Artistes

Pascale Rémita : née en 1960 à Arras, vit et travaille à Nantes et Paris.

Accès à :
À gorge sèche, après la traversée

À gorge sèche, après la traversée, 2017Tourinnes-La-Grosse, Belgique

MÉTAXU. Le séjour des formes

MÉTAXU. Le séjour des formes, 2017B'CHIRA ART CENTER, Tunis

Entre-deux, précipité

Entre-deux, précipité, 2017Galerie RDV, Nantes

THE WILD

THE WILD, 2015Le pad / La cabine, Angers

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#FFFFFF #000000, 2013Galerie Dix9 Hélène Lacharmoise, Paris

Glocal Sessions #3

Glocal Sessions #3, 2012Frac Poitou-Charentes, Angoulême

Expositions personnelles

2017

  • «Entre deux, précipité», Carte blanche invitée par la Galerie RDV, Nantes

2015

  • «The wild», invitée par le collectif BLAST, Angers

2014

  • «Paysages», partenariat FRAC des pays de la loire / CHU Angers

2013

  • «Champs Magnétiques», Chateau d'Oiron, Oiron Deux-Sevres

2012

  • «Glocal Sessions», avec Moolinex FRAC Poitou-Charentes Angoulême

2010

  • «Morphologies», Galerie Louise Michel, Poitiers, commissaire Dominique Truco, chargée de mission pour le développement des arts plastiques de la ville de Poitiers.

2009

  • « Point aveugle», Galerie Marion Meyer, Paris
  • «Contours actifs (1)», FRAC des Pays de la Loire, Carquefou
  • «Contours actifs (2)», Le Ring Artotheque de Nantes

2005

  • «Échappée, Figure imposée 4», Chapelle Jeanne d'Arc , Thouars
  • «Attractive point», Galerie de l'Ancien College, Chatellerault
  • «À ciel ouvert», Ecole d'Arts Plastiques de Chatellerault

2002

  • «Les Journées 2002 de l'Architecture», Cave Gruber, Koenigshoffen, Strasbourg
  • «Simulations paysagères à événements discrets», Maison Billaud, Fontenay-le-Comte

1998

  • Espace Robert Chasme, Strasbourg

1997

  • «Territoires», Elf Art Gallery, Toyama, Japon

Expositions collectives

2018

  • « Under the sand, avant la poussière», Lieu unique Nantes Commissaire invitée: Marion Zilio. Under the sand: initié par Wilfried nail et co-construit avec Souad Mani

2017

  • «Metaxu: le séjour des formes», B'chira Art Center Tunis. Commissariat : Fatma Cheffi & Marion Zilio. Direction artistique : Souad Mani & Wilfried Nail

2016

  • «Nucléus, Under the sand », L'atelier, Nantes Commissaire d'exposition associé : Jean-Christophe Arcos Under the sand: initié par Wilfried nail et co-construit avec Souad Mani

2015

  • «Recto / Verso Nov», Fondation Louis Vuitton au profit du Secours Populaire Français

2013

  • « #FFFFFF - #000000», Galerie Dix9 Hélene Lacharmoise, Paris
  • «Peintures », avec Fred Meche, Ecole d'arts du Choletais, Cholet

2010

  • «Tous les artistes s'appellent», Artaban, Nantes

2009

  • « Art Paris», Galerie Marion Meyer Contemporain Grand Palais, Paris
  • «Les 10 ans du Prix Marguerite Moreau», salle de la Redoute, Chatellerault
  • «Chez l'un l'une l'autre #26», Réseau de rencontres artistiques chez l'habitant, Frac des Pays de Loire, Nantes Carquefou

2006

  • «Welcome home», Parcours artistique proposé par la Galerie Ipso Facto, Nantes

2005

  • «Contrée FRAC Poitou-Charentes», Angoulême

2003

  • «Impact 4», Galerie Associative Européenne de la Photo & de la Vidéo , Strasbourg

2002

  • «Niikawa Bunka Hall», Toyama, Japon

2001

  • «Quel temps font-ils», Centre de culture scientifique de Montbéliard ; Universités de Neuchatel et de Belfort

2000

  • «Sous occupation», Université de Besançon

1997

  • «Art/X/Toyama», Toyama Kenmin-Kaikan Museum of Art, Japon

Résidences

2016 -

  • « Résidence en Tunisie, projet Under the sand», projet avec le soutien des Pays de la Loire, Institut français, ville de Nantes

2014

  • «Résidence en Sibérie Orientale sur le lac Baïkal», avec le soutien de l'Institut français et la ville de Nantes
  • «Résidence de travail et échange avec les personnels du service de réanimation CHU Angers»

Bourses, prix, aides

2016

  • Aide individuelle à l'nstallation, DRAC Pays de la Loire

2013

  • Aide individuelle à la création, DRAC Pays de la Loire 2012

2007

  • Aide individuelle à la création, Région Poitou-Charentes
  • Aide individuelle à la l'installation, DRAC Poitou-Charentes

