Artistes

Gisèle Bonin : born 1975 in Clermont-Ferrand, lives and works in Angers.

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Lombes

Lombes, 2014Musée Jules Desbois, Parçay les Pins

GG

GG, 2008Angers

NY

NY, 2007Angers

CM

CM, 2007Angers

GM

GM, 2007Angers

PY

PY, 2007Angers

TY

TY, 2006Angers

Solo exhibitions

2024

  • Galerie Alexandre, Bernay

2022

  • Galerie Catherine Robet, Belfort (avec Haleh Zahedi)

2021

  • Galerie L’Openbach, Paris (avec Cécile Benoiton)
  • «Confusions», AMAP de Saint-Malo

2020

  • Galerie-librairie La Folie en tête, La Réole

2019

  • «Intimacies», Galerie Mayeur Projects, Las Vegas New Mexico, USA
  • Galerie LTK, Angers

Group exhibitions

2023

  • Fonds Municipal d’art contemporain de Gentilly
  • «Perceptions», Musées / Artothèque d’Angers

2022

  • «Être chair», Galerie Françoise Besson, Lyon (avec Blanche Berthelier et Olivier Ficher
  • «Plis et Replis», Aponia (Eglise Saint-Jean), Monastier sur Gazeille – Avec Armel Jullien et Jérémy Faivre – Commissariat Eva et Alain Barret, Aponia

2021

  • «Se souvenir d’un autre espace», Galerie Hors-Champs, Paris – Commissariat Hannibal Volkoff

2018

  • Galerie Le Phare Boréal, Les Sables d’Olonne
  • «Suites résidentielle», Artothèque de Caen – Commissariat Claire tangy et Jérôme Letinturier
  • Vente aux enchères Artcurial le 19 juin (au profit de Art For Autism)
  • «Dessins contemporains», Galerie LTK, Angers
  • «Anatomies», Musée Atger et Galerie N5, Montpellier
  • «Welcome Home», Galerie RDV, Nantes

2016

  • «Dialogues dessinés», Galerie Mélanie Rio, Paris

2015

  • Prix Arts à la Pointe, Audierne
  • «Checkpoint», Chapelle de Boondael, Bruxelles

Residencies

2024

  • Invitation Saffca : Lion Sands, South Africa
  • Ecole d’Arts Plastiques de Saint-Malo

2016

  • Centre d’art 2Angles, Flers

Grants, awards

2010

  • Bourse d’aide au projet de création – Région Pays de la Loire

2009

  • Bourse d’aide matérielle à l’installation – DRAC Pays de la Loire

Publications, broadcasts

2022

  • Revue KA , Lyon, (par Kojak design)

2017

  • Commande de 5 lithographies, collection privée Cristalis / L’Odeur de l’Encre, Nantes (avec Le Petit Jaunais, 2014: « Gisèle BONIN, une esthétique du toucher »
  • Article de Marie-Hélène Gauthier, dans la revue Alkemie (livret iconographique d’accompagnement)

2014

  • Catalogue de l’exposition Lombes – Musée Jules Desbois (texte critique : Julie Crenn)
  • Revue littéraire Dissonances n°25, mise en image monographique

2013

  • Catalogue de l’exposition EntreOuvert – Musée des Beaux-arts d’Angers (textes critiques: Philippe Piguet et Christine Besson – Créations littéraires : Jean-Noël Blanc, Christian Garcin, Denis Lachaud, Isabelle Minière, Eric Pessan, Jacques Serena, Carole Zalberg)

2011-2013

  • En attendant, Michel Butor, Gisèle Bonin – Poème inédit et dessins – Éditions L’instant Perpétuel
  • Le Dit du mineur, Michel Butor, Gisèle Bonin – Poème inédit et dessins – Éditions L’instant Perpétuel

Public and private collections

  • Collection d’art contemporain – ville de Gentilly
  • Collection Centre d’art contemporain Aponia
  • Musées/Artothèque d’Angers
  • Le Radar, Bayeux
  • Artothèque de la Roche-sur-Yon
  • Artothèque d’Hennebont
  • Galerie artothèque 2angles Flers
  • Education, training

    2005

    • DNSEP - TALM Angers

    Mémoires en promenade

    (…) G.B n\’est pas en quête de certitudes. Elle leur préfère le tourment de l\’indéfinition.

    Progressivement les partitions anatomiques- téton, genou, cou, pubis- qui disaient le corps en ses différents états se sont muées en « vues de l\’esprit ».

    Voici la suggestion d\’un sein effleuré d\’un crayon rouge qui pointe la possibilité d\’un désir.

    Plus encore, l\’étendue indéfinie d\’un modelé peu localisable ranime le fond où gît l\’inquiétude.

    On comprend alors que la perte de la représentation ou son repli dans l\’inframince1 libère un espace à peine lisible où la mémoire minée, carminée des gestes questionne le sens profond des choses.

    Le spectacle du corps est recouvert d\’un voile mental. Un glissement géo morphique nous a menés au c?ur d\’un désert rouge 2. Nous ressentons « la dissolution des yeux dans les lacs écarlates de la feuille »3.

    Le silence s\’est déposé en poussières rouges.

    Nous mourrons plus tard. Sans carnage.

