Artistes

Justin Weiler : né en 1990 à Paris, vit et travaille à Nantes et Paris.

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Chambre 107

Chambre 107Océania Hôtel de France - rue Crébillon Nantes

Expositions personnelles

2019

  • «Operire#4», Galerie Mélanie Rio Fluency, Nantes

2017

  • «Operire#3», Beaux-arts de Paris, Atelier Gauthier, Paris
  • «Operire#2», Lauréat CRAC, salle Jean Morlet, Champigny-sur-Marne
  • «Operire», Haus, Blockhaus DY10, Nantes

Expositions collectives

2019

  • «Galeristes», Carreau du Temple, Galerie Provost-Hacker et Galerie Roméro Pierini, Paris
  • «Aux Sources des Années 80. Eighties & Echoes », Musée de l'abbaye Sainte Croix, Les Sables d'Olonne
  • «Tout doit disparaitre», Galerie Provost-Hacker, Lille
  • «Chambre 107», Le Voyage à Nantes, Océania Hôtel de France, Nantes
  • «Drawing Now», Carreau du Temple, Galerie Provost-Hacker, Paris
  • «On View», Galerie Vitrine 65, curateur Henri Guette, Paris
  • «Decade», Galerie Joseph, Curateurs Guido Pierini et Clara Pagnussatt, Paris

2018

  • «Galeristes», Carreau du Temple, Galerie Provost-Hacker, Paris
  • «Le cœur des collectionneurs ne cesse jamais de battre», L’Atelier, Nantes
  • «Art delivery #2», Open School Galerie des Beaux-arts, Nantes
  • «Décadence», Franklin AZZI, Double Séjour, curateur Thomas Havet, Paris
  • « Felicità », Palais des Beaux-Arts de Paris, Paris
  • «Prix du dessin contemporain», Beaux-Arts de Paris, Galerie Droite, Paris
  • «Art Fair / Art Paris», Grand Palais, School Gallery, Paris
  • «Prix Pierre David-Weill», Académie des Beaux-Arts de Paris, Paris
  • «100% Beaux-Arts», La Villette, Grande Halle de La Villette, Paris
  • «5mm par Heure», L’Atelier, Lauréats du Prix des Arts Visuels de la ville de Nantes, Nantes

2017

  • «Paysages, pas si sages», Biennale d’Issy, Issy-Les-Moulineaux
  • «La jeune création dans l’art contemporain», Biennale de Mulhouse 017, Mulhouse
  • «The Big Mosaïc», Kimonos Art Center, Paphos 2017 Capitale Européene de la Culture, Chypre
  • «Prix Pierre David-Weill», Académie des Beaux-Arts de Paris, Paris
  • «Une Collection #3», FrenchArt, Paris
  • «Tom GreyHound Paris», à l’occasion de la Fashion Week, Paris

2016

  • «Never Let Me Go», duo exhibition avec Chiharu Shiota, Galerie Hervé Lancelin, Luxembourg
  • «Luxembourg Art Week», Galerie Hervé Lancelin, Luxembourg
  • «The Market», Galerie Half Image, Chine, Shanghai
  • «Tout en Tourment», Le Carré, FrenchArt, Vincennes
  • «15ème Biennale d’Arts Actuels», CRAC Champigny, Champigny-sur-Marne
  • «Vidéoformes», Clermont-Ferrand
  • «Transmission», Montreuil

2015

  • «On est là pour voir le défilé», Atelier Alain Le Bras, Nantes
  • «Le clou », Nantes
  • «Novembre à Vitry», Galerie Municipale Jean Collet, Vitry
  • «Ubiquité», Galerie Loire, Ecole d’Architecture de Nantes, Nantes
  • «Projection», Espace Kiosko, Nantes

2014

  • «On n’ est pas là pour se faire engueuler», Atelier Alain Le Bras, Nantes
  • «Inauguration de la galerie Hervé Lancelin», Luxembourg
  • «Novembre à Vitry», Galerie Municipale Jean Collet, Vitry
  • «Deutsh Süd-Koreanische Freundschaft», Galerie Dulcie September, Esbanm, Nantes
  • «Jeune Création», La Chapelle Bonne Nouvelle, Melgven

2013

  • «Prix Art School», Galerie 59 Rivoli, Paris
  • «Novembre à Vitry», Galerie Municipale Jean Collet, Vitry
  • «Transcendance», Festival, Loire-Atlantique, Nantes

