Artistes

Bérénice Nouvel : né en 1997 à Saint-Étienne , vit à Nantes, travaille à Nantes.

Accès à :
Tainted Love

Tainted Love, 2024KOMMET, Lyon

Expositions personnelles

2024

  • «Tainted Love», Centre d'art KOMMET, Lyon, commissariat Émilie d'Ornano, en résonnance avec la 17ème biennale de Lyon

2025

  • «Perturbations», La Borne, POCTB, Aubigny-sur-Nère

2026

  • «Restitution de résidence », CAC Pontmain

Expositions collectives

2025

  • «"PUFF PAINTING", Atelier Alain Lebras, Nantes», en duo avec Élise Legal
  • «"Bisou Bisou", Maison Vide, Crugny»

2024

  • «“Peins-mi et peins-moi sont sur un tableau”, Le Grand Huit, Nantes.»

2023

  • «"Host Call 3", galerie Open-School, Nantes»

Résidences

2026

  • «Résidence au centre d'art contemporain de Pontmain»

Bourses, prix, aides

2024

  • AIC Drac Pays de la Loire

2025

  • Aide à la création du département Loire-Atlantique

Collections publiques, acquisitions

2023

  • Art Delivery, artothèque des beaux-arts de Nantes

Écoles, formations

  • DNSEP beaux-arts de Nantes
  • 2021

    • DNA beaux-arts de Lyon

    "Bérénice Nouvel, des grincements par l'illusion", The Steidz, 2023

    Bérénice Nouvel peint des frites et des trompe-l’œil, « pimpe » des voitures avec des messages qui annoncent l’arrivée puis la fin de l’été et propose des expositions pour chiens. L’artiste cherche à faire surgir un grincement : l’humour et la surenchère de moyens doivent toujours laisser une place pour penser le degré de naïveté dans lequel on se laisse prendre, ou non.

    Ses œuvres sont toujours saupoudrées d’une forme d’humour et d’amusement, l’artiste assumant sa « volonté de défendre une attitude positive en art ». Bérénice Nouvel (née en 1997, Saint-Priest-en-Jarez) utilise des « motifs génériques » qui reviennent d’œuvre en œuvre, des objets récurrents qui sont autant de référentiels à notre société occidentale actuelle et plus particulièrement au monde de la consommation. Frites, cœurs, téléviseurs, et packagings divers sont reproduits et assemblés par couches. Il s ‘agit pour l’artiste d’utiliser des images préexistantes pour « leur capacité à capter des émotions intimes ». Plus que l’image elle-même, c’est l’affect que celle-ci produit qui intéresse Bérénice Nouvel, pour qui « les objets de consommation sont envisagés pour leur valeur anthropologique d’attachement ». L’enjeu étant ce que les motifs produisent, comment ils séduisent, l’attraction visuelle doit d’autant plus être forte. Le format, l’échelle, les couleurs utilisées doivent ainsi attraper et accrocher le regard puis « créer un impact », selon elle. Du slogan à la poésie, du crush à la relation amoureuse, les œuvres rejouent ou approfondissent ce qui est en train de se produire au-delà de la rétine du spectateur.

    Plus que de dépasser, Bérénice Nouvel parle de « déplacer ». Sa production artistique induit des alternatives : alternatives aux produits, à ce qu’ils nous font ; alternatives aux lieux de monstration des œuvres. On peut croiser ses peintures mises en scène dans la nature, dans une vitrine d’une boutique, en adhésif sur une voiture ou dans l’espace public, dans la rue. L’artiste cherche à contextualiser son travail, à le rendre accessible au-delà des lieux d’exposition et à « mettre la peinture au défi ». De même que les superpositions d’éléments qui composent ses toiles, photographier les œuvres dans tel ou tel contexte est pour elle une couche supplémentaire, un « autre moyen de produire une image ». Les peintures peuvent ainsi être mise en scène avec sa chienne, Cola, qui revient tel un personnage de bande dessinée ; ou bien, des voitures peuvent devenir des peintures ambulantes et ainsi « investir l’espace quotidien » pour, éventuellement, parler au plus grand nombre.

