Artistes
Emilie Hirayama : vit à Nantes, travaille à Paris et Nantes.
Birdstone, 2022Fonds de dotation Verrecchia, Versailles
Expositions personnelles
2024
- «Fantaisie de la contrainte», Galerie du Rayon Vert, Nantes
2023
- «Le Bazar bleu», Maison de l'Erdre, Nantes
- «La Belle affaire», La Borne, POCTB, Puiseaux
2022
- «Frontières», Centre d'art île Moulinsart, Fillé-sur-Sarthe
2016
- «Art Discount», Atelier 13-16, Centre Pompidou, Paris
2015
- «Party Squash», Ville Noailles, Hyères
Expositions collectives
2025
- «Romance in the stone, de la roche à l'oeuvre», Musée de Minéralogie, Paris
2024
- «Biennale Plein Air, Archipel art contemporain», Parc Thermal du Fayet, Saint Gervais
- «Topographie intime», Atelier Alain Lebras, Nantes
2023
- «Biennale Emergences, Studio Couleur», Centre National de la Danse, Pantin
- «Le Grand Paris en mouvement», Cité de l'architecture et du patrimoine, Paris
Performances
2025
- «Paint and sound », Bridderhaus, Konschthal, Luxembourg
Résidences
2022
- «Résidence de recherche», Collectif Blast, Angers
- «Résidence de création», Centre d'art MoulinSart, Fillé-sur-Sarthe
- «Résidence de recherche», Château de la Maye, Fonds de dotation Verrecchia, Versailles
2021
- «Résidence de création autour du pain», La pierre à pain, île de Vassivières
2017
- «Designer résident», Fabrique nomade, Paris
2014
- «Résidence de recherche», Villa Barbery, Kyoto
Bourses, prix, aides
2024
- Aide à la création, Département de Loire-Atlantique
2022
- Lauréate bourse "Matière", Fonds de dotation Verrecchia
- AIC, Drac Pays de la Loire
- Aide à la création, Département de Loire-Atlantique
- Aide au projet de création, Région Pays de la Loire
Publications, diffusions
2021
- «Fantaisie de la contrainte, Revue Profane»
Commandes, 1% artistiques
2020
- Réalisation d’une série de vidéos autour de la fabrication des objets du quotidien en France pour la web-série Mon Oeil, Centre Pompidou, Paris
Workshops, enseignement
2025
- Workshop "Paint and soud", Bridderhaus, Esch, Luxembourg
2024
- Workshop "Paint and sound", Festival de création numérique Kikk, Namur
- Worskhop, "Paint and sound", Makerfest, Parteneriat avec la Konschthal, Luxembourg
2023
- Workshop "mobilier en pierre", La Source Garouste, Paris
- Workshop "Arche en pierre marbrée", Fonds de dotation Verrecchia, Biennale Emergences, Pantin
- Worshop "Cartes postales", Musée de la Poste, La Source Garouste, Paris
- Birds orchestra, Festival de création numérique Kikk, Namur
2022
- Les chantiers partagés, "Métrolodie", le 104, Grand Paris, Le Réacteur, Issy-Les-Moulineaux
- Atelier Suminagashi, Centre d'art île Moulinsart, Fillé-sur-Sarthe
2020
- Workshop "Sans filtre", Centre Pompidou
2010
- Workshop de conception d'une lampe réalisée en rebuts de pièces automobiles, Programme "Design et diversité, Lycée Professionnel Château d'Epluches
Écoles, formations
2015
- Ecole Nationale Supérieure de Création Industrielle, Paris
2009
- Design de produit, ENSAAMA Olivier de Serres, Paris
Autres
2023
- Table ronde, Création sur le territoire Est ensemble, avec le fonds de dotation Verrecchia et la fondation d'entreprise Hermès
- Présentation de recherche autour de la rencontre de savoir-faire, dans le cadre de l'Académie des savoir-faire, Fondation d'entreprise Hermès, Château de la Maye
2020
- Série "A sunset a day", catalogue d'exposition d'Arterritoires
Démarche artistique
Mon identité métissée se reflète à travers mon intérêt pour l’hybridation des formes.
Elle m’invite à jouer avec les frontières des médiums avec lesquels je compose : la peinture, l’installation, la sculpture, l’écriture. Mon attachement aux figures ignorées qui peuplent le quotidien me questionne sur l’origine de ces formes modestes et leur transmission. La recherche de trajectoire d’un artefact m’engage à enquêter sur sa vie invisible : les savoir-faire qu’elle convoque, les personnes qu’elle relie, les histoires intimes qu’elle écrit.
Je revendique une anthropologie par le faire en utilisant les protocoles propres à cette discipline : l’exploration des territoires, la rencontre, le journal de bord. Le détournement des outils, la répétition du geste sont une exploration de la variation : des reproductions d’empreintes altérées pour en révéler leur propre unicité. Je réarrange les objets que je collecte pour mettre en scène l’intimité de leur histoire personnelle.
Je mélange un langage emprunté à une culture de l’image industrielle : les couleurs bigarrées se mêlent aux teintes crépusculaires, la précision des dessins aux flous des états de surface, la répétition des compositions au chaos de la profusion. Les supports se multiplient, les étendards en textile, le papier peint, les plaques de pierre, deviennent des éléments constitutifs de leur propre espace.
