Artistes
Bevis Martin & Charlie Youle : nés en 1975 à Londres et à Sheffield, vivent et travaillent à Nantes.
The Matrix, 2010Tripode
Les Idées, 2009La Station VasteMonde, Saint Brieuc
Civic Sculpture, 2009La Générale en Manufacture, Paris
PerspectivesInterstices, Praz Delavallade, Paris
A Secondary EducationRandom Gallery, Paris
Interior with Educational Display, 2008La Roche sur Yon
Thinking About ThingsPotlatch, Mire, Nantes
Natural EducationBast'art, Bratislava
Rêve MunicipalBiennale Estuaire, Nantes
ThemesRoyal College of Art
Topics, 2007Le Temple du Goût, Nantes
Expositions personnelles
2025
- «New Shapes», Shed, Maromme
- «Dead Bird», Bikini, Lyon
2024
- «f», 2angles, Flers
2023
- «More Problems», Centre des arts André Malraux, Douarnenez
2019
- «Le Réveil», La Tôlerie, Clermont Ferrand
- «Looking Inside», La Terrasse, Nanterre
- «Schémas», La Vitrine, L’Antenne du Plateau (Frac Île-de-France), Paris
- «Planet Man», Musée d’Arts, Nantes
2018
- «The Real World», Le Shed, Notre Dame de Bondville
2016
- «Thought Plants», Préface, Toulouse
2015
- «2500 pensées par seconde», FRAC des Pays de la Loire, Carquefou
- «Natural Selection», Galerie 5, Université de Angers
2014
- «Activities», Galerie Samy Abraham, Paris
- «Generations», Les Bains Douches, Alençon
- «The Shape of Things», Maison des Arts, Saint Herblain
2013
- «22 siècles d'inspiration», Hors les murs, Nevers
- «Pyramide alimentaire», Störk Galerie, Rouen
- «Insides», Domaine de la Garenne Lemot, Clisson
- «Obstacles», École Municipal des Beaux-Arts, Châteauroux
2012
- «Who am I?», Galerie Samy Abraham, Paris
2011
- «A Parade of Problems», Space, London
- «First Notions», Galerie Samy Abraham, Paris
- «Here & Now», Ecole Municipale d’Arts Plastiques, Cholet
2010
- «The Matrix», Tripode, Rezé
2009
- «Les Idées», Station VasteMonde avec Tripode, Saint Brieuc
- «A Secondary Education», Random Gallery, Paris
2007
- «Rêve Municipal», Estuaire 2007 Nantes Saint Nazaire, Hangar Alstom, Nantes
2004
- «Rain & Tears», Borderline, Nantes
Expositions collectives
2025
- «Archipel», Thouars
- «Boxwalking», Shopwork, Westcombe UK
2024
- «Uncertain Objects», Shopwork, Frome
2023
- «Playtime», Bricquebec-en-Cotentin
- «Diasporama», Fabrique Pola, Bordeaux
- «Quand la Terre était plate, tout le monde était heureux comme tout», Quatre, Rennes
2022
- «I am Nobody. Are You Nobody Too? », Meşher, Istanbul
- «De Visu», Beaux-Arts Nantes Saint-Nazaire, Nantes
- «Gontierama», Chateau Gontier
- «Carnet d’artiste 2», PAD, Angers
2021
- «Cueillir des étoiles», Beaux-Arts Nantes Saint-Nazaire, Nantes
- «Desperanto», Fabrique Pola, Bordeaux
- «Super Coin», Jardin des Plantes, Rouen
- «Microwave», Bonus, Nantes
- «Nuit Blanche», Mayenne
2020
- «10 ans, 10 résidents», Maison des Arts, Saint Herblain
- «Boxon Salin Poésie Tondue», Bonus, Nantes
- «La Quinzaine radieuse», Piacé
- «Un été indien», Frac Normandie Caen, Caen
- «Ordre de dispersion», Galerie Duchamp, Yvetot
2019
- «Le dessin du salo», Espace Mean, St-Nazaire
- «Les deux font la paire», Galerie du lycée Notre-Dame, Challans
- «La bonne éducation», Musée national de l'Éducation, Rouen
- «Matrice», L’Acádemie, Maromme / Le Shed, Notre Dame de Bondville
- «Pasta Utopia», Galerie Papillon, Paris
- «Exposition inaugural», Ateliers Bonus, Nantes
2018
- «Les Valleuses», Varengeville-sur-Mer
2017
- «Putt Putt», PCP, Saint Nazaire
- «Blazers/Blasons», chikebe, Marseille
- «Process Youpi», Maison du DD, Rezé
- «Attraction(s)», Musée d’Art et d’Histoire de Lisieux
- «Martin & Youle / Thomas Tudoux», Centre d'art contemporain, Pontmain
- «Exquis!», MuMo (Musée Mobile)
- «Blazers/Blasons 2 », Atelier Alain Le Bras, Nantes
