Artistes
Makiko Furuichi : née en 1987 à Kanazawa au Japon, vit et travaille à Nantes.
Daydream, 202040mcube, EESAB, Self Signal, Rennes
Je suis dans le tableau, 2019Ateliers Bonus, Nantes
L’Âge de Raisin, 2019Axenéo7, Québec, Canada
Dream Jungle, 2019Hôtel Amiral, Nantes
KAKI Kukeko, 2018Frac des Pays de la Loire, Carquefou
Expositions personnelles
2022
- «Drawing Now with Galerie Vachet-Delmas », le carreau du temple, Paris
- «L’Odeur du Soleil», RIve d’Art, Les Ponts-de-Cé
- «Hihifoufouism», Wish Less, Tokyo
2021
- «Toute Petite Amazonie», MIRA, Nantes
- «Rêverie détrempée», Le Carré, Chateau Gontier
- «Suru Suru», Galerie Vachet-Delmas, Sauve
2019
- «L’Âge de Raisin», Axenéo7, Gatineau, Canada
2018
- «KAKI Kukeko », Frac des pays de la loire, Carquefou
- «Thief of hand», Wish Less, Tokyo
2017
- «Rêve gris», Sill, Nantes
- «Boss», 3e Parallèle, Paris
- «Cheval Rétréci», HAUS, Nantes
2016
- «Débilité», Pannonica, Nantes
2015
- «Smoker’s forest», invade3, Tokyo
- «Ciel Poilu», Galerie 5UN7, Bordeaux
- «Muscles», 3e Parallèle, Paris
Expositions collectives
2023
- «Chagall et Moi! Les 50 ans du musée Chagall», Musée Natinal Marc Chagall, Nice
- «MOONN O))) with Super Issue», Espace à Vendre, Nice
- «Arts au Centre Genève», Grand-Rue 29, 1204 Genève, Suisse
- «L’intime du vide», Le Dojo, Nice
- «Voilà l’été. Expérience GENERATOR 2014-2022», l’EESAB, Quimper
- «Aux pays des merveilles», Galerie Vachet-Delmas, Sauve
- «Camping», l'Hôtel Windsor, Nice
2021
- «I Believe I Can Fly», Le Port des Créateurs, Toulon
2020
- «Pharmakon Chain Reaction», Atelier Mitsushima, Kyoto, Japon
- «INTER_», prix des arts visuels de la ville de Nantes, L’Atelier, Nantes
2019
- «Yoann Estevenin + Makiko Furuichi », Galerie Guido Romero Pierini, Paris
- «Je suis dans le tableau... », Atelier Bonus, Nantes
- «Nazcas Festival», Brasseries Atlas, Bruxelles
2018
- «Realms II», Gordon Snelgrove Gallery, Canada
2017
- «Doloris », Fragile, Nantes
- «Nix», Les Réalisateurs, Nantes
- «Mémoires suspendues», Galerie Detais, Guido Romero Pierini, Paris
2016
- «Maison brûlée», Le Kalif, Rouen
- «Quelque chose mettra fin à l’ennui », 3e Pararelle, Paris
- «Salon ddessins», Atelier Richelieu, Paris
2015
- «Castel », Atelier sur l'Herbe, Nantes
- «Dans mes yeux », Bureau d'Art et de Recherche, Roubaix
- «Salon ddessins », Atelier Richelieu, Paris
- «Innocence», Temple du Goût, Nantes
2014
- «Chambre Charbon », Wish Less, Tokyo
- «Tourisme en Allergie », IRS, Nantes
- «La Chasse aux fauves», Dulcie Galerie, Nantes
2013
- «Salve pour un temps présent », Syndicat Potentiel, Strasbourg
- «Itinéraire Nantes Japon», Salle de l’Odyssée, Orvault
- «Peu Familier», Space No wave / Artmonde, Seoul
- «Décongélations prématurées », Atelier Alain Lebras, Nantes
2012
- «Nouvel Accent», Cosmopolis, Nantes
- «Pintzelen zarata, mailu isiltasuna », Mille feuilles, Nantes
- «TV, SCULPTURE, KARAOKE? », Ateliers Félix Thomas, Nantes
2011
- «Departures», Maison des chercheurs étrangers, Nantes
- «Eizo ten», Art space kimura ASK?, Tokyo
- «CONTEMPORANEE-esefossiarte? », Bologna
- «Clou 8», L’Atelier, Nantes
- «Exposition Sur Table», Ecole d’architecture, Nantes
- «Croisements Numériques Edition 6», Galerie des franciscains , St-Nazaire
- «Le Dégoût du temple», Temple du goût, Nantes
2010
- «Retransmission 4 », Temple du goût, Nantes
- «Itinéraires Nantes Japon », Cosmopolis, Nantes
- «Double Vision», Lieu Unique, Nantes
2009
- «Young Artists ISE Cultural Foundation Supports», Tokyo
- «Retransmission2 et 3», Galerie de l’ESBANM, Nantes
- «New Generation - Looking for unknown place», Art space kimura ASK?, Tokyo
- «GRADUATION WORKS 2009», 21st Century Museum of Contemporary Art, Kanazawa
2008
- «Video Art Project exhibition with Esbanm, Kanazawa College of Arts », 21st Century Museum of Kanazawa and Yokohama Red Brick Warehouse Tokyo Wonder Seeds
Résidences
2022
- «Cité des Arts x la Fondation Daniel et Nina Carasso, Paris»
- «Maison Garenne, Saint-Sauves d’Auvergne»
