Prismographe, 1986

Laurent Moriceau

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Laurent Moriceau, «Prismographe», 1986, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «Prismographe», 1986, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «Prismographe», 1986, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «Prismographe», 1986, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «Prismographe», 1986, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «Prismographe», 1986, photographie : droits réservés

Prismographe, 1986

Nantes

Six feuilles de papier photographique argentique, vierges de toute image, sont déposées sous un prisme de sable pendant sept jours. Exposées lentement au temps, à la lumière et à l’environnement du lieu, elles demeurent en attente. Il est supposé qu’à travers les différentes hauteurs et inclinaisons du sable, la lumière traverse la matière et agit différemment sur le papier photographique. À l’issue de cette semaine, les feuilles sont récupérées puis révélées.

 

Au départ, ce travail a trouvé un écho dans deux courants importants des débuts de l’histoire de la photographie. Le premier explorait l’en deçà et l’au-delà du visible à travers une approche scientifique de la vision : les recherches de Étienne-Jules Marey, la découverte de la radioactivité par Henri Becquerel, ou encore les premières tentatives visant à révéler ce qui échappe à l’œil humain.
Le second courant cristallisait les fantasmes et les projections liés aux pouvoirs supposés de la lumière et de la photographie : les fantasmagories de Étienne-Gaspard Robertson, le « daguerréoscope mental », les expériences d’Hippolyte Baraduc, de Louis Darget ou d’Ingle Rogers autour de la photographie de la pensée.
C’est dans cet entrelacement entre expérimentation scientifique, croyance, imaginaire et désir de rendre visible l’invisible que s’inscrit ce travail.
Ces recherches ont renforcé mon intérêt pour un rapport imaginaire à la photographie et pour la camera obscura comme espace de projection mentale : un lieu où se développent autant les images que le désir scopique lui-même.