Dis moi quel est ton soleil, je te dirai qui tu es, 2023

Laura Orlhiac

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Laura Orlhiac, «photographie prise du train Nantes-Angers»
Laura Orlhiac, «Recherches»
Laura Orlhiac, «recherches »
Laura Orlhiac, «mon obsession pour les lumières», photographie : Elise Hallab
Laura Orlhiac, «photographie d'archive de ciel»
Laura Orlhiac, «recherches à partir des témoignages de patient.e.s»
Elisa Hallab et Laura Orlhiac , «visite des espaces verts du CHU avec Johan»
Laura Orlhiac, «cueillette des iris avec Johan»
Laura Orlhiac et Elise Hallab, «recherches entre encres naturelles et encres synthétiques»
, «à l'atelier avec Elise Hallab, impressions à 4 mains en sérigraphie», photographie : Catherine Jouhannet, CHU Angers
Laura Orlhiac, «restitution de fin de résidence, ici vu de l'atelier et des différentes étapes de recherches», photographie : Catherine Jouhannet, CHU Angers
Elise Hallab et Laura Orlhiac , «restitution de fin de résidence, ici vu de l'atelier et des différentes étapes de recherches»
Laura Orlhiac, «restitution de fin de résidence, ici accrochage d'une étape de travail dans un des couloirs du SMR», photographie : Catherine Jouhannet, CHU Angers
Elise Hallab et Laura Orlhiac, «prise de vue lors de la restitution de mes 6 mois de résidence »

Dis moi quel est ton soleil, je te dirai qui tu es, 2023

Service de Soins Médicaux de Réadaptation, CHU Angers invited by Victoria Deakin résidence de 6 mois avec restitution

Dis moi quel est ton soleil, je te dirai qui tu es

6 mois de résidence de création au service de Soins Médicaux et Réadaptation du CHU d’Angers de Janvier à Juin 2023.

Un atelier au coeur du centre à été mis à ma disposition, pour développer un projet artistique libre, avec pour seule demande, ouvrir mon atelier aux patient.e.s 3 heures l’après-midi pour échanger avec iels sur ma pratique et mon projet, mais aussi dans le but de les inciter à se déplacer et à sortir de leur chambre. Mon quotidien Angevin est bercé par les allers retours en train, longeant le lit de Loire, et à l’atelier, dans lequel je passe la moitié de la semaine et situé au deuxième étage donc est très ouvert sur l’extérieur et l’horizon.

Après peu de temps, je ressens l’envie de revenir à la source de ma pratique : le plaisir d’observer et retranscrire les variations de couleurs du paysage. Je commence donc de manière spontanée à chercher des formes et des couleurs : en travaillant à partir de photos que j’ai récolté depuis plusieurs années, mais aussi à partir de reproductions de différentes oeuvres, et évidemment par l’observation faite dans mon quotidien ou depuis mon atelier, je replonge dans les ciels, ses variations et ses couleurs. A l’aide de différentes techniques, je cherche à trouver une forme simple qui pourrait représenter une source de lumière éblouissante et ses variations. Forme simple qui me permettrai ainsi par la suite de me concentrer sur le travail de la couleur.

Après quelques semaines de présence là bas, je me familiarise avec le milieu hospitalié et des liens ce forment avec certain.e.s patient.e.s qui reviennent me voir dans mon atelier chaque semaine. Un patient David, me dit un jour qu’en côtoyant mon travail et grâce à nos échanges, il se met à observer les levés de soleil vu depuis sa chambre, ce qu’il ne faisait pas auparavant, et me les décrit. Touchée par ce témoignage, je décide alors d’inclure dans mon projet les patient.e.s et soigant.e.s qui viennent régulièrement voir mon travail évoluer à l’atelier en leur demandant de me décrire ce qui pour iels serait les couleurs de :

– leur ciel

– leur levé de soleil

– leur couché de soleil

selon des observations depuis l’hopital, une variation qu’iels remarquent à tel ou tel moment, mais tout aussi bien de mémoire et de souvenir plus ou moins marquants.

Je peint à l’aquarelle les descriptions des patient.e.s, en veillant à être au plus proche de leur vision. Avec la majorité des échanges, un aspect prend une grande part dans ce projet: le rapport sensible de chacun.e au ciel. Certain.e.s me transmettent des couleurs liées à un souvenir, une émotion, une patiente m’a écrit un poème. Ce dialogue créer du lien, anime de sens et de sensible mes recherches de couleurs, et techniquement me pousse aussi à utiliser une palette que je n’ai pas l’habitude de travailler. Un nouveau champ coloré s’ouvre à moi.

Pour la deuxième partie de cette résidence, j’ai convié l’artiste plasticienne Elise Hallab à venir faire dialoguer nos pratiques respectives de la couleur.

Dans mon travail, j’utilise uniquement des peintures synthétiques (aquarelle ou acrylique). Elise quant à elle réalise elle même ses propres couleurs, par des cueillettes sauvages de variétés de plantes et fleurs, mais aussi par la réalisation de jardin dans le cadre de ses résidences, permettant la production des encres.

Ayant appris que le CHU d’Angers est environné de 17 hectares de jardin , nous avons eu l’envie de produire des encres naturelles issues de son territoire. J’ai donc dans un premier temps pris contact avec le responsable des espaces verts, Johan Caillaud, pour voir ce qu’il était possible d’envisager. Cette belle rencontre nous a permis de découvrir sa vision du jardin public, des bienfaits pour certains patients de la pratique du jardinage etc … et de localiser des variétés utiles à la réalisation d’encres naturelles.

Parmi toutes les variétés de plantes présentent dans les espaces verts du CHU qui auraient pu convenir pour la réalisation d’encres naturelles nous avons décidé avec Elise et Johan de nous concentrer sur la récolte d’Iris violet. Selon le pourcentage de dilution à l’eau et le séchage, les couleurs de l’iris varient. Avec Elise, nous cherchons à faire dialoguer sur le même format l’encre de sérigraphie synthétique ainsi que l’encre d’iris que nous avons produite.