- «KASHIMA Beppu artist in residence», Japon
2021
- «Ackerman + Fontevraud »
2019
- «Résidence de recherche et de création au Québec», Gatineau
Bourses, prix, aides
2018
- Lauréate du prix des Arts Visuels de la Ville de Nantes
2009-2010
- Rotary club Scholarship
2008
- ASK? Film Festival 2008 (Art space kimura ASK?, Tokyo)
- Grand prix, Four National Japanese Art Schools exhibition (Kanazawa)
Publications, diffusions
Collections publiques, acquisitions
2022
- Collection Le musée d'art moderne et contemporain des Sables d'Olonne
2021
- Collection Frac des Pays de la Loire
- Collection Fonds départemental d’art contemporain d’Ille-et-Vilaine
- Collection Artdeliver, Artothèque de Nantes
Commandes, 1% artistiques
2021-22
- Création de la cloche "Pétronille", Abbaye Royale de Fontevraud et Cornille Havard, Villedieu-les-poêles
2020
- Réalisation de fresque, le Port des Créateurs, Toulon
2019
- Réalisation de la chambre d’artiste «Dream Jungle» à l’Hotêl Amiral dans le cadre du Voyage à Nantes
Workshops, enseignement
Écoles, formations
2011
- D.N.S.E.P. Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Nantes Métropole, France
2009
- B.F.A. Painting, Kanazawa College of Art, Japan
- International exchange student, Art School in Nancy, France
2008
- International exchange student, Art School in Nantes, France
GENERATOR - 40mcube
Visages grimaçants, petites mains voleuses, chatouilleuses, fines et espiègles, les sujets de Makiko Furuichi sont issus d’un monde tragi-comique teinté d’un sentiment que les japonais connaissent sous le nom de niyari, l’esprit grotesque de quelque chose de moche et rigolo. Une bouffonnerie sincère qui s’attache sérieusement à explorer la débilité dans ses différents aspects, notamment celui de la faiblesse et de la fragilité. Peindre est un exercice quotidien et on pourrait voir une partie de ses dessins et aquarelles comme les pages d’un carnet fait de pensées et réflexions d’un moment enjoué ou d’une journée plus triste. Une pratique qui ne saurait être autre que spontanée car faite de sentiments honnêtes comme elle le dit. L’aquarelle, dans son immédiateté, ne permet pas de reprise. C’est ce risque qui l’attire, la perte de contrôle d’une matière qui se tend par capillarité, se dissous pour au final obtenir un résultat presque inconscient, et ou l’erreur est encouragée. J’ai envie de me provoquer moi-même, j’essaie de tester mes possibilités, mes capacités, mes pouvoirs. Comme si je creusais mon cerveau pour recueillir des éléments d’un passé fictionnel et intime. Un passé sur lequel elle s’appuie récemment pour présenter de nouvelles recherches, explorant la nostalgie de l’enfance et de la famille dans toute sa complexité et ses frustrations. Enfant, elle dessine en secret des shojo-mangas (des mangas pour filles, en général des histoires d’amour stéréotypées) une pratique qu’elle décrit comme un grand plaisir caché. Dans l’exposition KAKI kukeko (Frac Pays de la Loire, 2018) elle crée un espace qui évoque l’intérieur de la maison familiale à Kanazawa. Son travail se déploie alors sur différents supports : céramique, peinture à l’huile, pyrogravure, wall drawing. Elle grandit entourée des œuvres d’un grand-père peintre qu’elle n’a pas connu et avec qui elle crée un dialogue par peintures interposées, dans l’exposition Je suis dans le tableau (Bonus, Nantes, 2019). Un héritage familial qui a fait de la peinture un mode de vie, pour l’avoir côtoyée depuis toujours. Les motifs végétaux de son aïeul se prolongent dans des kakémonos remplis de forêts dont le feuillage touffu abrite des figures cachées, apparaissant de manière furtive et révèlent la présence d’un espace hors cadre. Il y a beaucoup d’éléments cachés et une partie inaccessible de l’œuvre et de la psyché de l’artiste se retrouve dans des portraits et des figures aux traits flous et liquides qui nous échappent. C’est un moment d’équilibre que Makiko Furuichi recherche, le beau