“Nous sommes une boucle étrange
Aux prolégomènes de l’exposition il y a une étoffe, résultant d’une conception commune, qui convoque les différentes problématiques des artistes. Dans un espace fictionnel, une multitude de zones s’établissent, se confondent et se distordent, formant des plis aux creux desquels viennent s’accrocher les bruits du monde.
Tout d’abord, le big bang. Source de toute lumière, il va induire des espaces, des volumes et des variations de couleurs. Puis, la genèse. Elle donne à voir la création de l’individu et les questionnements tantôt évidents, tantôt abscons sur l’inanité de la vie. Ensuite, la révolution. À l’image du carnaval, elle admet le renversement temporaire et symbolique des hiérarchies. Enfin, le terrain vague. Ses vestiges brûlants viennent sonder la trace de l’individu et de son action.
Ainsi, l’exposition L’entre-zone propose-t-elle un cheminement à étages dans une réalité mouvante entre ambiguïté, désordre et absurdité à la manière d’un tissu qui se plierait, déplierait, replierait…
Ce sont par ces mots tissés en résonnance avec les artistes lauréats du prix des arts visuels de la ville de Nantes que la commissaire d’exposition, Mya Finbow, m’adresse leur intention. L’entre-zone pourrait se définir comme un espace de transition ou de contact entre deux écosystèmes, tel le passage de la savane à la forêt, ou deux niveaux de réalités, celui du rêve et de l’éveil. Or les lisières ne sont jamais délimitées de façon nette, d’où parfois une impression fractale : un écotone peut en contenir un autre, un rêveur rêver qu’il rêve, tels des mondes emboîtés se pliant à l’infini sur le modèle de l’origami […]”.
Marion Zilio