- «Playground», Galerie Emmanuel Hervé, Paris
- «État des lieux», La Maison Rose (Open It), Nantes
- «À boire et à manger», FRAC Normandie Caen, Caen
2016
- «Enfants», Centre d'Art Contemporain, Pontmain
- «- 15 000 >> 2016», Musée Sainte Croix, Poitiers
- «Blazers/Blasons », Atelier Alain Le Bras, Nantes
- «Quoi que tu fasses, fais autre chose», FRAC des Pays de la Loire / HAB Galerie, Nantes
2015
- «Surmultiplié», Zoo Galerie, Nantes
- «Ouverture pour inventaire (2)», FRAC des Pays de la Loire, Carquefou
- «Recto/Verso», Fondation Louis Vuitton, Paris
- «Ceramics & Graphite», Chert Gallery, Berlin
- «Game Over», Galerie Ec'arts, ESPE de Bretagne, Rennes
- «Les motifs du savoir», Mains d'Œuvres, Paris
- «Deep Screen», Parc Saint Leger, Pougues-les-Eaux
- «Le Vent des Forêts», Lla Meuse
2014
- «Foam», Project Number, London
- «L'art fait ventre», Musée de la Poste / Musée du Montparnasse, Paris
- «En attendant hier», Château de Montbazillac, Bergerac
- «L'écho / Ce qui sépare», FRAC des Pays de la Loire, Carquefou
2013
- «Plus jamais seul», Standards, Rennes
- «Traslaciones», CCAI (Centro de Cultura Antiguo Instituto) / LABoral Centro de Arte, Gijón, Spain
- «The 5th Dimension», Ricou Gallery, Brussels
- «Lauréats 2012 du prix des arts visuels de la Ville de Nantes», L’Atelier, Nantes
- «Drive», Zoo Galerie, Nantes, Curtat-Tunnel, Lausanne and Schwarzwaldallee, Basel
- «FIAC Hors les Murs», Espace des Blancs Manteaux, Paris
2012
- «Artothèque de Belleville (Biennale de Belleville)», Le Centquatre, Paris
- «Caverne Cabinet (Biennale de Belleville)», Atelier Virginie Yassef, Paris
- «Circumrévolution (Biennale de Belleville)», Pavillon Carré de Baudoin, Paris
- «Waterfalls Pavillion», Vivarium Studio, Paris
- «Drop Zone», projet de La Mobylette, Bordeaux
- «Glaze», Chez Valentin, Paris
- «Gisement et Extraction», 40mcube, Rennes
2011
- «Glaze », Bischoff/Weiss, London
- «Varchar», Galerie Samy Abraham, Paris
- «Notes & Projects», Hollybush Gardens, London
- «RN137», L’atelier, Nantes & 40mcube, Rennes
- «Le dégoût du temple», Le Temple du Goût, Nantes
- «Les innomable grotesques», Galerie LMD, Paris
- «Egg Drawing Lessons», MLIS, Villeurbanne
2010
- «Ils chantent et ils jouent, les gens entrent», La Maison des Arts de Grand-Quevilly, Rouen
- «La BBC invente le murmure d’ambiance », LMD galerie, Paris
- «Toute chose oblique», La Maison Vide, Bouliac
- «55ème Salon d’art contemporain de Montrouge», Paris
- «Chateau du Pé», Estuaire Nantes Saint Nazaire
2009
- «Les cratères du futur», Zoo Galerie, Nantes
- «Dark Pearl», La Genérale en Manufacture, Paris
- «Perspectives», Interstices, Praz-Delavallade, Paris
- «Afterwards», Mead Gallery, Warwick
2008
- «Sages et attentifs», Musée de la Roche sur Yon
- «Potlatch», festival Mire, Nantes
- «Natural Education », Bastart, Bratislava
2007
- «Vacuum», CCC, Tours
- «The Great Exhibition», RCA MA show, London
- «Boys ‘R’ Us», Zoo Galerie, Nantes
- «Kunstwurst», Café Gallery, London
- «Le Goût du Temple», Le Temple du Goût, Nantes
2006
- «Welcome Home», Ipso Facto hors les murs, Nantes
2005
- «Contact», Lieu Unique, Nantes
- «Rions Noir», Atelier Alain Lebras, Nantes
Résidences
2025
- «Artistes en entreprise», Cerafrance Industrie, Ferrières-en-Bray
2019
- «Artistes en entreprise», Sygmatel, Nanterre/La Chapelle sur Erdre
2018
- Arcam Glass, Vertou
2017
- Centre d'art contemporain, Pontmain
2015
- Université d'Angers
2014
- La Maison des Arts, Saint Herblain
2013
- LABoral, Gìjon, Spain
- Clermont Ferrand
2011
- Maison de Quartier Madeleine Champs de Mars, Nantes
2009
- La Générale en Manufacture, Paris
- Station Vaste Monde, Saint Brieuc, France
2008
- École d'art Municipale, La Roche sur Yon, France
