Artistes

Hélène Delépine : née en 1987 à Pont-Audemer, vit et travaille à Nantes.

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Dans l’épaisseur du sol

Dans l’épaisseur du sol, 2024Le MAT centre d'art contemporain du Pays d'Ancenis , Teillé, Trans‑sur-Erdre et Riaillé

Construire, corrélations entre le dessin et la céramique

Construire, corrélations entre le dessin et la céramique, 2023Espace d'art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge

L’éphémère et l’éternel

L’éphémère et l’éternel, 2023Abbaye royale de Fontevraud, Fontevraud-l'Abbaye

Translation

Translation, 2022Galerie LAC&S LaVitrine, Limoges

Abbaye Saint-André

Abbaye Saint-André, 2021-2022Centre d'Art Contemporain, Meymac

Nager entre deux eaux

Nager entre deux eaux, 2022Galerie Hors-Champ, Loire-Authion

Expositions personnelles

2025

  • «Tenir bon», Cour-Carrée, Couëron
  • «Orles», La Gâterie, La Roche-sur-Yon
  • «Aubes souterraines», Galerie MIRA, Nantes
  • «Restitution de résidence Art et Entreprise», Centre d’art contemporain de Meymac et Tiers-lieu Au Beau MilLieu, Abbaye Saint-André, Meymac
  • «Monuments ordinaires et nouveaux vestiges», Galerie 29, Châteaubriant

2024

  • «Dans l’épaisseur du sol», CAC, Le MAT, Riaillé, Teillé, Trans-sur-Erdre (expo itinérante)
  • «L’apparition des reliques», L.A. Galerie, Eu
  • «Ici-haut», Collège Le Campigny, Blangy-sur-Bresle

2023

  • «Déplacer des placés», Collège Bellestre, Bouaye

2022

  • «Nager entre deux eaux», Galerie Hors-Champ, Loire-Authion (invitation : FRAC Pays de la Loire, Département Maine-et-Loire et Commune Loire-Authion)

2021

  • «Hélène Delépine», CAC, Abbaye Saint-André, Meymac
  • «Formes mues», Lycée Jacques Prévert, espace d’art actuel, Pont-Audemer

2020

  • «Ici là», Galerie du collège Victoire Daubié? Saint-Philbert de Grand Lieu
  • «REM(A)INDERS», Les Ateliers PCP, Saint-Nazaire

2019

  • «L’ailleurs et le jadis», La Forme (lieu d’exposition art contemporain et architecture), Le Havre
  • «Réciproque», Espace Gainville, Ecole d’art Claude Monet, Aulnay-sous-Bois

2017

  • «Décollage #1», (dans le cadre du projet éditorial La Mire #1), IF, Limoges
  • «Semblables», Galerie du Collège Marcel Duchamp, Ecole Municipale des Beaux-Arts de Châteauroux

Expositions collectives

2025

  • «Tempus fugit», Collection du Frac des Pays de la Loire, Carquefou
  • «L’étendue rêveuse», Galerie Margaux Tangre, Cherbourg
  • «Point, ligne, plan», Galerie Virginie BARO, Anglet
  • «Les lieux des autres», Avec Antoine Caclin, Gaëlle Cressent et France Parsus, Grand Huit, BONUS, Prix des Arts Visuels, Nantes
  • «Réalités imaginaires», Galerie Virginie BARO, Ainhoa

2024

  • «Soleil Mauve», P.B. City, Lyon

2023

  • «OWNART», Galerie LAC&S Lavitrine, Limoges
  • «Présentations #4», CAC, Le MAT, Montrelais
  • «De Visu #7», Ecole supérieure d’arts et médias, Caen
  • «Construire, corrélations entre le dessin et la céramique», Commissariat : Clotilde Boitel, Espace d’art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge
  • «Un été à Fontevraud», Abbaye Royale de Fontevraud

2022

  • «Présentations #3», CAC, Le MAT, Montrelais
  • «Translation.», Avec Lidia Lelong et Maxime Thoreau, commissariat : Lidia Lelong, Galerie LAC&S Lavitrine, Limoges
  • «Oripeau», 10 ans des ateliers MilleFeuilles, Trempolino, Nantes
  • «Petits formats #3», Galerie Les2portes, Besançon

