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Double écran

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Photographie : droits réservés

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Exposition personnelle

Philippe Hurteau, Flavio de Marco
Galerie Richard, Paris
16.12.23 — 13.01.24
Vernissage le 16 décembre

"Double écran" est la deuxième exposition de Flavio de Marco et Philippe Hurteau après "Schermorama" à la galerie Studio G7 à Bologne en 2018. Ce nouvel accrochage propose de retracer brièvement leurs parcours parallèles, en exposant notamment les premiers tableaux fondateurs du rapport de leur peinture avec les écrans et aussi des pièces plus récentes.

Quand ils se rencontrent en 2017, Flavio de Marco et Philippe Hurteau découvrent qu’ils mènent sans se connaitre des recherches parallèles depuis le milieu des années 90. C’est à cette période que leur peinture, de manière similaire, s’est tournée vers les écrans, à un moment où ceux-ci n’occupent pas encore dans les rapports sociaux la place centrale qu’ils ont prise désormais et où l’arrivée progressive d’internet ne présage pas encore la profonde mutation numérique qu’il va entrainer.

Dans la publication qui accompagne cette exposition (Double écran, édition Mutus Liber 2023) les deux artistes évoquent ces tout premiers tableaux.

«Un jour, je suis allé déjeuner, non pas dans le bar voisin habituel, mais dans un autre à quelques rues de là. J’y ai trouvé une invitation à une fête ou à un concert, je ne sais plus exactement, avec toutes les informations écrites au verso, tandis qu’au recto c’était l’image d’un écran d’ordinateur coïncidant avec tout l’espace de linvitation, format carte postale. Je l’ai gardée quelques jours dans l’atelier, puis je l’ai copiée sur une toile de 50 x 70 centimètres, en éliminant le texte » (Flavio de Marco).

« Je suis au bar d’un café et le garçon vient régulièrement entrer des données sur un écran à coté de moi. Sur cet écran s’affichent une géométrie abstraite et des couleurs nouvelles pour moi, celles sans doute d’un banal logiciel de gestion du service. J’y vois soudain la possibilité d’un tableau » (Philippe Hurteau).

L’exposition est conçue comme un face à face sur des murs symétriquement partagés. Pour les deux artistes chaque tableau est une expérience, un jalon dans l’exploration de nouveaux territoires de la peinture liés à de nouvelles façons de sentir, de voir, de penser. L’espace mental du spectateur devenu homo numericus induit de nouveaux « dispositifs du regard » qu’il s’agit de capter.

Vanessa Theodoropoulou, qui les a présentés réagit ainsi dans le courriel qui conclut leurs échanges : « la première chose que j’ai pensée en regardant vos images, (…) c’est cette impression vive même si tout à fait intuitive, que ce qui se passe ici, sur ces toiles, est beaucoup plus qu’une restitution ou une révélation : une tentative de réappropriation, voire de décolonisation (ne négligeons pas l’enjeu économique) de cet espace spéculatif, de ce lieu historiquement associé à la peinture, où vivent nos images mentales, nos phantasmata, de plus en plus occupé, revendiqué par son analogon virtuel ».

Adresse
Galerie Richard
74 rue de Turenne
75003 Paris