2004

  • Aide individuelle à la création, DRAC Poitou-Charentes

2003

  • Lauréate du Prix Margueritte Moreau, Jeunes créateurs en Poitou-Charentes

Publications, diffusions

Décembre 2012

  • «Champs magnétiques», Catalogue 32 pages, FR Textes : Paul-Hervé Parsy, Frédéric Emprou, Château d'Oiron, Oiron,

Avril 2010

  • «Morphologies», Livret format carte postale, 8 pages, FR Texte : Christian Garcelon, Commissariat : Dominique Truco, Galerie Louise Michel, Poitiers

Mars/ Avril 2009

  • «Pascale Rémita», Catalogue 48 pages, FR/ENG Texte : Frédéric Emprou « Les modernes latitudes » Coédition Frac des Pays de la Loire, Le Ring artothèque de Nantes, Galerie Marion Meyer Paris

Septembre 2005

  • «Attractive point», Catalogue 14 pages, FR Texte : Sandra Emonet « Des images échappées du visible» Galerie de l’Ancien Collège, Châtellerault

Collections publiques, acquisitions

2015

  • Acquisition Frac des Pays de le Loire

2012

  • Acquisition Frac Poitou-Charentes 2009

2009

  • Artothèque Le Ring Nantes

2009

  • Acquisition Frac des Pays de le Loire

2008

  • Artothèque Le Ring Nantes
  • Artothèque de Poitiers

2005

  • Artothèque de Chatellerault

Commandes, 1% artistiques

2011

  • Création de vitraux contemporains – Eglise de Haimps, Charente Maritime Commande publique, DRAC Poitou-Charentes, Ministere de la Culture et de la Communication Maître d’œuvre Ateliers Jean Dominique FLEURY Toulouse

Autres

2015

  • Commissariat d'exposition : Doux leurre, commissariat avec Mehdi-Georges Lahlou sur une invitation de Jean-Luc Dorchies, Directeur des Beaux Arts, Ecole d'arts plastiques de Poitiers.

Extrait du texte : Les Modernes Latitudes paru dans le catalogue Pascale Rémita, Le Ring – Nantes Galerie Marion Meyer – Paris, Mars/Avril 2009

A l’intérieur de son travail plastique, Pascale Rémita entreprend, depuis 2003, une déconstruction singulière et patiente des images et des flux actuels à l’œuvre dans notre société médiatique. … Menées sur le mode de l’enquête impersonnelle, ses oeuvres constituent autant de récits fragmentés et anonymes interrogeant notre rapport à l’image, à ses mobilités et ses persistances. De l’ordre rétinien ou mental, il s’agit bien là de questionner les statuts et les déplacements : ce que Benjamin appelait « l’inconscient de la vision ». La manière que possède notre regard de s’approprier et d’intégrer des représentations à travers une mémoire collective, personnelle et affective.
Entre prélèvements dans un réservoir immense de signes et une retraduction particulière, Pascale Rémita sonde une réception de ces images ; ainsi que les combinatoires optiques que celles-ci peuvent alors prendre dans un contexte d’exposition.

… En traitant la matière picturale à partir de focales changeantes et déconcertantes, l’artiste aménage un mixage complexe et sensible de données et de codes contemporains. Perspectives paysagères, décors montagneux ou enneigés, minéralogie multiple et indistincte, les sujets des toiles de Pascale Rémita entretiennent une esthétique généralisée de la zone et des arrière-fonds, des espaces interlopes et des luminosités infra minces.
A la croisée entre temporalités et topographies, les productions de Pascale Rémita organisent des surfaces et des profondeurs telles qu’il s’agirait de caisses de résonances ou de chambres d’échos.

Par porosités et perméabilités, une des particularités de la pratique de l’artiste réside dans la façon dont celle-ci remet en jeu nos habitudes de perception de l’image peinte ou filmée. En aménageant un jeu de correspondances sensitives à travers le storyboard imagé ou elliptique de ses pièces, Pascale Rémita rend compte d’une conscience éclatée et fragmentaire des phénomènes.

Frédéric Emprou,

Des images échappées du visible

Le travail de Pascale Rémita provoque une glissade pour l’écriture, un voyage multi-directionnel où se posent des scènes furtives. Poser des mots y est délicat, c’est un exercice périlleux pour dire la qualité quasi indicible des sensations et des perceptions rencontrées.

Le titre que l’artiste a choisi pour cette exposition : Attractive Point, nous éclaire sur le rapport de ce travail au visible, à l’image, à la peinture et au regard. Il cristallise l’étrangeté de toute vision, qui nous attire et nous retient d’un souffle unique. Dans une mise au point entre deux espaces, de la profondeur à la surface et de la pellicule à l’étendue, un passage inédit vers une autre dimension apparaît. Hors de toute pesanteur, ce point limite prend corps sous l’effet de la peinture. Fascinant il reste là, sous nos yeux, attirant et dangereux.