Je vise à rendre une matière inerte, vivante. Sortir ces narrations de l’anonymat estune manière de témoigner d’une humanité qui se révèle au cours du processus de transformation. Ce sont des passerelles qui tendent à leur donner une place dans une archive du présent, une mémoire du futur.
Emilie Hirayama
Au-delà de la surface
Emilie Hirayama est une artiste franco-japonaise basée à Paris, cofondatrice du studio de design et d’art Super Surface qui transforme la scénographie, la conception de décors, le design de vente au détail et le mobilier en pièces uniques.
Pourquoi êtes-vous tombé amoureux de l’art ?
C’est arrivé comme ça. De mémoire d’homme, j’ai toujours aimé façonner les choses à ma façon. Je n’attends pas que quelqu’un d’autre y pense et le réalise, car je sais exactement ce que je veux. Je ne sais pas si j’ai changé le monde, mais au moins, je fais en sorte que le monde qui m’entoure soit à mon image. C’est ma façon de vivre.
Comment perçoit-on la beauté d’une chose ?
Ce n’est pas mental. C’est vraiment émotionnel. Plus je crée, plus je sais précisément ce que j’aime. C’est une question de ressenti, difficile à expliquer. Je n’avais pas l’intention de peindre mon premier tableau, c’est arrivé naturellement. Je ne réfléchis pas. Je sais juste qu’il y a un chemin à suivre. On reconnaît la beauté d’une chose quand on la voit. Ça ne passe pas par la tête. C’est viscéral, instinctif. Je crois sincèrement que lorsqu’on regarde attentivement les choses, quelles qu’elles soient, on y trouve de la beauté. La beauté est quelque chose que l’on crée par le regard porté sur les choses ; elle n’existe pas en soi. C’est notre façon de les regarder qui les rend belles.
Parlez-nous de ce style ?
Voici un art de marbrure très ancien appelé « Suminagashi », une technique japonaise datant du XIIe siècle. À l’origine, il s’agissait d’une méthode de méditation pour les moines. Ils déposaient de l’encre noire à la surface de l’eau à l’aide de pinceaux. L’encre, légèrement huileuse, flottait à la surface. Le motif habituel consistait en plusieurs cercles. Une fois ce motif réalisé, il suffisait de souffler sur l’eau pour le modifier. Ensuite, on l’imprime sur le papier simplement en le faisant glisser sur la surface. C’est donc vraiment une question de présence, car chaque pièce est unique. Et c’est vraiment fait en une seconde, c’est vraiment instantané, c’est vraiment une forme de méditation. J’aime l’idée que la technique me contrôle autant que je la contrôle. Et, oui, j’aime cette notion de flux.
Alors c’est ça un dialogue ?
Oui, c’est vraiment un dialogue. J’ai développé une approche colorée, plus reconnaissable dans mon travail, et je cherche à faire évoluer ma gestuelle. Je travaille actuellement sur une nouvelle gestuelle pour la mise en forme du papier. Je tente de trouver un équilibre entre 2D et 3D, afin de créer une œuvre en 2D avec une dimension tridimensionnelle. J’aime l’idée de réinterpréter le geste traditionnel avec ma propre technique, de me l’approprier, d’y ajouter ma touche personnelle. La deuxième étape est plus créative, je dirais.
Pourquoi avons-nous réellement besoin d’esthétique ?
Nous avons besoin d’esthétique, surtout dans notre vie quotidienne, pour nous sentir connectés au monde et mieux comprendre nos émotions. L’art contribue également à améliorer les relations entre les personnes. L’art permet d’ouvrir de nouvelles perspectives, de nouvelles possibilités. Car il fait appel à l’intuition. Les artistes perçoivent les moindres détails ; j’essaie de vivre chaque jour intensément. La fonction esthétique est essentielle dans un objet, car c’est elle qui dialogue avec nous au quotidien. Cela nous apprend aussi à voir que chaque objet est précieux, qu’il s’agisse de peinture ou de lumière. J’ai le sentiment que la beauté est très vaste dans ce que nous pouvons lui faire exprimer.
Que pensez-vous du temps ? L’art est-il une chose éphémère ? A-t-il une dimension éternelle ?
Les choses intemporelles résonnent avec les origines de l’humanité, elles sont vraiment puissantes. Nous évoluons et transformons la société, mais le besoin d’exprimer nos émotions et nos sensations demeure. La beauté a toujours été présente. Elle résonne avec nos origines et adresse un message à l’avenir.
Fonctionnalité ou esthétique, que préférez-vous au quotidien ?
Je crois que c’est un équilibre entre les deux, et cela se ressent dans mon atelier. Ici, tous les objets sont fonctionnels, mais beaucoup offrent une expérience visuelle ou recèlent des détails ingénieux dont je profite au quotidien. En fait, l’ensemble crée une forme de beauté, et je pense qu’en réalité, la fonction esthétique est essentielle. Ce qui compte pour moi, c’est de prêter attention aux choses. Je pense que dans 5 000 ans, les gens pourront observer et se dire, à propos des vestiges : « Il y avait quelque chose dans cet objet, une sorte d’héritage pour l’avenir. »
Natasha Klimchuk, 2025

