Tuning Mortel

Eva Gerson

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La voiture, centrale, rassemble la signature de Jablonski et la pièce sonore Tuning mortel.
Eva Gerson, «Tuning Mortel», photographie : droits réservés

Tuning Mortel

“Les corbeaux n’ont pas touché l’intérieur, ils ont dévorés les sous-vêtements. Il est impossible de savoir avec certitude si ceux-ci était réellement comestible ou non.”

Sa paume face à la carrosserie, il plie quatre de ses doigts . D’un coup sec, il ouvre la porte. Il s’assoit. C’est trop court, c’est trop petit. Il mesure 1,8 mètres. Il n’a pas la place pour toutes ses jambes. Ses genoux pliés il a du mal à atteindre le frein.
C’est une automatique.
Celui d’avant mesurerait un 1 mètres tassés 60.
Il claque la portière.
Il regarde dans le rétroviseur centrale en courbant sa nuque pour avoir un regard 1,6. Il balance ses yeux entre les trois et en découvre cinq. Calmement il plonge ses yeux dans les reflets. Tous convergent vers le même point. En offrant une vue à 180°. La place du passager expulse tous les regards sur les parties mortes. Les angles secrets.
La place du milieu est cernée.
Il déplace son regard en partant de la gauche : premier côté à composé -cligne- en se déplaçant vers la droite, deuxième profil à s’imaginer. Il revient au centre, finir et languir dans de possibles yeux passagers.
Puis il y en a deux autres, rajoutés tout spécialement. Un tuning d’un nouveau genre, pour entretenir les grands observateurs, de petits oiseaux.
L’un d’eux est fixé sur le toit intérieur ravagé. Le miroir est en long, offrant un panoramique verticale. Comme il est inclinable on se casse pas le cou(p).
Le dernier est au niveau du panneau de bord du passager avant, mais dirigé vers le conducteur. Il permet une vue sur la partie inférieure d’un corps. Il est aussi très mobile, le miroir est un A5 standard paysage.
Tous les cinq ont été remonté sur des bras articulés de 60 centimètres complètements réglables au degré près par télécommande intégrée aux autres éléments du tableau de bord.
Tuning de l’extrême, obscène.
Les miroirs ont cinq tailles différentes, clairement choisi en fonction d’une zone précise, à capturer.
Ses yeux sont loin dans les cinq reflets, plus loin. Tout son corps c’est figé, pendant plusieurs minutes il mesure 1 mètre 60. Ses muscles changent de matières et ses globes oculaires s’assombrissent.
Tiiclaq
Quelqu’un ouvre la porte avant.
Ses épaules redeviennent elle-même, puis son dos, ses reins…”