2021

  • «Voyage sans arrêt», Avec Pauline Toyer, proposition : Clémence Thébault, Z.A.N Gallery
  • « Faire le mur», (dans le cadre du WAVE, week end arts visuels), MilleFeuilles, Nantes
  • «Elément TERRE», Prieuré de Pont-Loup, Le MUR, Moret-Loing-et-Orvanne

2020

  • «FLASH», Le Radar, Bayeux
  • «De Visu #4», (réseau d’espaces d’art actuel en milieu scolaire et universitaire en région Normandie), Exposition inaugurale dématérialisée, Le Radar, Bayeux

2019

  • «Biennale Internationale création contemporaine et céramique», Vallauris
  • «Jeune création européenne», Saint-Quentin-la-poterie
  • «Les Journées de la céramique», (sur une invitation de Haguiko et Jean-Pierre Viot), Place Saint-Sulpice, Paris
  • «MacParis», Bastille Design Center, Paris
  • «Hélène Delépine, Rémi Galtier, Maxime Robert», La galerie du centre, Limoges
  • «Sous un ciel maladivement lumineux…», Atelier Alain Le Bras, Nantes

2018

  • «Actions, séries, multiples», LAC&S Lavitrine, Limoges
  • «48h/48€», Les Ateliers de la Cour, Pont-Audemer
  • «Le Grand Atelier, From the hidden to the seen», MilleFeuilles, Nantes

2017

  • «Actions, séries, multiples», LAC&S Lavitrine, Limoges
  • «Cf. Porosités», Espace Jules Noriac, Limoges
  • «Ceramic Event VIII», Galerie de l’ô, Bruxelles
  • «5ème Biennale du Secours Populaire», Limoges

2016

  • «Biennale Chemin d’Art», Saint-Flour
  • «Translation», (dans le cadre des rencontres interassociatives de la FRAAP), Collectif .748, IF, Limoges

2015

  • «Céramique 14», Paris XIVe
  • «Biennale de la jeune création contemporaine Mulhouse 015», Mulhouse
  • «Sit-In», Festival La culture au grand jour, Limoges

2014

  • «Hélène Delépine, Thomas Desveaux, Maxime Robert», Café République, Limoges
  • «Première», Le BBB Centre d’Art, Toulouse

Résidences

2024

  • «Résidence Art et Mondes du travail», CAC Meymac, Entreprise Tegulys, Tiers-lieu Au Beau MilLieu, DRAC Nouvelle Aquitaine, Ministère de la Culture

2023

  • «Résidence Entre les murs», Abbaye Royale de Fontevraud, Région Pays de la Loire

2022

  • «Résidence Hors les murs», FRAC des Pays de la Loire, Commune de Loire-Authion

2017

  • Résidence, école Municipale des Beaux-Arts de Châteauroux

Bourses, prix, aides

2025

  • Aide à la création en arts plastiques – Département de Loire-Atlantique

2024

  • Prix des arts visuels – Ville de Nantes

2019

  • Aide au projet de création arts visuels – Région Pays de la Loire

2016

  • Aide Individuelle à la création – DRAC Aquitaine Limousin Poitou‑Charentes

Publications, diffusions

2024

  • «Ceux qui viennent sont ils déjà présents et sont ils déjà venus ?», Thibault Le Forestier, fiction réalisée à l’occasion de l’exposition L’apparition des reliques à L.A. Galerie à Eu, septembre

2023

  • «Du dessin au volume», Clotilde Boitel, à l’occasion de l’exposition collective Construire, corrélations entre le dessin et la céramique à l’espace d’art contemporain Camille Lambert, Juvisy-sur-Orge, catalogue édité à 500 exemplaires par l’Établissement public territorial Grand-Orly Seine Bièvre, novembre

2022

  • «Nager entre deux eaux», Entretien avec Vanina Andréani, responsable du pôle Exposition-Collection au Frac des Pays des Pays de la Loire, catalogue édité à l’occasion de l’exposition personnelle Nager entre deux eaux à la galerie Hors-Champ, éditions 303, juin