2006
- Cité Internationale des Arts, Paris
2003-2004
- «MultiPoint Groupe de Recherche», École de Beaux Arts de Nantes
Bourses, prix, aides
2012
- Prix des Arts Visuels de la Ville de Nantes
Publications, diffusions
2023
- «A2», (avec Johann Bertrand d’Hy)
2015
- «2500 pensées par second»
2013
- «sleek»
2012
- «02point2», no.1
2011
- «Versuch: Notes and Projects»
- «Space 2, Spacezine»
2010
- «Manufactured Monsters», vol. 2
- «Coyote Pizza»
- «02»
2009
- «Transmisssion Host», Sheffield Hallam University
- «Flaunt Magazine»
2008
- «Creative Review»
- «Hinoter, issue 33»
- «International Designers Network», vol 15, no. 5 The Geometrics Issue
- «Dazed and Confused», issue 158
2007
- «303», issue 97, Estuaire 2007 edition
- «Estuaire : L’art et le fleuve», Gallimard
- «303», issue 96, Né à Nantes comme tout le monde
2005
- «IO - for Rions Noir»
2004
- «Rain & Tears - for Rain & Tears»
- «Untitled publication for La Valise’s Malakoff project»
Collections publiques, acquisitions
Commandes, 1% artistiques
2025
- 1% Artistique pour le Collège Jacques Ellul à Bordeaux
2022
- Simple Pottery - Parc Bordelais, Bordeaux
2021
- Complex Figures - Piacé le Radieux, Piacé
2019
- Foudre et étincelle - Sygmatel, La Chapelle-sur-Erdre
2015
- Circuit - Le Vent des Forêts, la Meuse
2014
- 1% Artistique pour le Collège Paul Doumer à Nort-sur-Erdre
2011
- La Grande Question - Château du Pé, Saint-Jean-du-Boiseau
Bevis Martin et Charlie Youle : Le mystère des formes
Bevis Martin et Charlie Youle ont participé au Salon de Montrouge en 2010. Depuis quelques années, le couple d’artistes britanniques installé à Nantes forme un duo, troublant la notion de signature pour mieux engager la partie ave c d’autres prérequis du « grand » art. Jeu qu’ils mènent avec l’élégance indéfectible de l’humour anglais. Représentés par la galerie Samy Abraham, à Paris, ils sont actuellement au générique de l’exposition « L’art fait ventre » au musée de la Poste, avec une littérale pyramide alimentaire achalandée de nourriture saine en plâtre et céramique. Certains parlent encore d’inspiration, eux « se donnent des devoirs à faire ». Dans leur première exposition personnelle, « Matrix » à Tripode (à Nantes en 2010, remontrée à l’Espace des Blancs Manteaux à Paris pendant la FIAC 2013), de probables sculptures ou vraisemblables bibelots en céramique et papier mâché, entre autres empilements de tables basse en mélaminé – tels des fleurons néo-géo au rang du « doit- yourself » – étaient autant de formes venues d’ailleurs : des illustrations d’un atlas de philosophie, traduites en sculpture. Ainsi, ces poteries à la facture de style MJC qui mimaient l’ambition émouvante de donner corps à la théorie d’Empédocle sur l’organisation de la matière, parvenaient plutôt à « améliorer l’inadéquation » originelle entre l’image et l’idée dans l’ancestrale iconographie pédagogique. C’est dans cette zone d’inefficacité de l’apprentissage, d’absurdité dans la manifestation du rationnel que Charlie Youle et Bevis Martin trouvent leurs ressources poétiques. En 2013, pour l’exposition « Obstacles » (à l’École municipale d’art de Châteauroux), les sculptures et les peintures se mesurant aux formats de l’art moderne – en carton-pâte et acrylique sur planche de médium – étaient cette fois déduites des images en noir et blanc d’un vieux manuel de mathématique pour écoliers du primaire. Il en résulte un ensemble aux couleurs et aux formes séduisantes, signalant d’étonnantes accointances stylistiques avec le surréalisme aimable d’un Yves Laloy ou d’un Jean Arp, parfaitement indatables et tout juste suffisantes en tant qu’œuvres d’artistes « professionnels ». Car Martin & Youle jouent leur