Résidences

2019

  • «Casa de Velazquez», Membre de l’Académie de France à Madrid, 2019/2020

Bourses, prix, aides

  • Nommé, Prix Chaumet, Beaux-Arts de Paris
  • 2018

    • Lauréat, 1% artistique, SNC Champigny La Boulonnerie et La ville de Champigny sur Marne
    • Lauréat, Aide Individuelle à la Création, DRAC de Pays de la Loire
    • Nommé, Prix du dessin contemporain des Beaux-Arts de Paris
    • Mention, Prix Pierre David-Weill, Académie des Beaux-Arts de Paris, Institut de France, Paris

    2016

    • Lauréat, Bourse Diamond, Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris
    • Lauréat, 15ème Biennale d’Arts Actuels, CRAC, Champigny sur Marne
    • Lauréat, Prix des Arts Visuels, Ville de Nantes

    2014

    • Nommé, Novembre à Vitry

    2013

    • Deuxième, Prix Art School, Paris
    • Lauréat, Prix Régional du concours «Masque» Crous de la Loire Atlantique

    Collections publiques, acquisitions

    2019

    • Mairie de Champigny- sur-Marne
    • Collection du cabinet des dessins Jean Bonna, Beaux-Arts de Paris

    2016

    • Artothèque, Nantes

    Écoles, formations

    2017

    • DNSAP Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris, with honor

    2015

    • DNSEP Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Nantes Métropole

    2013

    • DNSAP Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Nantes Métropole

    Démarche artistique

    Par son sujet et sa technique picturale maîtrisée Justin Weiler écrit sa peinture avec la lumière pour aboutir à une image en révélant les différents niveaux de noirs. Son espace, son support, fixent la lumière tel un photogramme.

    C’est dans une gestuelle minutieuse, frénétique ou encore automatique qu’il peint, mais toujours par succession de couches monochromatiques, qui lui permettent un travail en profondeur, tel un sculpteur. Chaque fine strate, démultipliée vient apporter de la luminosité.

    Son environnement quotidien est empli de vitrines de magasins.

    Elles constituent à ses yeux une frontière, un espace entre l’intérieur et l’extérieur. Souvent temporaires, en période de travaux par exemple, elles servent à cacher, à dissimuler ce qui se passe à l’intérieur ; la nuit elles occultent, ferment et protègent. On passe devant sans les voir, sans y prêter attention alors que pour lui elles sont sa matière brute. Il veut les rendre visibles, les figer, les immortaliser sur ses supports.

    Comme en synesthésie sa perception du normal s’accompagne d’une sensation complémentaire simultanée différente. Il considère cette association constante comme une force dans son travail. Cette connexion entre différentes manières de percevoir il la retranscrit plastiquement sous différentes formes, des stores, des rideaux de fer, des vanités…

    L’encre de Chine, le blanc de Meudon et d’autres matériaux, se déploient en épaisseur. L’image la plus simple est rapidement sublimée par un jeu d’ombres, de clairs-obscurs, de reflets et de transparence. Le sujet initial devient alors support représenté et la trace le dessin. Les jeux de lumières et la minutie de ses traits offrent à l’œil une vision proche de la réalité et ces œuvres exposées sur les murs deviennent alors des ouvertures. La lumière indissociable de l’ombre est traitée par un jeu de contrastes et supperposition de couches d’encre de Chine évoluant de l’obscurité à la clarté et inversement.

    C’est bel et bien l’espace et le «non-espace» qui existent sur ces façades qui lui importent.

    Durant ses années d’études, la peinture a été omniprésente dans ses recherches. Depuis, son obsession continuelle picturale a évoluée et il a opéré des changements radicaux dans son processus de création tant au niveau du médium que des supports.

    Dans sa pratique quotidienne inspirée par le réel, les voyages et les rencontres il recherche l’accident.

    L’atelier reste un lieu de recherche lui permettant de faire des expérimentations, des tests. Il veut élargir le champs de la peinture, l’étirer, le malaxer jusqu’à son point de rupture afin de tenter d’en définir sa limite. Il recherche les décalages, les accidents qui arrivent en fonction du contexte. La mise en danger engendre chez lui la création. Une idée nouvelle surgit toujours entre deux essais.

    Le mot latin «Operire» couvrir, recouvrir, cacher, dissimuler, résume son obsession et son geste artistique.