2021

  • «Maintenir le volume dans la sobriété du signe plutôt que de valoriser l’épanouissement de la forme», Jean-Paul Blanchet, Petit Journal des expositions, Abbaye Saint André, Meymac – centre d’art contemporain, décembre

2019

  • «Hélène Delépine – Les feus lotis», Par Louis Doucet, juillet
  • «L’ailleurs et le jadis», Entretien avec La Forme, lieu d’exposition art contemporain et architecture, Le Havre, juin

2017

  • «La Mire #1», Editions Impression, Limoges

2016

  • «Réciprocité de l’être du savoir-faire», Septembre Tiberghien, biennale Chemin d’art 2016, n°3, édition Ville de Saint-Flour, juillet

2014

  • «Baliser les routes de l’imaginaire», Jean-Paul Blanchet, Première 2013, Abbaye Saint André, Meymac, centre d’art contemporain, BBB centre d’art, février

Collections publiques, acquisitions

2025

  • Fond régional d’art contemporain des Pays de la Loire, Carquefou

2020

  • ArtDelivery, Artothèque des Beaux-arts de Nantes
  • Artothèque du GAC, Annonay

2016-2025

  • Collections privées

Workshops, enseignement

2025

  • Artiste intervenante, formatrice, itinéraire PEAC, Communauté de Communes Châteaubriant-Derval
  • Module Initiation au tour de potier, AMAC et MilleFeuilles

2024

  • Artiste intervenante, formatrice, itinéraire EAC, Centre d’art contemporain Le MAT
  • Module Initiation au tour de potier, AMAC et MilleFeuilles
  • Dispositif De Visu, DRAC, académie et région Normandie

2023

  • Artiste intervenante, formatrice, rencontre des acteurs des arts plastiques et visuels en Nouvelle-Aquitaine, réseau ASTRE
  • Module Initiation au tour de potier, AMAC et MilleFeuilles
  • Dispositif passCulture, collège Bellestre, Bouaye, DAAC Nantes

2022

  • Artiste intervenante? résidence, FRAC Pays de la Loire, Département Maine-et-Loire, Commune Loire-Authion

2020-2023

  • Assistante d’Enseignement Artistique, Ecole d’art de La Roche/Yon

2021

  • Artiste intervenante, dispositif De Visu, DRAC, académie et région Normandie
  • Dispositif Grandir avec la culture, département de Loire-Atlantique
  • Dispositif Ateliers artistiques, DAAC Nantes et DRAC Pays de la Loire

2018

  • Artiste intervenante, festival ImagiNieul, partenariat M.A.M.O.T.H. Architecture
  • Dispositif PREAC Art et Paysage, DRAC Nouvelle-Aquitaine, CIAP Vassivière, ESPE / université / académie de Limoges, Canopé 23, FRAC-Artothèque Limousin Nouvelle-Aquitaine

2016

  • Artiste intervenante, communauté de communes du Pays de Saint-Flour Margeride

2014-2018

  • Enseignante cours publics, Atelier céramique, ENSAD de Limoges

Écoles, formations

2013

  • DNSEP option Art, ENSAD Limoges

2010

  • DNA option Design, ENSAD Limoges

2009

  • Diplôme Universitaire des Métiers d’Art (DMA) Céramique, ESMA Arras

Démarche artistique

Mon travail est un jeu de construction fait d’expériences de combinaisons qui fonctionne par le déplacement, l’abstraction, l’usage du signe et de l’indice. Il se situe dans un cheminement qui explore les points de vue et les rapports d’échelle. Il interroge la permutation du réel et de notre imaginaire en mêlant l’architecture à l’objet, le passé au futur, l’essor au déclin. J’opère selon des principes de dualité et de contradiction qui traduisent une tension et permettent d’amorcer une réflexion ou un questionnement. Je souhaite instiller un doute dans ce qui est donné à voir et révéler le potentiel fictionnel du réel, lui empruntant un répertoire de formes et d’images ayant une capacité à s’abstraire afin d’élaborer un vocabulaire formel simple et essentiel. J’aime l’idée chère au grand architecte et designer Ettore Sottsass de transformer le banal en potentiels archétypes mythiques.