    Francis Limérat, janvier 2009

    1. cf Marcel Duchamp
    2. cf Michelangelo Antonioni
    3. Gisèle Bonin, notes de travail

    Cette bête que tu as sur la peau

    \” Gisèle Bonin dessine au plus près de la matière. Que son crayon s’attaque à l’épiderme, à une chevelure, un infime détail de corps, poils ou nombril, Gisèle Bonin s’éloigne de l’identité et de l’anecdote pour révéler la matérialité même des choses et la lumière qui en transparaît ? Oui, le travail est virtuose, mais il a la force de ne pas se suffire de cette habileté pour nous interroger avant tout sur la matière, sur le temps… Et dans le travail réalisé pour Cette bête que tu as sur la peau, on s’étonne de tant d’émotion dans le plissé alourdi d’une couverture\”.

    Les Editions du Chemin de Fer, 2011

    Rencontre avec Gisèle Bonin

    La première fois que j’ai rencontré Gisèle Bonin, elle était à sa table de travail, noircissant de la pointe de son crayon, une feuille de papier, par petites touches successives, précises, inlassablement répétées, presque mécaniques, sans jamais relever la tête, à la vitesse d’une larve d’insecte dévorant d’une façon déterminée et sans relâche, une feuille de rosier.

    C’est en observant attentivement son travail que cette comparaison me vint à l’esprit. Dans les deux cas, il y a une feuille, la première apparaît de plus en plus lisible au fur et à mesure que le crayon avance, la deuxième disparaît inexorablement sous les mandibules acérées de la chenille.

    Mais là s’arrête la comparaison. L’art de Gisèle Bonin est tout autre. A vrai dire, il conviendrait de parler de styles, celui du point et celui du volume. Celui du point parce que le crayon, qu’il soit mine de plomb ou pastel, est essentiel. La progression de son dessin se fait par points juxtaposés comme des agrégats d’atomes formant une molécule imaginaire, une nébuleuse cosmique. Aucune ligne droite, ni même courbe, aucun trait, même suggéré. La progression de son dessin se fait comme une petite vague montante qui dépose sans cesse de petits grains de sable sur une plage avide et accueillante.

    Quant au volume, il convient de prendre un peu de recul car ce qu’on le croyait être un jeu curieux et facile, est en réalité une technique qui permet grâce à l’intensité du crayon sur le papier, par la juxtaposition des nuances du graphite du plus clair au plus foncé, détermine une forme, un volume et ce volume peut être au gré de l’artiste, un paysage, ou plus récemment dans ses dernières recherches, un élément constitutif du corps humain : un bras, une jambe, un torse ou le creux d’une main.

    Ce procédé ou cette technique peu commune, modeste au premier abord mais spectaculaire quant au résultat, est, à ma connaissance, unique. Ce qui fait de Gisèle Bonin une artiste tout à fait originale.

    Concernant ses thèmes, le spectateur peut être dérouté car ses œuvres ne sont pas spectaculaires au sens médiatique du terme. L’œuvre est plutôt intimiste, confidentielle, dérangeante, voire agressive. Quels sont ces corps ? Des fragments de statues antiques, des éléments décoratifs de la Renaissance, des corps démembrés d’une guerre ancienne, des plâtres provenant de l’atelier de Rodin, des lambeaux de corps humain extraits d’un charnier…C’est à la fois beau, puissant et morbide, mais morbide comme un sonnet de Baudelaire.

    Lombes, tel est le titre de l’exposition qui se tient depuis le 14 juin au musée Jules-Desbois. Gisèle Bonin y présente des œuvres récentes directement inspirées ou en résonance avec L’Hiver ou le Sisyphe de cet admirable sculpteur, collaborateur de Rodin. Autres que les dessins qui placés auprès des sculptures semblent être comme des frottis faisant ressortir le grain du marbre comme une peau arrachée, une installation monumentale de quatre immenses panneaux de tissus suspendus, intitulée Sisyphe 2014, évoque le désespoir de l’homme de tenter d’échapper à une mort inévitable.

    Le travail de Gisèle Bonin est original et très novateur. Les plus petits dessins sont souvent les plus puissants. C’est beau, intense, troublant. On ressort de l’exposition comme différent, on ne peut pas être indifférent.

    Enfin, ce petit musée, véritable écrin pour les œuvres de Jules Desbois, artiste génial malheureusement si peu reconnu, et qui plus est, situé à l’écart des centres culturels et artistiques, a su en accueillant le travail de Gisèle Bonin, assurer une transition, voire une continuité entre un fabuleux artiste du passé et une jeune plasticienne contemporaine.

    Rappelons quand même, s’il en était besoin, que le Musée d’Orsay possède dans ses collections plusieurs œuvres de Jules Desbois dont une statuette en terre cuite, Torse d’homme et La misère, autre esquisse en terre cuite, sur socle de marbre : deux œuvres majeures de l’artiste, né en 1851 à Parçay-les-Pins. Ces réalisations magistrales ont été reconnues par les critiques du temps comme une valeur sûre de la sculpture française (excusez du peu !). Les musées d’Angers et de Nancy ainsi que le musée Rodin à Paris possèdent aussi des plâtres ou terres cuites de Jules Desbois.

    Jules Desbois a tenté de trouver sa propre vision de l’expressionnisme, tout en adoptant à son tour, l’invention principale de Rodin : le fragment présenté comme une œuvre d’art.

    Une filiation Rodin, Desbois, Bonin est assurément osée. Gisèle Bonin l’a tentée !
    Parçay-les-Pins, le 1er juillet 2014

    Jacques Chesnais

    L’artothèque : artistes en création
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