stratégie à la frontière de l’amateurisme, conjurant le sublime dans la glaise et les nouilles. Ils usent du malentendu pour viser juste. C’est avec la technique moyennement maîtrisée de la céramique qu’ils façonnent leurs pions, avancés sur-le-champ de l’art sous l’aspect versatile d’objets de décoration (d’un goût parfois douteux). Elle a cette particularité symbolique, soulignent ils, de transformer la matière primitive (défouloir des passions à l’école maternelle comme dans l’atelier de Rodin) en objet raffiné, sitôt recouvert d’un émail reluisant et facilement désirable. La manière dont les formes émergent, est, en substance, le sujet des expérimentations de Martin & Youle, fouillant ce mystère par les voies de l’aléatoire et de la délégation. Leur récente exposition « The Shape of things » (à la Maison des Arts de Saint-Herblin) est le fruit d’un grand téléphone arabe pour lequel les participants se sont transmis la rumeur d’une sculpture totémique et d’une peinture abstraite, avant que les artistes ne copient à leur tour ces interprétations déviantes. Ailleurs, les mystères de la création croisent l’énigme biologique dans un déploiement de motifs organiques baroques, de circonvolutions autour des systèmes digestifs et reproductifs comme modèles de transformation des choses. Une allégorie en sous-entendant une autre, quand Martin & Youle se demandent à propos de l’œuvre qui trouve son sujet dans le recyclage du matériel pédagogique déclassé, ce que valent les « signifiants de seconde main », il faut l’entendre au niveau d’une réflexion sur l’art ayant depuis longtemps abandonné le critère de l’originalité.
Julie Portier, 2014
Bevis Martin & Charlie Youle, WHO AM I?
Qu’il s’agisse d’instruments de poids et de mesures ou d’outils de géométrie, ou bien encore de pâtisseries, d’armes, d’animaux ou de légumes, l’univers de la pédagogie s’alimente d’un nombre incalculable d’objets hétéroclites pour produire ses propres représentations. Tout semble pouvoir s’y fondre et changer de proportion afin de se profiler selon les exigences d’un régime de signes dont le seul souci serait de véhiculer les notions fondamentales des disciplines enseignées. La miniaturisation intégrale de l’univers et de tout ce qu’il contient se ferait à l’aune de normes raisonnées pour se rendre accessible à une audience ciblée. Ainsi accumulées les représentations imprimées dans les manuels scolaires fourniraient en retour l’image en creux d’un enfant tel que se le figureraient les pédagogues.
Sans pouvoir nécessairement lui fixer un acte de naissance précis, l’enfance en tant que facteur de ségrégation et objet d’attention sociale est une invention du XVIIIe siècle (1). Matière malléable de l’homme à venir, l’enfant devient un enjeu et mobilise autour de lui toute une stratégie où se mêlent tant l’attention curieuse à son comportement, à sa psychologie, que les méthodes aptes à édifier une société nouvelle. La pédagogie participe intégralement des Lumières et fournit les éléments essentiels à une nouvelle forme de contrôle infiniment diversifié et subtil. Pourtant à l’enfermement et la discipline institués par l’école répond l’émergence d’un étrange effet par le biais duquel l’enfance nourrit un sentiment de nostalgie et d’innocence. Les traités théoriques sur l’éducation fondés sur une philosophie rationaliste et moralisante ont pour corollaire une littérature enfantine dont les enchantements trahissent un regard adulte baigné d’illusions romantiques.
Bruno Botella, novembre 2012
(1) René Schérer, Enfantines, p 32.
(2) Georges Didi-Huberman, Quand les Images Prennent Position, p 198.
(3) Fernand Deligny, Les Vagabonds Efficaces, p 210.










