  • Je m'amuse, commande publique pour l'espace urbain, St Herblain

Workshops, teaching

2025

  • Interventions dans 3 écoles cycle 2 avec le musée de Fontenay-le-Comte : dessin sur dioramas

2024

  • Présentations de ma démarche artistique à 3 classes option arts plastiques au lycée Bellevue, Le Mans
  • Interventions dans 6 classes cycle 2 dans le cadre d'un projet dessin CLEAC dans le Perche sarthois

2023

  • Workshop dessin / explorations de lieux à l'EPSM 74

2020 et 2022

  • Workshop « le végétal en dessin », Talm Angers (Ecole Beaux-Arts Angers) 

2020

  • Artiste enseignante dessin Ecole Nationale Supérieure d'Architecture, Rennes

2019-21

  • Artiste enseignante dessin et culture artistique, Compagnons du Devoir à Cholet

2020

  • Workshop Lycée agricole Bel Air, Fontenay le Comte : dessin et exposition

2019-20

  • Classes Culturelles Numériques dessin et écriture « Canal de Nantes à Brest »(Stéréolux / Open Digital Education), en collèges de Loire-Atlantique

2019

  • Workshop dessin Donner sens au paysage traversé et conférence, ECV Nantes

2013-2019

  • Artiste enseignante dessin et volume , Ecole Nationale Supérieure d'Architecture, Nantes

2018

  • Workshop dessin Paysage(s) à Ecole d'arts plastiques, Saint Nazaire, classe préparatoire

2010-2015

  • Ateliers de pratique artistique dessin, "Plasticien au collège", Bouaye / Thouaré-sur-Loire / Port-en-Retz

2013-14

  • Professeur d'arts plastiques en collège

2011

  • Workshop dessin peinture, Ecole d'arts plastiques, Cholet, classe préparatoire

1996/2023

  • Artiste intervenante en milieu scolaire -primaire et secondaire-

Education, training

2022

  • Formation « Initiation aux arts et techniques du verre », Arcam Glass, Vertou

2018

  • Formation en encadrement bois grands formats, Plateforme MilleFeuilles, Nantes

2017

  • Stages formation en gravure -impression en taille douce- Atelier Charlotte Reine, Paris

1990

  • D.U.T Communication, Bordeaux

1995

  • D.N.S.E.P École des Beaux-Arts de Nantes option Art

Other

2021 / 2013

  • Editions de lithographies au Musée de l'imprimerie de Nantes

2018

  • Editions de gravures, atelier de l'école d'arts plastiques de St Nazaire

2015

  • Editions de gravures à l'atelier René Tazé, Paris
  • Editions de sérigraphies à l'atelier La Presse-Purée à Rennes