Mes oeuvres peuvent être supports à des réflexions liées à l’imagination, au temps, à l’espace, à notre rapport à l’existence et notre façon d’habiter notre monde. Le travail sur les fragments et les ruines est lié à la possibilité de projection mais aussi à une intuition et un sentiment de finitude. Je rends compte au travers de mon travail de la ruine déjà à l’oeuvre, anticipée, d’un temps présent déjà révolu.

La céramique a pour moi cette intrinsèque relation au temps et à ce qui reste. On la retrouve partout, dans les domaines de l’architecture, de l’objet, de l’art et des techniques. Ce qui m’intéresse dans la céramique, c’est qu’elle est un matériau de l’art mais aussi de la construction. Mais la terre, avant même d’être cuite, est à la fois une matière qu’on utilise pour fabriquer des objets et des maisons et celle-là même sur laquelle nous habitons. J’aime à penser que la pratique de la céramique peut sans cesse éprouver le lien entre ce qui s’édifie et ce qui se délite, entre ce qui appartient au présent et au passé, entre ce qui est et la projection que l’on a du réel, et ainsi créer une forme de synthèse. Selon moi, la terre, cuite, est le matériau à même de parler des relations de l’homme au temps et à l’espace. Ses possibilités de recherches et d’expérimentations sont infinies. Elle est un support à la fois aux usages et aux imaginaires des êtres humains. Je cherche au travers de cette pratique ses potentialités et ses capacités à interroger et figurer des états intermédiaires qui peuvent se contredire et ainsi ouvrir une brèche pour sonder nos multiples lectures du réel.

Hélène Delépine

Extraits du Petit journal des expositions, Abbaye Saint André – centre d’art contemporain, décembre 2021

La vie ne se déploie pas de manière linéaire mais selon un enchainement de cycles de durées variables. Le temps long est un emboitement de temps courts marqués par l’obligation du renouvellement, entre le moment de son amorce et celui de son effacement, entre la phase de construction et celle de la destruction. Cette loi qui veut que la vie se développe par période, chaque nouvelle se nourrissant de la ruine de la précédente, imprègne l’activité humaine et rythme ses productions.

Ce rythme implacable, induit un mouvement qui impose l’urgence du faire par lequel l’énergie vitale est relancée. Il comporte un point critique : le temps transitoire du passage de relais, l’entre-deux pendant lequel une réalité s’efface avant qu’une autre émerge et prenne la relève. A l’image de la vie, les entreprises humaines, sont ainsi bordées par des discontinuités, instants indécis, fragilités, qui interpellent Hélène Delépine et dont elle fait l’objet de son travail.

Toute forme créée volontairement est issue d’un état de matière, sous l’effet d’une action. Elle porte en elle son histoire, le processus qui la construit, l’intention qui la détermine. Les volumes moulés ou modelés par Hélène Delépine, se tiennent près de la matière qui les compose et des techniques qui les réalisent. Ils conservent le plus souvent leur couleur naturelle. Ils en gardent la rugosité sans cependant en souligner la texture, ni exhiber les traces de leur fabrication. Ne se situant pas dans une problématique de reproduction, ils se dérobent à leur dévoilement et restent largement indécidables, tant sur le plan du matériau que sur celui de la forme.

Plus exactement, ils emmêlent des indices de multiples origines, puisant dans le répertoire des formes naturelles ou artificielles que l’artiste capte en photographiant son environnement. Ce faisant, Hélène Delépine privilégie les artéfacts modestes du mobilier urbain ou les ornements caractéristiques des architectures citadines. Ni vraiment ceci, ni probablement cela, ses volumes campent dans un entre-deux où la forme sous l’effet du geste, corrigée par la résistance du matériau, émerge avant que le projet accompli par sa finition, prenne de la distance et bascule dans la majesté de l’oeuvre.

Pour éviter ce risque de crispation formelle l’artiste travaille en direct, à partir d’une idée générale, sur des formats réduits, dans l’esprit de la maquette, proche de l’ébauche, retenant le volume du côté du signe, matérialisant le concept, sans le rigidifier dans une enveloppe qui deviendrait la seule possible.

