Artistes

Igor Porte : né en 1991 à Orléans, vit et travaille à Nantes.

Accès à :
The Wild Fusion Room

The Wild Fusion Room, 2024Atelier Calder, Saché

Expositions personnelles

2023

  • «Oasis», La Gâterie, Espace de création contemporain, La Roche sur Yon

2021

  • «Les Arbres Clepsydres», Le Grand 8 - Collectif BONUS, Nantes

Expositions collectives

2025

  • «Échantillon (au milieu de)», Atelier Alain Le Bras, Nantes

2021

  • «Bestiaire, Les instruments inventés», «Weaver Loops», et la série «Piezos Hybrids», Plateforme Intermédia, Stereolux - Apo33 Nantes

2020

  • «Biennale ArtPress des jeunes artistes «Après l’école» », «Les Arbres Clepsydres», «Les Automates», Cité du Design, ArtPress, MAMC+ St Etienne

Performances

2024

  • Performance sonore Experimance Festival Saarbrücken
  • «Electric Beasts», Performance Sonore avec Chloé Malaise création de la Publication A2 #10 FRAC des Pays de la Loire Nantes

2022

  • Performance Sonore Exposition «Le Soleil se couche au Nord-Ouest» de Caroline Bron Le Grand 8 - Collectif Bonus Nantes

2021

  • «The Ground Session», Performance avec Tarek Atoui, Matts Lindstrom, Youmna Saba Fondation Pinault - Bourse de Commerce Paris

2019

  • «The Ground Session», Performance avec Tarek Atoui, Tomoko Sauvage, Uriel Barthélémi, Alan Affichard, Rosario Sorbello Palazzo Grassi Venise
  • «Shuffle Orchestra», Performance avec Tarek Atoui, Sergey Filatov, Alan Affichard The Hepworth Wakefield Wakefield
  • Performance avec Tarek Atoui et Composing/Public/Space Eric Ericsonhallen Stockholm
  • Performances d’ouverture avec Tarek Atoui, Viviane Wang, Julia Gherst, Sergey Filatov, Shane Aspergren, et Alan Affichard Giardino delle Vergini, et Fondation Iaspis, Biennale de Venise Venise

2018

  • Performance d’ouverture avec Tarek Atoui et Composing/Public/Space CIMAM au Moderna Museet Stockholm
  • Performance d’ouverture avec l’oeuvre «WITHIN», duo avec Tarek Atoui Le Printemps de Septembre Toulouse
  • «Drum and Percussion», Apo33 Nantes

2017

  • Performance Live de «Treatise #47» de Cornelius Cardew, proposé par Keith Rowe émission «Ultimate Radio Wave» sur Radio Prun’ Nantes

2016

  • «FreeNoizeNight #13», Apo33 Plateforme Intermédia Nantes

Résidences

2024

  • Résidence de création Atelier Calder Saché

2022

  • Résidence de création Usina de Arte avec Galerie Paradise (Nantes), MAMMAM et Officina de Brennan Recife

2021

  • Résidence à la Table Le Lieu Unique Nantes
  • Résidence Sharjah Art Foundation Sharjah

2019

  • Résidence workshop, et série de performances avec Tarek Atoui, Boris Shershenkov VAC Foundation Venise

Bourses, prix, aides

2023

  • Lauréat du Prix des Arts Visuels de Nantes

2021

  • Lauréat - Collectif BONUS à Nantes

Publications, diffusions

2018

  • «Diffusion Mémoire audio, «Le temps des autres espaces»», Emission «Ultimate Radio Wave» sur Radio Prun’ Nantes

Workshops, enseignement

2023

  • Atelier Pédagogique «The Hive» (de Tarek Atoui) Lafayette Antiicipation Paris
  • Projet d’éducation artistique et culturelle «Paysages Sonores» E.P. P.U. Ecole Pierre Stalder Carquefou
  • Atelier d’exploration sonore La nuit des Musées FRAC des Pays de la Loire Nantes