2010

  • Editions de lithographies à l'atelier du Petit Jaunais, Nantes

Arpenter le dessin

Pour sa résidence à la Maison forte de Hautetour à Saint-Gervais en Haute-Savoie, Patricia Cartereau a choisi de restituer une œuvre qui révèle son rapport physique au territoire, à la façon dont elle l’a éprouvé en appréhendant seule la montagne, d’y réaliser notamment et sur place un ensemble de croquis ainsi que des gravures sur plaques de cuivre exécutées sans repentir. Son travail est une traduction de la quintessence de la marche et du dessin au cœur de la montagne. Dans son sac à dos : des carnets, boîte d’aquarelles, crayons de couleurs et à la mine de plomb, et surtout des cartes IGN indispensables pour suivre scrupuleusement l’itinéraire étudié avant chaque randonnée. Ne pas sortir du sentier balisé, s’imprégner corporellement du paysage, le rendre visible par un ensemble de croquis envisagés comme des carnets de note tout en se fixant l’objectif d’arriver en haut du sommet puis d’en redescendre avant la tombée de la nuit. Le corps ne traverse pas la montagne, il l’expérimente, l’éprouve à travers les efforts qu’il réalise dans la montée, efforts qui lui rappelle sa vulnérabilité imposée par la rugosité des roches millénaires qui éraflent sa peau, abîment ses pieds et épuisent sa chair. Déjà Pieds-montagne (2013) livre cette souffrance du corps dans un dessin de paysages réalisés à la mine de plomb et sur lesquelles viennent s’apposer des pieds, nus, traités à l’encre rose dans des dégradés plus sombres révélant la fragilité des membres écorchés par la marche. Ce traitement souvent opéré par l’artiste, la transparence des corps et de ses fragments (pieds, mains) peints à l’encre et par strates, accolés à des paysages exécutés à la mine de plomb ou aux crayons de couleur n’est pas choisi pour ce travail car le corps (ou plutôt sa représentation) est absent. « Absent car tellement présent dans ce paysage qu’il n’y a aucune nécessité à le figurer ». Le dessin se concentre sur la montagne et plus particulièrement sur le Mont Joly situé dans le massif du Beaufortain observé depuis l’appartement et l’atelier mis à la disposition des résidents. À travers ses randonnées qui s’articulent autour de repères géographiques et qui vont la hisser jusqu’au sommet situé à 2 525 mètres d’altitude, Patricia Cartereau pénètre littéralement le paysage en démultipliant les points de vue sur et autour de ce mont par les dessins et la marche et qui engage le corps dans son entièreté jusqu’à prendre une dimension performative. Comme Tal Coat qui dessinait en marchant, l’artiste ouvre ses sens à la perception des espaces explorés. En traversant les territoires, le crayon glisse en épaisseur sur le papier alors que la pointe métallique creuse le vernis de la plaque de cuivre, le griffe, le pique et le raye dans une finesse de traits qui parcourent le réel, le fixent et assurent sa reproduction par l’empreinte. Face à la grandeur des reliefs, à l’immensité du paysage qui forcent à l’humilité et à la modestie, l’artiste a choisi d’utiliser de petits formats (papiers et plaques de cuivre). Ces formats nous ramènent à notre insignifiance et rassemblent en même temps l’infiniment grand dans l’infiniment petit ; un lieu de concentration et de fixation du caractère presque immuable de la montagne face à l’impermanence, au passage des choses et à leur disparition. Dans les plis et les replis du Mont Joly comme dans d’autres monts, Patricia Cartereau transcrit une sorte de mémoire enfermée depuis la déchirure de la Pangée jusqu’à la structuration des reliefs et à leur érosion. Les croquis sont traités par différents traits, appuyés, fins, exécutés rapidement ou élaborés plus posément dans le détail et la minutie. Les couches émergent, se superposent, s’enchevêtrent, soulignent les combinaisons et variations des strates qui inspirent et forcent le regard à saisir la montagne. Comme dans les aquarelles qu’elle réalise habituellement où l’encrage est exécuté rapidement sans ajustementpossible, aucune retouche ne lui permettra de masquer ou de modifier les traits apposés dans le vernis de la plaque de cuivre – « Ce qui est fait est fait ! » ; de même qu’il ne lui sera pas permis de se perdre dans ces montagnes dessinées quotidiennement sans risquer de se mettre en danger. À l’atelier cependant les plaques sont travaillées à l’aquatinte. Ce procédé de gravure à l’eau-forte qui consiste à recouvrir la plaque de métal d’une couche de poudre protectrice plus ou moins dense, puis à la plonger dans un bassin d’acide est décrit par l’artiste comme un filtre de la mémoire, un travail sur le souvenir des œuvres réalisées sur le motif c’est-à-dire en plein air. Dans les paysages grandioses apparaît en filigrane la figure du Voyageur contemplant une mer de nuages (1818) dont l’auteur Caspar David Friedrich incarne l’âme émotive et spirituelle du romantisme : une réaction du sentiment contre la raison qui célèbre le mystère, la recherche d’évasion et du ravissement dans le sublime. Cette toile dépeint la rencontre de l’homme et de l’infini par le biais d’un spectacle magistral découvert au terme d’une ascension. La montagne est propice à l’introspection ; sa contemplation est un symbole de force et de passion qui éloigne l’homme de sa matérialité pour le rapprocher d’un moi absolu en quête de spirituel. C’est ce personnage auquel Patricia Cartereau s’identifie qu’elle choisit de peindre à l’aquarelle, comme à ce jour une quarantaine de détails d’œuvres issues du champ de l’art et qui demeurent une référence pour elle : Femme à l’ombrelle tournée vers la gauche de Claude Monet, La chute d’Icare de Pieter Bruegel l’Ancien, Pierrot d’Antoine Watteau, L’Annonciation du couvent San Marco de Fra Angelico… Chaque élément saisi est traité dans la même gamme chromatique, bleu, rose et brun et est accolé à un caillou dessiné à la mine de plomb. Si l’on considère que la gravité est inversée, ce caillou sert de socle aux personnages et objets toujours représentés à l’envers mais peut-être sont-ce ces personnages qui servent de support aux cailloux, objets d’une attention particulière depuis l’enfance où ils étaient ramassés et glissés dans les poches, aujourd’hui collectionnés, classés, archivés dans des boîtes sur lesquelles est annoté le lieu de leur prélèvement. Peints à l’huile ou à l’aquarelle, dessinés à la mine de plomb ou au fusain, ils ponctuent dans une série plusieurs moments d’une cartographie d’une marche escarpée dont l’itinéraire issu de notes et de plans est travaillé à l’aquarelle selon différentes valeurs : de la concentration de l’encre qui marque la douleur et la souffrance à arpenter la montagne jusqu’à la transparence qui souligne l’apaisement dans la marche ; tension et relâchement du corps rendus matériellement visibles par la déformation et la rétractation du papier avec l’eau et son assèchement. Parfois le caillou est décontextualisé ; il devient un paysage, une masse informe et indéterminée. Dessiné préalablement à l’aquarelle, il est ensuite passé en négatif puis reproduit en grand format à même le mur au fusain compressé. Noirci et retravaillé à la gomme, il prend l’aspect d’un masque, d’une météorite ou d’un motif végétal suivant les différentes vibrations qui le traversent. Cette œuvre est à l’image de ce que l’on éprouve face à l’immensité des paysages alpins : des sensations contradictoires d’émerveillement et d’impuissance, une sorte de vertige proche de l’extase. Loin de se soumettre à une simple transcription des paysages traversés, Patricia Cartereau interroge dans son exposition À travers monts l’émergence du dessin dans des espaces et un lieu où se nouent un sujet, une histoire ainsi qu’une expérience vécue. En jouant sur la rencontre et la réciprocité entre le corps et la nature, elle livre une projection d’un paysage intérieur dont le trait et sa trajectoire invitent à la contemplation.