    Annie Fillon

    Présence

    Justin Weiler s’est fait connaître par de curieuses peintures sur verre à l’encre de Chine ou acrylique inspirées de motifs parfois banals : une porte de garage, un store, des plantes en vitrine…. Curieuses peintures en effet que celles de ce jeune artiste français, ni réalistes ni abstraites, proches par l’apparence de la photographie, se développant fréquemment en strates par superposition de plusieurs plaques de verres peintes, toujours signalées enfin par leur forte capacité à retenir matière et signe en lisière de matérialité et d’immatérialité, à parts égales. Présence : ces peintures-là évoquent bien le monde visible et comment notre œil le capture et le fixe. Mais absence aussi bien, perceptible dans l’artificialité caractéristique de chacune des réalisations de l’artiste. Cumulées, voisines, articulées, des formes nettes s’adossent pour l’occasion à d’autres qui s’évaporent. Un monde qui est, un monde qui disparaît. Le réel tel que nous le percevons, dans son développement, n’est-il pas fait de ce balancement constant entre ce qui apparaît et ce qui s’évanouit ?

    Pour l’exposition « Présence », Justin Weiler a travaillé plusieurs semaines en Gaspésie, sur site, dans le cadre d’une résidence d’artiste au Magasin Général. D’abord aspiré par le paysage de la côte et du Saint-Laurent, une offre visuelle et sensible d’une force d’attraction peu commune, l’artiste tourne bientôt le dos à ce spectacle magnétique pour se concentrer sur l’espace intérieur du Magasin Général, à l’étage où il officie et où seront exposés les travaux picturaux qu’il va réaliser à Sainte-Madeleine. L’ensemble des œuvres qu’il y façonne patiemment, toutes intitulées Screens, « écrans », exprime le lien spatial et synesthésique de l’artiste à ce milieu de création occasionnel, banal a priori mais parcouru pourtant, le jour et la nuit passant, de multiples jeux de lumière et d’ombre suscitant perspectives, découpes géométriques et autres zones de contact lumière-ombre aux contrastes aussi riches que subtils. Présenté diversement en diptyque ou en triptyque, chaque Screen fait en cela état d’une « présence » attentive de l’artiste à son milieu, un espace banal sans doute mais, par la grâce transformatrice du travail artistique, transfiguré, sublimé, converti en un signe fort, intrigant.

    Paul Ardenne

    Chambre 107

    Justin Weiler est peintre. Il utilise la peinture comme un matériau à sculpter. Usant d’un répertoire de formes d’éléments plutôt
    « pauvres » de l’architecture – serres, stores, rideaux de fer – il s’inspire parallèlement de techniques issues du bâtiment : le Mapp (Mortier Adhésif pour Placoplâtre), le blanc de meudon utilisé pour opacifier les devantures de commerces vides, tout en utilisant des matériaux nobles telle que l’encre de chine. Usant de protocoles perfectionnés au fil de l’évolution de ses projets, de ces différentes techniques et matériaux et sources d’inspiration, Justin Weiler réalise une œuvre profuse où la minutie, la dextérité du geste, le goût de l’effort sont tout aussi importants que la finesse du rendu et la beauté de l’œuvre.  Cette beauté surgit notamment par la lumière qui irradie ses peintures : jeux d’ombres, de clair-obscur, de reflets et de transparences, transforment l’espace qui les abrite. Révélant les différents niveaux de noirs en appliquant la peinture en multiples fines strates, l’artiste travaille ensuite la peinture en profondeur, tel un sculpteur, accrochant la lumière en mettant en valeur les contrastes.

    Pour la Chambre 107, Justin Weiler a conjugué deux vocabulaires de son répertoire. Telles les parois d’une serre, les grands verres peints épousent la hauteur significative de la chambre, et la transforment en un autel, tandis que le motif du store – transposé à la verticale pour répondre au volume de la chambre – agit comme une double peau dans l’espace.

    Peintes à l’encre de chine en de fines couches, à la frontière entre l’intérieur et l’extérieur, ces trames viennent quadriller la chambre tout en ménageant par la lumière qui les composent des ouvertures dans l’architecture.

    Allongés, les hôtes ont l’opportunité d’apprivoiser l’œuvre de manière frontale, ou déambulant ils apprécient les reflets qui s’opèrent entre les deux parois. Ils découvrent alors la lumière, principale matière utilisée par l’artiste, avant le verre et l’encre de chine. La lumière changeante, mouvante, déployée dans l’espace offre une gamme de détails et de reflets toujours renouvelée.

    Le regard créé le mouvement de la peinture dans un jeu de lignes, de compositions et de lumière.

    Jenna Darde

    Beyrouth