Ce parti pris de se tenir en deçà, permet à l’artiste de questionner plus librement les aspects fondamentaux de la sculpture : de l’émergence de la forme pensée et façonnée à partir d’une gangue de matière, en passant par la colonne, expression de la troisième dimension, jusqu’aux relations que celle-ci entretient avec l’architecture. La sculpture est par essence l’art de la troisième dimension. Elle se confronte aux notions d’équilibre et de pesanteur.

Les Signalétiques néoclassiques conçues à partir de moulages d’éléments de mobilier urbain (entre autres les plots qui interdisent le stationnement) se présentent sous la forme de fûts solitaires ou agencés verticalement tels les éléments d’un jeu de construction, esquissant un espace d’architecture, dont les huit pièces indissociables seraient les restes. Elles combinent l’idée de repère (un signal dressé) et celle de la colonne, une forme première de la sculpture.

Les Architectures sédimentaires dans lesquelles on retrouve des colonnes, articulent formes brutes éclatées, matiéristes et formes lisses, travaillées, dans des élévations qui évoquent des fragments d’architecture. Le poids suggéré des matériaux faisant ressentir pleinement la magie de leur équilibre.

Les Feux lotis miment l’émergence de la forme dans la main qui la façonne. Sous l’effet conjugué du modelage et de la pensée, une forme construite, géométrique, constructiviste semble s’extraire de la boule de terre, à moins (toujours ce sens en bascule) que ce ne soit l’image de sa ruine qui retourne à la terre. La couleur rouge rappelle le rôle du feu dans l’achèvement du processus.

Le titre générique REM(A)INDERS joue de manière éclairante de la confusion fréquente entre les deux termes, ce qui reste et ce qui appelle (ou signale). Chaque pièce inspirée de photographies de bâtiments de la ville de Saint-Nazaire, est à la fois la condensation essentialisée de leur architecture et la trace qu’elle laisse dans la mémoire de l’artiste.

Les CHTX, entre analyse de la forme et sa représentation, associent des travaux en deux et en trois dimensions. Les photographies accrochées au mur sont des vues, prises en contre plongée selon des angles inhabituels, de parties supérieures d’immeubles. Dupliquées en miroir autour de l’axe de leurs bases, comme dans un kaléidoscope, elles semblent être les extrapolations futuristes des mêmes extraits d’architecture posés en volume, sur le sol.

Lumières aveugles est composée de deux fenêtres romanes associées comme une paire d’yeux. Elles sont creusées par des perspectives dans l’épaisseur suggérée du mur, donnant sur le même vitrail situé en point de fuite, selon des illusions d’optiques contraires, qui se neutralisent : l’une amenant une moitié de celui-ci vers la surface, l’autre repoussant l’autre moitié vers le fond. Le point de fuite devient un point aveugle. Comme si une direction s’était perdue. Celle peut-être de l’architecture romane à la simplicité économe, presque conceptuelle, plus populaire que savante, mère de l’architecture occidentale. Cette oeuvre approfondit le questionnement d’Hélène Delépine sur l’architecture, en même temps qu’ elle ouvre sur une pratique plus affirmée de la sculpture. Non seulement le thème n’est plus abordé sous le mode du fragment ou du reste, mais l’émaillage différencie la surface de la forme qu’elle recouvre.

En irisant d’un émail argenté la céramique des volumes dissociés façon puzzle d’Abbismuth, sa dernière œuvre, reproduisant la structure vue du ciel de l’abbaye Saint André de Meymac, l’artiste leur donne l’aspect de cristaux métalliques pour rappeler l’existence autour d’elle dans le passé, d’exploitations métallifères. L’œuvre conforte une direction dans sa recherche, plus proche de la représentation, où la surface bénéficierait d’un traitement autonome, ajoutant un complément de sens à la forme qu’elle recouvre.

Jean-Paul Blanchet

Tempus fugit
Vue de l’exposition monographique au centre d’art contemporain de Meymac, octobre 2021 - janvier 2022

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