Artistes

Michaela Sanson-Braun : born 1975 in Stuttgart, lives and works in Nantes.

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Exposition-résidence What’s cooking?

Exposition-résidence What’s cooking?, 2026Atelier Alain Le Bras, Nantes

Exposition “Le curieux rêve de Renée de Bourbon II”

Exposition “Le curieux rêve de Renée de Bourbon II”, 2023-2024Lycée Agricole Edgard Pisani, Montreuil-Bellay

Entretien vidéo avec

Focus

by Pierre Fournier Le Ray

published on 29.04.2026

Solo exhibitions

2025-2026

  • «Peaches and Cream», Musée d'arts de Nantes, Nantes

2025

  • «Porno-Paintings», Scroll galerie, Nantes

2024

  • «Other people's sunsets», CACIN Le Carré, Château-Gontier

2022

  • «Il faut que tu revoies ta copie », Atelier Legault, Ombrée d'Anjou. Exposition en partenariat avec le FRAC des Pays de la Loire et le département Maine et Loire

Group exhibitions

2025

  • «L'Envers du décor», MASC (Musée d'art moderne et d'art contemporain), Sables d'Olonnes

Residencies

  • «The End of the World», BLAST Collectif, Angers
  • 2023

    • «Entre Les Murs à L'Abbaye royale de Fontevraud», Résidence de création de février - juin 2023, culminant dans l'exposition des 6 lauréats de cette résidence pendant Un Eté à Fontevraud 2023

    Publications, broadcasts

    2025

    • «The Cocktail Principle», Première monographie, Editions Empire Books. Avec l'aide de la Région des Pays de la Loire

    2022

    • «Édition de l’exposition IL FAUT QUE TU REVOIES TA COPIE », exposition en collaboration avec le FRAC des Pays de la Loire; édition produit et publié par le FRAC Pays de la Loire (500 exemplaires)
    • «Edition 303, TRIMESTRIEL N°171 (Juillet) - DÉCORS DE FÊTE», Article: OÙ SONT LES FEMMES par Eva Prouteau, p.88-90

    2003

    • «I read Art like a magazine at the barbers, catalogue d’exposition 'Franzwestite' de Franz West», Publication d'une oeuvre à moi en tant que publicité: SCULPTURE DIFFICILE II, page 32

    Public and private collections

    2025

    • Collection MASC, Sables d'Olonnes (Women in the Kitchen I, 2022, huile sur toile, 220 x 200 cm)

    2021

    • Collection artdelivery de l'Ecole des Beaux Arts Nantes Saint Nazaire

    Education, training

    1999-2001

    • Slade School of Fine Art, UCL, London (GB): MFA (Master of Fine Arts), Painting

    1994-1999

    • Staatliche Akademie der Bildenden Kuenste, Stuttgart (G): 1. Staatsexamen

    2004

    • Wine & Spirit Education Trust (WSET), Londres (UK): Diplôme de niveau 3

    WHAT’S COOKING?

    Texte d’Ilan Michel dans le cadre de la résidence-exposition What’s cooking? à l’Atelier Alain Le Bras, 30 mars – 30 avril 2026, 10 rue Malherbe, 44000 Nantes

    « Qu’est-ce que tu mijotes ? ». Cette phrase, Michaela Sanson-Braun a dû l’entendre bien des fois à la maison, alors qu’elle était en train de bricoler à l’atelier. En 1928, Virginia Woolf appelait de ses vœux la nécessité pour les femmes « d’avoir cinq cents livres de rente et une pièce dont la porte est pourvue d’une serrure, si l’on veut écrire une œuvre de fiction ou une œuvre poétique ». Près d’un siècle plus tard, cette exigence demeure d’actualité. 

    Michaela Sanson-Braun se souvient que l’atelier d’Alain Le Bras fut à la fois un lieu de création et un espace de vie. Le peintre et illustrateur nantais y a vécu jusqu’à sa disparition en 1990. À ce titre, le point de départ de cette recherche-création réside dans une série de peintures intitulée Women in the Kitchen (2022 – en cours) (dont une toile est présentée ici). Celle-ci s’inspire de la première cuisine intégrée au monde, conçue en 1926 par l’architecte Margarete Schütte-Lihotzky — la Cuisine de Francfort. Mais ici, cuisinière, évier en zinc et placard à casseroles volent en éclats, à la manière de l’explosion au ralenti de Zabriskie Point d’Antonioni, sur une B.O. de Pink Floyd. L’espace domestique est devenu une aire de jeu tout autant qu’un espace virtuel – les fans reconnaîtront peut-être ici les escaliers transparents du jeu vidéo Fortnite, ou encore des prises d’escalade… 

    Concrètement, l’installation prend donc la forme d’une construction bancale qui répond à la règle du « cocktail principle » une recette qui change à chaque exposition. Dans le cas de l’atelier Alain Le Bras, la formule serait à peu près la suivante : 

    Dans un volume instable, versez une base d’ingrédients bruts : tasseaux, planches de bois, cartons et morceaux de mobilier domestique.

