Artistes
Gaëlle Cressent : née en 1982 à Paris, vit à NANTES, travaille à NANTES.
DéposeGrand Huit - Bonus, Nantes
Expositions personnelles
2025
- «le grand jeu», La Chambre, Saint-Nazaire
Expositions collectives
Bourses, prix, aides
2024
- Lauréate du prix des arts visuels de la ville de Nantes
Écoles, formations
Surfaces de réinscriptions
Gaëlle Cressent détourne la fonction première des objets supports d’information tels que lespanneaux signalétiques, les écrans de tous types, pour y faire émerger une poésie sensible eténigmatique. Que reste-il à voir quand il n’y a plus d’image ? La question sous-tend l’ensemblede l’oeuvre qui lorgne vers l’abstraction bien qu’issue du réel le plus prosaïque. Nourrie d’une recherche liée aux modalités de production et de reproduction des images, elle révèle un potentiel plastique insoupçonné au travers de subtiles manipulations.
Recyclage et contrainte
Avant l’image fabriquée, le déchet constitue la matière première de l’oeuvre. Et ce n’est pas unhasard si Gaëlle Cressent s’investit de façon intensive, voire immodérée au sein d’une ressourcerie. Cet emploi lui impose un rythme effréné mais, telle une compression de César – génie du recyclage avant l’heure- elle ressent le besoin d’être contrainte. Ne pouvant ni compresser le temps, ni le dilater, elle gère sa vie d’artiste sans temps mort. De son propre aveu « il faut que ce soit dense ». Elle extrait régulièrement nombres d’objets issus des circuits de revalorisation : Déchets de déchets en quelque sorte, écrans de tablettes numériques, smartphones, verres trempés censés protéger ces bijoux technologiques, quantités faramineuses d’objets produits par une société avide de tout, qui consomme, déprécie, jette constamment et de plus en plus vite. Si de ce point de vue, l’oeuvre porte en elle un constat édifiant, ce n’est en rien sa finalité. (Ni morale, ni fascination.) Rendre visible cet état de fait est en soi une forme d’engagement qui n’est pas lié à la problématique de la surproduction mais plutôt à notre rapport usuel à ces objets. (…)
Charles Bertrand
Démarche
Artiste visuelle, Gaëlle Cressent développe un langage plastique expérimental qui circule entre l’image, la sculpture et l’installation, explorant les frontières entre ces médiums. Son travail porte un regard à la fois poétique et critique sur notre relation aux objets du quotidien, aux ressources et devenirs matériologiques.
Nourrie par ses expériences au sein de plusieurs ressourceries engagées dans l’économie circulaire, elle s’intéresse aux écologies et économie des images et des objets, et à la manière dont la pratique artistique peut devenir un vecteur pour « ré-habiter les restes ». On retrouve dans son travail une attention à la mise en valeur de ce qui peut disparaitre.
La notion d’archéologie sous-tend également sa production : ce qui se révèle, ce qui affleure, ce qui demeure enfoui; fragments de signes communicationnels, surabondance d’informations à déchiffrer, reconstruction latente de formes sculpturales… Dans ses projets, elle tente de mettre en lumière l’équilibre fragile entre nos productions de masse et leurs répercussions sur l’avenir, grâce à une multiplicité de gestes empruntés aux domaines qu’elle explore.
Ainsi, elle trace les contours d’un territoire nouveau, à la croisée de pratiques et de champs qui semblent, au premier abord, étrangers les uns aux autres, et cherche à créer au cœur de cet espace en devenir. En s’appuyant sur l’observation du réel, ses gestes de plis, déplis, fragmentations et reconstructions font écho selon elle à la complexité de notre époque. Parmis la multiplicité des images et des informations, le débordements des artefacts, elle questionne, par anticipation, ce que les mémoires collectives et personnelles sauveront.
Gaëlle Cressent est née à Paris, vit et travaille à Nantes.