Attractive Point rassemble des peintures récentes et la toute première vidéo de l’artiste. Le dialogue et la confrontation animent ce rapprochement d’œuvres aux tonalités et aux formats variés, où plusieurs registres iconiques se côtoient tel des « corps » d’images différents. L’artiste se saisit de clichés déversés en flot continu dans des stocks numériques, pour composer ses toiles les plus colorées. Les couleurs artificielles éclatant sur le bleu nuit de la série Plasma (2004) et les camaïeux de vert et jaune de diptyque Psychovision (2005) montrent ce que ces images cachaient, sciemment déplacées de leur gros plan initial. Par ailleurs, elle récolte dans l’actualité des médias, de la presse ou depuis des archives variées, des vues de sites architecturés et des espaces construits aux contours anonymes. C’est pratiquement dans un flou cinématographique que se décadre alors l’espace dans Mirage (2004) et Tentation optique (2004). Enfin, et ce pour la première fois, l’artiste utilise une de ses photographies comme tremplin pour la peinture comme dans Sans titre (4), réalisée en 2005. Mais elle aura une fois de plus travaillé dans un second regard, celui qui voit vraiment, le premier étant celui de son film en préparation, qui lui donnait la distance nécessaire pour tenir un point de vue décalé, en mouvement, pris dans l’itinérance d’un voyage.

Le corpus d’œuvres rassemblées offre à travers toutes ces approches une plongée dans ce qui peut aujourd’hui constituer un contrepoint pictural au monde. Dans le velouté pâle de l’huile, effleurant en un halo diffus les toiles ainsi éclairées, se dessine un seuil, un écran ou une vitre, derrière lesquels nous restons séparés et pourtant si près, collés aux images énigmatiques qu’ils protègent et révèlent. Le travelling vidéographique d’Au bord du paysage (2005) reprend ce long et léger mouvement pour retenir au bord de leur disparition les sites et architectures qu’il cadre. Plus qu’une représentation, il s’agit d’une omniprésence mise en forme, mise en couleur et en lumière, agencée de telle façon qu’elle soit sommée de faire retour dans le visible duquel elle s’était échappée.

Dans son film et sur ses toiles, il n’y a personne, il ne semble rien se passer à première vue. Mais à tâtons, nous perdons progressivement nos repères dans un flottement continu, un voyage suspendu où paradoxalement se prépare un éclatement imminent.

La rumeur gronde sur le champ de mire, le champ de tir, dans ce no-man’s land qui s’apprête comme un nouveau théâtre du monde. Un spectacle de plus en plus sourd émerge de cette profondeur transparente, de ces scènes étranges, improbables et pourtant déjà vues. Vision vide et furtive retenue dans les glacis qui l’entrelacent.

Où avons-nous vu cela ? Quand et comment ? Pascale Rémita attrape les hors-cadres de notre tout-image contemporain. Vues aériennes, écrans de contrôle, sites méconnaissables et matière brute d’images composent ces reflets si précisément flous de notre époque, invisible à elle-même. Une couche cachée de la vision, son envers et son autour, son débordement inconscient. Ce qui est reconnu ne se nomme pas, ne se touche pas des mains ou des mots, et pourtant c’est là. Interrogeant les limites du figuratif, l’artiste nous entraîne dans une dimension du visible où tout est contenu, prêt à éclore dans un dénouement imprévisible. Ce qu’il y a à voir nous échappe inexorablement. C’est un regard insoutenable avec ce que nous tentons de reconnaître, de décrire, et qu’il s’avère impossible d’assujettir. L’œil panoptique est percé à jour, percé tout court dans son incapacité à se saisir de ce qu’il surveille. C’est une trouée dans la pulsation visuelle du monde.

En soi ces œuvres sont des anti-trompe-l’œil, des résistances pour l’indétermination et la poésie, l’hésitation et la polymorphie. Ainsi, l’étau de nos sociétés multimédia éclate avec la mise en doute, en espace et en rumeur, de quelques images. Celles-ci sont issues d’une masse innombrable qui dépasse notre capacité à les voir, même en n’y jetant qu’un œil. Une évocation de la perte de vue posée en plein milieu de cet œil, peinte doucement sur une toile qui assume la perte de tout contrôle, au cœur de l’observation du monde la plus exacerbée. Tels des lapsus échappés des discours les instrumentant, ces images peintes sur toile ne sont pas des arguments, pour quoi que ce soit. Il n’y a ni surveillance ni exhibition pour nous en protéger.

Tout pourrait se passer et le plus terrible de ce qui arrive viendrait sans cris et sans fureur. Dans une plongée au cœur même du tourbillon des tubes, cathodiques, numériques ou mécaniques, une nouvelle beauté paraît, extraite d’une puissance désormais dérisoire, et caressée à mains légères dans la transparence de la peinture, sa douceur et sa violence, sa force. Des images nouvelles, étrangères au flux visuel, des images déjà vues ou entre-aperçues, échappées du visible. Effleurer, toucher du bout des doigts une image, mais ne jamais empoigner, ne jamais vraiment pouvoir se saisir de sa matière, une image qui reste à tout jamais un paysage et qui glisse sous nos yeux.

Sandra Émonet, septembre 2005

Glocal Sessions #3