Isabelle Tessier

Dedans mes pas

Des dessins d’animaux et de végétaux, parfois mêlés sur un même grand papier, envahissent le mur. Un mur pour un conte. Les fées ne sont pas que gentilles, mais pas forcément méchantes non plus. Elles sont comme est l’enfance et le souvenir qu’on en a. Pendant que l’enfance revient dans nos nuits, Patricia Cartereau veille quelque part, car elle en capte les images, fondantes, liquides, insaisissables, morcelées…

Quand ils n’envahissent pas le mur, les dessins se font tout petits, encadrés, d’où coule du rouge, très délicats et perturbants, parfaitement beaux et dérangeants à souhait.

Autrefois travaillés en séries, les sujets maintenant se mêlent les uns aux autres, créant une œuvre cohérente et forte. Oui, le monde de l’enfance y est convoqué, à condition de bien vouloir entendre que l’enfance n’est pas cette période douce et charmante à laquelle beaucoup d’entre nous aimerait croire, rétrospectivement. Mais une période qui nous fonde, avec nos zones d’ombres, de faiblesses, de peurs, mais aussi nos rayonnements, nos volontés, nos possibles accès au bonheur. Il y a tout cela dans les œuvres de Patricia Cartereau, tout cela étroitement mêlé au sein d’un même coup de pinceau.

Cette exposition se constitue de peintures et de dessins. La peinture, chez Patricia, est une pratique longue, sur la durée. Sur la toile, elle vient, elle revient, jour après jour. Les dessins, eux, sont dans ne autre temporalité. Mûrement réfléchis, pensés, sans être esquissés, ils surgissent d’un seul geste, d’un souffle, pas de retouche possible. De ces deux pratiques, de ces deux temps de fabrication, naissent des travaux d’une grande maîtrise, qui ouvrent sur un univers ambivalent, attirant et perturbant.

Souvent, chez Patricia, les images sont doubles. Je pense à ces silhouettes de loup qui, au premier coup d’œil m’ont caché celle de l’enfant. Pourquoi ai-je vu celle-là et non pas celleci ? Que n’ai-je pas voulu voir. Tel que dans le jeu “Loup y es-tu ?”, en plus complexe et plus trouble, Patricia Cartereau, par la subtilité de la composition de sa toile, de son dessin, nous invite à nous voir nous-même dans ses compositions graphiques et colorées. Car ce que nous ne voyons pas nous révèle à nous-même au moins tout autant que ce que nous choisissons de voir. Que fait cet enfant à cet oiseau ? Le loup menace ou la louve protège ? Quel est tout ce rouge qui coule et parfois troue le papier, apparition ou disparition de la forme ? L’artiste, ici, n’affirme pas, ne dit pas, n’assène pas. C’est à la part consciente et inconsciente de chacun des spectateurs de parler.

Sylvie Corroler-Talairach, 2010

Traverser des paysages
Regarder les plantes pousser

2, la butte
72500 Jupilles, France

Tel. : 0650753749
patricia.cartereau@gmail.com
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