Artistes

Juliette-Andréa Elie : born 1985 in Auvergne, lives in Nantes, works in Auvers sur Oise.

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Lunes Révolues

Lunes Révolues, 2015Hors les murs Palais de Tokyo, Paris

Entretien avec Point Contemporain

Dans les œuvres de Juliette-Andréa Elie, l’expérience du temps est un peu conceptuelle. Il ne faut pas hésiter à se perdre dans les immensités intemporelles comme dans les détails du paysage pour en prendre conscience.
Quel recul avons-nous vis-à-vis de nos propres existences ? Juliette-Andréa Elie crée en nous un profond trouble que l’on ressent lors de ses performances chuchotées aussi bien que face à ses œuvres embossées. Elle nous invite à traverser les images, à en rompre la fixité pour atteindre un « véritable moment de poésie », nous fait partager une expérience, ressentir ce moment où l’on est submergé par une émotion. Une mécanique de la perception que Juliette-Andréa Elie active en associant les techniques.

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“Ce sont d’abord ses poissons qui ont retenu mon attention : leur dentelle aquatique laisse passer la lumière pour que l’on puisse distinguer ces vertébrés à la transparence atténuée.
De ce monde flottant, où la jouissance de l’observation de la nature se porterait aussi sur les formes topographiques, gonflées à bloc, mais toute en délicatesse, correspond la libération du trait et l’irruption d’une pratique : celle de l’embossage. Au relief presque animé, les poissons semblent nager et le bloc de glace bouge à la surface du papier photographique. Elle libère en surface les mouvements de la convection, ayant cours dans le manteau terrestre. Ce qui est représenté alors n’est pas ce que l’on voit dans la nature mais ce sont les variations de la position d’un point, d’un solide, d’un système étudié, selon les coordonnées spatiales et temporelles. Ce parti pris, sous forme d’inscription, lié à l’intime pourrait s’apparenter à l’art sigillaire en forme d’expression du moi mouvant. En transposant la vigueur primitive de la forme embossée, le tracé vibre dans le champ de l’art sigillaire. Parce que du geste ancestral du bâtisseur, Juliette-Andréa Elie propose des miniatures, issues du globe terrestre représentant des montagnes ou bassin qui illustrent les tensions dues à la tectonique. Idéalisées, ses pièces uniques ont presque la fonction commémorative qu’il s’agisse de conserver le souvenir d’une rencontre ou d’un espace. De la photographie au trait de la pointe sèche, la technique de l’embossage tient le regardeur en alerte, médusé, devant les mondes diaphanes auxquels se référent les équations des phénomènes naturels de l’univers.”

Nathalie Gallon, 2015

La brûlure des icebergs, exposition personnelle de Juliette-Andréa Elie