Exposition Milieux Mondes, 2026

Alice Suret-Canale

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Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest
Alice Suret-Canale, «Exposition Milieux Mondes», 2026, photographie : Cécile Genest

Exposition Milieux Mondes, 2026

Le Dôme Saumur Les estivales commissionership Héloïse Gaillard

Milieux-Mondes – Cécile Genest, Alice Suret-Canale

Ce qui occupe le milieu de la feuille, le milieu de la toile figure bien souvent le sujet, du moins est-ce ce que l’on présuppose en regardant un portrait. Une image pour être lisible obéit à quelques codes. En photographie comme en peinture, le centre est un enjeu de composition : c’est à la fois ce qui tient tout ensemble et en même temps une évidence dont on a appris à se méfier. Dans les œuvres de Cécile Genest comme celles d’Alice Suret-Canale, le regard s’arrête comme pris au travers d’un filet. Des branchages, un feuillage, on dirait aussi bien un fourré au travers duquel on s’enfonce. La lumière définit les plans jusqu’à se perdre au loin, dans ce qui finalement pourrait être un sol fertile. Paysager n’est pas un verbe mais les deux artistes qui revendiquent une façon de reconsidérer le
paysage aujourd’hui partagent un attrait pour la marche qu’elle considèrent au fondement de leur méthode. Pour l’une comme pour l’autre, il s’agit d’avancer avec la conscience de ce qui est autour, l’odeur de l’humus comme les chants des oiseaux, difficile à représenter. Leurs œuvres témoignent d’une aptitude à l’observation et invitent ainsi à se joindre à une traversée active de milieux-mondes.

Ce concept emprunté à Vinciane Despret qui l’ébauche au travers d’une discussion avec Nicolas Truong, permet d’insister sur une pluralité du vivant, une multiplicité des manières d’exister de la bactérie à la plante en passant par l’oiseau ou l’humain. Si l’on se pose au bord d’une rivière, à l’orée d’un bois comme le font Cécile Genest et Alice Suret-Canale, on observe comment les milieux se tiennent, leurs interdépendances. Leurs façons de traiter les bords sont à cet égard éloquentes. Par le tirage qui lui permet de donner toute la profondeur aux noirs, le choix du papier qui donne aux images un velouté qui fait d’autant
plus ressortir le clair obscur Cécile Genest donne à ses photos une qualité tout à fait picturale. L’encadrement insiste, comme une fenêtre, nous voilà au milieu des choses.

In medias res. Cette locution latine que l’on utilise pour qualifier certains débuts de romans qui nous plongent au cœur de l’action pourrait parfaitement convenir à la manière dont Alice Suret Canale conçoit la peinture. La façon dont elle trouve sa composition tient ainsi d’un procédé organique, d’une façon par touches, les verts succédant au bruns et vice versa, de planter non pas un décor mais une scène organique où les mousses vont se confondant avec les branches. Il ne s’agit pas d’adopter un regard scientifique, une grille ou une mise au carreau qui viendrait baliser le terrain. L’entrée en matière que propose l’artiste est avant tout sensible, elle passe par un travail d’imagination comme lorsqu’elle suggère une vue en coupe, proposant de voir le fil de l’eau au travers d’un prisme, rappelant le verre d’un
terrarium.

Tout concourt à faire ressentir l’épaisseur du monde. Les torsions des arbres qui ont quelque chose d’humain chez Alice Suret Canale et évoquent parfois les fantastiques Gestes d’arbre d’Eugène Viala installent un mouvement suspendu. Nous surprenons quelque chose. Les photographies de Cécile Genest souvent prises au moment de l’heure bleue vont plus loin dans cette idée de la métamorphose. Les milieux mondes ne parlent pas seulement d’espace mais de sa perception dans le temps ; c’est la faculté à passer d’une échelle à une autre et de la boue au fossile, de saisir des passages complexes.

Henri Guette