La boutique des Perméables (le projet des Perméables #4), 2002

Laurent Moriceau

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Laurent Moriceau, «La boutique des Perméables (le projet des Perméables #4)», 2002, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «La boutique des Perméables (le projet des Perméables #4)», 2002, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «La boutique des Perméables (le projet des Perméables #4)», 2002, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «La boutique des Perméables (le projet des Perméables #4)», 2002, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «La boutique des Perméables (le projet des Perméables #4)», 2002, photographie : droits réservés
Créateur invité : Gérard Trémolet, «Le projet des Perméables #4», photographie : Laurent Moriceau
Créateur invité : Gérard Trémolet, «Le projet des Perméables #4», photographie : Laurent Moriceau
Laurent Moriceau, «La boutique des Perméables (le projet des Perméables #4)», 2002, photographie : droits réservés
Créatrices invitées : Maimouna Diouf & Anne Merlio, «Le projet des Perméables #4», photographie : Laurent Moriceau
Créateur invité : Fabrice Hyber, «Le projet des Perméables #4», photographie : Laurent Moriceau
Laurent Moriceau, «La boutique des Perméables (le projet des Perméables #4)», 2002, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «La boutique des Perméables (le projet des Perméables #4)», 2002, photographie : droits réservés
Créateur invité : Mark Lyon, «Le projet des Perméables #4», photographie : Mark Lyon
Mark Lyon, «Le projet des Perméables #4», photographie : Mark Lyon
Mark Lyon, «Le projet des Perméables #4», photographie : Mark Lyon
Laurent Moriceau, «La boutique des Perméables (le projet des Perméables #4)», 2002, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «La boutique des Perméables (le projet des Perméables #4)», 2002, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «La boutique des Perméables (le projet des Perméables #4)», 2002, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «La boutique des Perméables (le projet des Perméables #4)», 2002, photographie : droits réservés
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Laurent Moriceau, «La boutique des Perméables (le projet des Perméables #4)», 2002, photographie : droits réservés
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Laurent Moriceau, «La boutique des Perméables (le projet des Perméables #4)», 2002, photographie : droits réservés

La boutique des Perméables (le projet des Perméables #4), 2002

Vêtements et accessoires réalisés en papier photographique argentique noir et blanc non impressionné et destiné à ne pas être impressionné Palais de Tokyo Paris invited by Jérôme Sans

Laurent Moriceau + Invité.es

Le projet des Perméables propose à des stylistes, des artistes un travail collectif à partir du principe du Perméable1.

Listes des invités : Koji Yukisada, Van Ommeslaeghe, Gérard Trémolet, Samon Takahashi, Nakagawa Sôchi (20471120), Dorothee Perret, Tomoko Murakami, Elise Magne, Elian Lille, Floriane Liaigre, Mark Lyon, Lionel Kergot, Katrin Karadottir, Fabrice Hyber, Hanae Fujimoto, Aurore François, Joséphine Foichat, Elsa Esturgie, Maimouna Diouf/Anne Merlio, Ligia Dias, Micha Deridder, Delphine Danhier /Anne-Sophie Thomas, Christophe Legouix, Carine Altermatt.

1Le Perméable (1995), est un vêtement réalisé en papier photosensible non impressionné et destiné à ne pas être impressionné. Conçu en lumière rouge inactinique, il ne peut être vu que dans le contexte de cette lumière, à l’abri de toute autre éclairage. Par extension, tout vêtement conçu sur le principe du Perméable porte ce nom générique.

L’ESPOIR D’UN CORPS

Lorsqu’en 1995, Laurent Moriceau réalise  le “Perméable”, il se situe déjà dans un désir, celui d’un corps palpitant sous un vêtement composé de bandes tressées de papier photographique vierge, visible dans un espace doté d’une lumière rouge, et destiné à ne jamais être exposé à la lumière. Depuis, de nouveaux dispositifs se sont développés, comme avec le styliste Elian Lille, invité à s’approprier l’idée de ce Perméable, œuvre constamment active et activée, processus dans lequel les corps se révèlent, se frôlent ou s’échappent, flottent dans un même bassin de lumière inactinique.

A l’image, Laurent Moriceau répond par la chair. Les entreprises “diffuses” qu’il met en place engagent des échanges avec des partenaires imprévisibles. L”‘Album diffus” était l’occasion de s’immiscer dans les photographies touristiques. Portant un tee-shirt sur lequel était écrit “Please could you send me this photograph”, suivi de son adresse, Laurent Moriceau s’introduisait dans les clichés, parasite et amoureux potentiel. “Eva Eva” fut une tentative d’absorption du corps de l’aimée. Plusieurs prolongements de ce rituel se succédèrent. Ainsi, dans un village du sud de la France, ce furent les festivités de Marie-Pierre dont le corps offrit une équivalence en vin. D’autres versions virent le jour, comme en Roumanie où il fut proposé à la population d’ingérer le corps d’un acteur célèbre. Le rituel, ici, reste païen.

Pour le Palais de Tokyo, se déploie aujourd’hui un dispositif ouvert, une invitation aux qualités multiples, une idée du partage (économique, érotique). Laurent Moriceau a ainsi fait appel à diverses compétences, où l’artiste, le styliste, le cuisinier, le musicien, le vendeur, le poëte dévoilent à leur tour leurs réponses mobiles.

Des espaces entièrement plongés dans la lumière rouge accueillent ainsi le visiteur invité à déambuler  dans une boutique, ou encore s’immerger dans un bain, s’asseoir à une table de convives. Ces déplacements dans l’espace photographique troublent quand rôde le souvenir de nos corps impressionnés, rendus visibles et flottants, perdant leurs repères, glissant littéralement d’un angle à une ombre, échappant à leur poids, inventant de nouvelles fluidités.

La cabine d’essayage souligne cette intimité dans laquelle nous nous retrouvons, cherchant un corps inconnu, hésitant, attentif à éviter l’étincelle, la lueur d’un flash ou d’une allumette qui provoqueraient l’accident. Car la surface sensible dont nous sommes ici vêtus a les fragilités d’un organe.

Laurent Moriceau invente un espace où nous palpitons dans une lumière qui peut devenir une forêt de songes, d’apparitions et de rencontres. Il n’y a plus d’image mais des respirations, des fantasmes et des révélations. Il y a ce que chacun capte, dans ce séjour paradoxal, une persistance nocturne dans un visage qui se découvre, une jouissance des corps hors d’atteinte puisque

l’image est désormais une construction sans mémoire et sans trace. Cette expérience qui est aussi une fête, déporte et nous maintient vivants, tant que la nuit n’a pas eu proprement lieu, puisqu’elle était déjà là, élucidant le visible.

Pierre Giquel