Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré, 2022

Jezy Knez

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Jezy Knez, «Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré», 2022, Wood, earth, Festival SONJ, Pays de Landerneau-Daoulas, photographie : Mosquito Coast Factory - photos : Benoit-Marie Moriceau / Malo Le grand
Jezy Knez, «Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré», 2022, Wood, earth, Festival SONJ, Pays de Landerneau-Daoulas, photographie : Mosquito Coast Factory - photos : Benoit-Marie Moriceau / Malo Le grand
Jezy Knez, «Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré», 2022, Wood, earth, Festival SONJ, Pays de Landerneau-Daoulas, photographie : Mosquito Coast Factory - photos : Benoit-Marie Moriceau / Malo Le grand
Jezy Knez, «Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré», 2022, Wood, earth, Festival SONJ, Pays de Landerneau-Daoulas, photographie : Mosquito Coast Factory - photos : Benoit-Marie Moriceau / Malo Le grand
Jezy Knez, «Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré», 2022, Wood, earth, Festival SONJ, Pays de Landerneau-Daoulas, photographie : Mosquito Coast Factory - photos : Benoit-Marie Moriceau / Malo Le grand
Jezy Knez, «Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré», 2022, Wood, earth, Festival SONJ, Pays de Landerneau-Daoulas, photographie : Mosquito Coast Factory - photos : Benoit-Marie Moriceau / Malo Le grand
Jezy Knez, «Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré», 2022, Wood, earth, Festival SONJ, Pays de Landerneau-Daoulas, photographie : Mosquito Coast Factory - photos : Benoit-Marie Moriceau / Malo Le grand
Jezy Knez, «Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré», 2022, Wood, earth, Festival SONJ, Pays de Landerneau-Daoulas, photographie : Mosquito Coast Factory - photos : Benoit-Marie Moriceau / Malo Le grand
Jezy Knez, «Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré», 2022, Wood, earth, Festival SONJ, Pays de Landerneau-Daoulas, photographie : Mosquito Coast Factory - photos : Benoit-Marie Moriceau / Malo Le grand
Jezy Knez, «Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré», 2022, Wood, earth, Festival SONJ, Pays de Landerneau-Daoulas, photographie : Mosquito Coast Factory - photos : Benoit-Marie Moriceau / Malo Le grand
Jezy Knez, «Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré», 2022, Wood, earth, Festival SONJ, Pays de Landerneau-Daoulas, photographie : Jezy Knez
Jezy Knez, «Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré», 2022, Wood, earth, Festival SONJ, Pays de Landerneau-Daoulas, photographie : Mosquito Coast Factory - photos : Benoit-Marie Moriceau / Malo Le grand
Jezy Knez, «Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré», 2022, Wood, earth, Festival SONJ, Pays de Landerneau-Daoulas, photographie : Mosquito Coast Factory - photos : Benoit-Marie Moriceau / Malo Le grand
Jezy Knez, «Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré», 2022, Wood, earth, Festival SONJ, Pays de Landerneau-Daoulas, photographie : Mosquito Coast Factory - photos : Benoit-Marie Moriceau / Malo Le grand
Jezy Knez, «Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré - maquette», 2022, Cardboard, Plaster, Mosquito Coast Factory, Campbon, photographie : Jezy Knez

Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré, 2022

Pays de Landerneau-Daoulas Festival SONJ commissionership Joëlle Le Saux et l'Atelier culturel

Texte de présentation de l’œuvre par Joëlle Le Saux :

Le site des tranchées d’entraînement de la Première Guerre mondiale de Plouédern est un paysage façonné par la terre, une construction déterminée par sa fonction. Guillaume Jezy et Jérémy Knez ont considéré ce site isolé , entouré de parcelles agricoles et de lotissements, comme une île. Envahi par la végétation, il est régi par ses propres lois. C’est un territoire vivant et évolutif. Ce n’est ni une vraie forêt, ni un véritable site de tranchées, plutôt une ruine permanente, le lieu de combats contre la nature. Intitulée Dans la faille, en suspens, sans poids, ils se déplacent à leur gré, la structure en bois que les artistes ont réalisée a été conçue comme une forme vivante, une machine créature qui explore le site et fusionne avec lui.

L’installation souligne et reformule toutes les caractéristiques du site. Une série de contreforts à l’aspect décoratif, presque biomorphique, soutient une palissade qui clôture le site. Elle donne accès à un couloir qui reprend le dessin et les volumes des tranchées. Cette architecture se mélange avec le site, s’enfonce sous la terre et réapparaît un peu plus loin. L’expérience que les artistes proposent de leur installation correspond en tout point à la logique d’un entraînement militaire : longer les palissades et la construction, descendre, entrer dans le couloir, rester debout, immobile, observer, glisser dans le sol, buter contre un mur de terre. Les formes prolifèrent, la terre est retenue, pourtant rien ne peut entraver les puissances qui la pousse à dégouliner et à s’étaler.

Les fictions et images convoquées dans cette installation par Guillaume Jezy et Jérémy Knez sont multiples. Celles des mondes clos tout d’abord, des méga structures, des abris anti-atomiques, des grottes stylisées, de La petite maison dans la prairie, des villages Potemkine ou des aménagements liquides d’une colonisation spatiale. À ce calme apparent se mélangent les imaginaires des mondes inconnus habités  par une végétation débordante, débordant d’une vie excessive, proliférante, non-maîtrisable, voire dangereuse. Une jungle telle qu’on peut la voir  dans la bande dessinée Aâma, de Frederik Peeters (2019) ou dans Nausicaä de Miyazaki. Ils se sont également intéressés à ce que représente la forêt dans les mythologies. Ils ont empruntés leurs formes aux entrées des mines industrielles, aux décors de cinéma, aux villes fantômes américaines. Comme Robert Maitlandun, le personnage principal de Concrete Island de JG Ballard (1974) prisonnier d’un monde de béton, de terre et de végétation, l’installation invite à découvrir une île isolée, surréaliste, dont on ne découvre que progressivement les mécanismes.

Cette structure en évolution va pendant quelques mois se métamorphoser et se fondre encore davantage à son environnement, le temps va ainsi révéler son fonctionnement, sa nature et sa dimension mémorielle.

 

Les deux artistes ont été accueillis en résidence de recherche et de création à Mosquito Coast Factory (Campbon, Loire-Atlantique) en mars 2022. Cette résidence inaugure le tout nouveau programme d’accueil d’artistes en résidence sur le territoire et la production de projets “site-specific” initié par Mosquito Coast Factory. Dans le cadre de cette résidence, Guillaume Jezy et Jérémy Knez ont réalisé une maquette exposée à l’entrée de la Galerie de Rohan à Landerneau, en parallèle de l’exposition de Donovan Le Coadou.