    Incorporez ensuite quelques restes d’une ancienne exposition — ici, des éléments de Other people’s sunsets (Le Carré, Château-Gontier, 2024) : panneaux de placo nappés d’impressions pigmentaires des murs et des plafonds de la maison de l’artiste. 

    Mélangez le tout dans un grand shaker. Laissez refroidir.

    Terminez en saupoudrant d’esquisses, de collages, de notes de travail, de brouillons et de peintures.

    L’assemblage est un savant déséquilibre, à la fois rafraîchissant et acidulé, qui relève des Combine-paintings de Robert Rauschenberg et du Merzbau de Kurt Schwitters, construction que l’artiste allemand aménagea dans son atelier de Hanovre dans les années 1920 et qui envahit tous les étages de la maison. La force proliférante du travail de Michaela Sanson-Braun hérite donc des collages cubistes de Braque et Picasso, de l’esprit dada et de l’expressionnisme abstrait, le tout secoué vigoureusement par un esprit frappeur néo-punk. Spécialiste du chaos organisé, Michaela Sanson-Braun transforme progressivement l’atelier en environnement plastique. Si l’artiste propose ici une réflexion sur la peinture élargie, il s’agit surtout ici de sortir du cadre en construisant une situation picturale en perpétuelle transformation. 

    En 1958, Allan Kaprow publie « L’Héritage de Jackson Pollock » dans Art News, où il écrit : « Pollock n’a pas seulement réalisé de magnifiques peintures, il a aussi détruit la peinture. […] Le choix de toiles monumentales visait notamment à faire cesser la peinture murale d’exister comme peinture, pour devenir environnement. » L’année suivante, il nomme ces événements éphémères des « happenings ». Michaela Sanson-Braun fait de son atelier un happening permanent. Son crime n’est pas de « détruire la peinture », mais plutôt de « tuer l’ange du foyer » (Virginia Woolf) en remettant un peu de désordre dans un espace que la Ville a voulu transformer en white cube un peu trop propret.

    Ilan Michel

    À propos

    Le travail de Sanson-Braun défie toute catégorisation facile, elle crée des déconstructions hybrides qui jouent avec les hiérarchies du high-art et l’objet décoratif ou fonctionnel du quotidien. Les objets et les images sont manipulés et pénétrés de juxtapositions surréalistes dans des œuvres qui se déplacent avec une dextérité ludique à travers les médiums de la peinture, du dessin, de la sculpture, du collage, de la vidéo et de la performance. Ses œuvres uniques créent un langage visuel qui est à la fois froidement conceptuel dans ses références réfléchies/considérées à l’histoire de l’art, tout en restant spontané, éruptif et expressionniste dans les collisions qu’elle présentent.

    Ce site web rassemble des œuvres dans lesquelles la maîtrise de Sanson-Braun dans la manipulation des matériaux et de l’imagerie en organisations perverses est joyeusement promulguée. Des chefs-d’œuvre sont entremêlés ou détournés dans le domaine domestique, montrant une irrévérence délibérée à l’égard de leur position dans le canon de l’histoire de l’art. Malicieusement moquées, les œuvres sont réitérées sous la forme d’un objet non fonctionnel. Souvent inquiétants dans leur familiarité déformée, leur re-figuration déclenche des lectures nouvelles et anarchiques qui restent suggestives plutôt que didactiques. L’autorité inhérente d’une image ou d’un objet est déplacée et rendue obsolète lorsque la grandeur d’un Turner se transforme en une disposition de sièges à pompons et inconfortable ou que l’entaille puissante et symboliquement investie d’un Fontana devient un support à toasts plus fonctionnel.

    Sanson-Braun’s dernières œuvres développent ce langage de l’avilissement des hiérarchies et du bouleversement du pouvoir de manière plus explicite que jamais. Les structures et les goûts sont entrelacés, digérés, régurgités et amoureusement combinés en objets de paradoxe, déroutants mais agréables dans leur frustration perverse. Le décoratif et le fonctionnel, le “low-brow” (sans prétentions intellectuelles) et le “high-brow” (l’intellectuel), l’objet du désir – sa perturbation et sa corruption – deviennent les ingrédients et les saveurs qui sont secoués ou mélangés pour créer un nouveau langage subversif et une logique volontairement

    Clare Chapman

    #Groinland

    Atelier 7, 17 Boulevard Dalby
    44300 Nantes, France

    Tel. : 0621593628
    michaela@sanson-braun.com
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