2021

  • Rendez-Vous Demain #2 avec Anne-Lou Vicente et Raphaël Brunel, Sandrine Wymann, Guillaume Constantin Le Grand Café St Nazaire

Écoles, formations

2019

  • Post-Master «Composing/Public/Space» mené par Tarek Atoui à la Royal Institute of Art à Stockholm

2018

  • DNSEP Master «Construire les Mondes» à L’École Supérieur des Beaux Arts de Nantes Métropôle

2016

  • DNAP à L’École Supérieur des Beaux Arts de Nantes Métropôle

Arbres clepsydres

Un arbre a besoin de temps pour se développer, énormément de temps. Car l’arbre appartient à un règne qui est ancré dans une autre frise chronologique que nous, les êtres humains. Un arbre se déploie tout en lenteur, il prend racine et se développe à travers des siècles, voire des millénaires s’il en a l’opportunité. L’arbre le plus ancien identifié a près de 9500 ans. Il en aura vudes choses, cet arbre-témoin. Les arbres clepsydres d’Igor Porte ne sont pas, certes, des arbres comme nous pourrions en trouver dans une forêt ou un champ, en bord de mer ou dans une friche. Mais ces arbres nous font sentir, et entendre, ce temps dont nous avons besoin tous, finalement, pour arriver à grandir et nous épanouir. L’eau qui goutte du haut des branches, noire comme de l’encre une fois échappée des coupelles, dessine une calligraphie de sons dans l’espace ; ces sons brefs, aqueux et saccadés invitent le spectateur à entrer dans le paysage sonore pour y faire un tour. En se promenant selon un itinéraire aléatoire parmi les arbres de cette forêt construite, le spectateur est invité à s’immerger dans un environnement qui se transforme et évolue sans arrêt. L’interaction entre l’eau et les objets en métal et bois recevant l’eau et posés sur les archipelsplateformes (certains objets sont plus marqués par le temps et l’histoire que d’autres), se crée grâce à la pesanteur de l’eau. Le niveau du réservoir change au fur et à mesure que l’eau s’en échappe et prend une autre forme, ailleurs. La polyrythmie offerte par les gouttes d’eau qui frappent ces instruments de fortune crée une ambiance de calme et d’apesanteur ; le temps est ralenti, étendu, dilaté. De cette manière, le temps s’ouvre à nous et devient comme de la matière. Les arbres clepsydres n’ont pas de racines car ils s’inscrivent dans l’éphémère. Ils nous rappellent que le temps est une des notions dont nous avons grand besoin dans la vie et qui a pourtant tendance à filer et nous échapper. Cependant, se donner le temps pour ouvrir un autre type d’espace mental, c’est aussi résister à la domination, comme le souligne Cynthia Fleury, lorsqu’elle décrit la création comme un acte temporel, profondément libérateur « Choisir l’œuvre c’est toujours choisir l’Ouvert… L’œuvre crée l’air, l’ouverture, la fenêtre … » Un peu de légèreté 1 pour débroussailler le chemin, pour faire de la place et laisser venir autre chose. Avec une volonté d’étirer le temps pour créer de la place à la réflexion, Igor Porte invite le spectateur à se plonger dans une poétique pluviale, une zone liminale – qui n’est pas sans rappeler le film monumental de Tarkovsky, Stalker (1979) – quelque part entre la sculpture et l’installation sonore. L’écosystème que nous propose l’artiste potentialise la présence du spectateur en démultipliant les combinations sonores selon les déplacements de tout·e un·e chacun·e. La topographie variable et les perspectives qui s’ouvrent pendant cette promenade sont tout aussi variées. Si ces arbres ont besoin de l’écoute et de la présence pour porter leurs fruits, c’est aussi parce que nous avons besoin d’entendre et d’accompagner pour rester présents dans la vie de tous les jours.

Cynthia Gonzalez-Bréart

1 Cynthia Fleury, Ci-git L’amer, Guérir du ressentiment, Paris : Editions Gallimard, 2020

Échantillons (au milieu de)