    C’est aussi une manière pour Bérénice Nouvel « d’affirmer d’où elle vient » et d’assumer ce « regard d’en bas », un prisme depuis l’intime plutôt que l’universel, un partage envisagé de manière horizontale plutôt qu’une transmission verticale. « Si des choses me touchent, elles pourront toucher d’autres personnes », affirme-t-elle. Des morceaux de la vie personnelle de Bérénice s’inscrivent dès lors dans ses œuvres, puisqu’elle est inspirée tant par l’histoire de son père, enseigniste, que des produits de consommation préférés de ses amis. Cette « autobiographie fictive » qui se tisse au fur et à mesure de son travail prend le parti pris d’une narration couchée sur le papier, un travail d’écriture qui s’imbrique à celui de la peinture… Et en renforce les aspects de sympathie et de douceur que l’on peut ressentir ici.

    À travers ses œuvres, l’artiste crée un lien presque amical avec le public. Pourtant, « quelque chose de trop doux peut devenir grinçant » comme elle le dit, et Bérénice Nouvel joue avec ce degré de naïveté par lequel on peut se laisser prendre. Derrière la « reconnaissance immédiate » peuvent se faufiler les mécanismes de la tromperie : qu’ils soient visuels ou qu’ils considèrent nos affects ou intellects. Trompe-l’œil, trompe-cœur. •

    Laëtitia Toulout

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    Extrait du texte de l’exposition “Tainted Love” à KOMMET, Lyon, du 13/12/24 au 08/02/25.

    La pratique artistique de Bérénice Nouvel s’inscrit dans un jeu subtil d’illusions visuelles, déstabilisant volontairement la perception des spectateur·rices. Ses œuvres, qu’il s’agisse de toiles tendues, de bas-reliefs ou d’objets hybrides, étendent le langage pictural. En manipulant les matériaux mêmes de la peinture (châssis, toiles, pigments) elle explore les relations entre le faux et le réel, entre l’objet et l’image. Elle bouscule les codes traditionnels de la peinture en repoussant ses frontières habituelles. À travers des trompe-l’œil, Bérénice Nouvel s’appuie sur des motifs fictifs qui convoquent des univers variés allant de l’artisanat à la culture populaire en passant par le décor de théâtre.

    Émilie d'Ornano

    Présentation du rituel saisonnier ‘Fini l’été’ pour son activation dans le cadre de la soirée de rentrée 2024 de la Maison Salvan (Labège).

    Abordant le vrai et le faux, des signes du matérialisme effréné de l’époque, Bérénice Nouvel déplace la peinture avec beaucoup de fantaisie et d’engagement. Que ce soit en salle d’exposition, ou bien en pleine nature avec sa chienne Cola, par les choix de formats, de sujets, de situations, l’artiste chahute la haute autorité du médium peinture avec beaucoup de tendresse et sans fausse posture radicale.

    Paul de Sorbier

    catalogue de l’exposition collective du prix Host Call 3, Juin 2023

    Tout est plein chez Bérénice Nouvel, couleurs en aplat, formes mimant (par la 2D) ou reproduisant (en sculpture) l’existence réelle d’objets manufacturés ayant pour particularité d’être conjointement contenants d’une matière à consommer et supports publicitaires. Le jeu est multiple, il interroge l’authentique, l’original, la copie, le désir, la consommation, le support, la projection. Le médium peinture devient le moyen d’interroger les informations qui saturent l’espace visuel et mental du quotidien. Renvoyant à la peinture populaire congolaise (on pense à Chéri Samba) ou à Pierre Huygues pour l’incursion dans les marges, décors du présent, le travail articule vrai et faux, toc, tragique de l’anthropocène, et inconscient collectif du consommateur occidental contemporain. La présence de Cola, sa chienne, sur des photos de mise en situation d’œuvres (peinture sur voiture, affiche tendue sur un mur, tableau représentant l’os convoité), convoque l’autofiction et le kitsch. L’aspect frontal du travail en est la tangente : sans commentaire, restitution presque neutre, l’œuvre offre au spectateur un regard sur le machinal de sa vie.

    Clare Mary Puyfoulhoux

    Présentation des lauréat.e.s 2026
    Portrait à l'atelier au collectif Bonus, 2024. Crédits photo: Antoine Denoual.

    13 rue d'orléans
    44000 NANTES, France

    Tél. : 0682402985
    nouvelberenice@gmail.com
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