et le grotesque, l’effrayant et le mignon utilisant une variété de références, comme les monstruosités bizarres de Jérôme Bosch ou la mélancolie fantastique de Johann Heinrich Füssli. Presque sans narration, ses œuvres restent des évocations ou des instantanés qui conservent une fraicheur dans la pensée et dans la matière, ce qui ne l’empêche pas de tester les limites de formats imposés par cette pratique, par exemple en investissant une pièce entière dans le cadre du Voyage à Nantes en 2019, une performance de peinture qui enveloppe littéralement le visiteur dans la Dream Jungle qu’elle a créé. Des mains animées mais dépourvues de corps, telle la chose de la famille Adams, sont un sujet récurrent dans son travail et ont même eu droit à une exposition dédiée (Thief of Hands, Wish Less, Tokyo, 2019). D’abord présentes sur toile et sur papier, elle les a fait évoluer en de petites sculptures modelées en pâte polymère qu’elle présente en installation. La pâte Fimo permet d’abord de transposer le mélange des couleurs de ses peintures, mais Makiko y retrouve aussi la perte de contrôle qu’elle recherche, les teintes de la sculpture évoluant une fois passée au four. Associée à une activité enfantine, ce matériau modeste mais amusant se revendique plus d’une esthétique de la gaucherie que d’une noblesse associée à d’autres matériaux de sculpture comme l’argile ou la céramique, et ou l’artiste peut s’approcher des beautés débiles et touchantes du monde contemporain.
Francis Coraboeuf
Marcher sur la tête
Née en 1987 dans un temple japonais à Kanazawa, Makiko Furuichi baigne enfant dans un univers où les rites ont leur importance ainsi que la recherche d’une existence joyeuse. Ce n’est certainement pas un hasard si Makiko Furuichi déploie une œuvre généreuse et sensible. Son panthéon d’images flirte aussi bien avec la Divine Comédie de Dante que les masques funéraires asiatiques. Dans cette épopée multicolore, les personnages étranges et les formes hybrides saturent l’espace. Végétaux et animaux ont la part belle. Des murs au sol, sur des embarcations volantes ou marines, les apparitions surviennent et s’évanouissent. Danse des corps, des visages, jeux de rôles, enlacement et embrasement activent ses tableaux. Le travail de Makiko Furuichi témoigne de son approche transculturelle et des différents territoires qu’elle relie. On apprécie la maitrise du trait, de la couleur, des formes, telles que cela a pu être enseigné au début de son parcours classique à l’école des Beaux-Arts de Kanazawa. L’artiste combine ainsi une double connaissance : la culture classique et populaire japonaise et la rencontre de la peinture occidentale. Forte de ce double point de vue, l’artiste décline alors un univers proche du théâtre, où ses figures grimaçantes, cocasses, masquées, s’animent sous nos yeux. Parmi elles, Makiko éprouve une tendresse particulière à l’égard des yokai. Apparitions étranges, provenant du terme chinois « Yao Guai » (妖妖), les multiples visages de ces êtres surnaturels habitent toute la mythologie japonaise. Petits monstres, aux apparences trompeuses, ils expliquent ou justifient de nombreux événements, des pandémies aux tremblements de terre. Les yokai symbolisent le mal et parfois la bienveillance. Ils sont renard à neuf queues, dieu chien, mais aussi Oni, un ogre multiforme, aux yeux exorbités et à la bouche déformée. Makiko invente alors son monde. Ses nombreux ailleurs nous réjouissent. Ici, au Frac Normandie, elle renverse un kayak et invite à la jonction entre le monde des vivants et celui des morts, un monde abstrait et ambigü. Les grands textiles flottant sur lesquels l’artiste peint amplifient la dimension théâtrale, tout comme les figures masquées, les corps presque déguisés. Les oiseaux sont affublés de bras, les éphèbes se transforment en taureau, et la tête des singes se décroche. Avec Makiko Furuichi, nous marchons sur la tête !
Frac Normandie à Sotteville-lès-Rouen, 2026





