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Les ombres s’allongent

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Photographie : droits réservés
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Exposition personnelle

Philippe Hurteau
Galerie Richard, Paris
14.11.26 — 12.12.26
Vernissage 14 novembre à partir de 17h

Alors que les sociétés connaissent une profonde et fulgurante mutation numérique, voici que la « bête immonde » relève la tête : le fascisme et autres idéologies mortifères et liberticides y sont à l’oeuvre.

C’est à partir de ce constat commun que Philippe Hurteau et Sarah Ihler-Meyer ont entamé un dialogue  qui, au delà du commentaire des oeuvres, tente de saisir quelque chose de ce qui arrive aux sujets contemporains.

Philippe Hurteau évoque dans l’échange sa rencontre déterminante avec Bernard Stiegler qui l’a aidé à comprendre que la peinture est, depuis toujours, une scénographie du «milieu de l’esprit », ou « milieu symbolique », espace psychique collectif désormais investi et pollué par l’industrie culturelle numérique. Sarah Ihler-Meyer de son coté, rappelle les forces économiques, politiques, et psychanalytiques qui aboutissent à une remise en cause radicale de la pensée des Lumières et la menace d’une nouvelle barbarie fondée sur la technologie.

Depuis le milieu des années 90 et sa sérieTélévision, la peinture de  Philippe Hurteau, a travers différents volets correspondant aux genres classiques de la peinture, interroge le statut des consciences soumises à l’emprise de l’industrie culturelle et des écrans, ce qui détermine un rapport inédit au réel dont l’art doit rendre compte. Pour lui, «plus que jamais la réalité est une image coupée du réel ». Sa peinture, en tentant de donner « une image du présent », s’adresse directement à l’individu, lui tend un miroir sans complaisance mais libérateur.

Refusant les catégories «abstraction » ou « figuration», le travail de Ph. Hurteau se confronte aux images contemporaines et puise dans l’esthétique des écrans une iconographie nouvelle propre au XXIe siècle. Les tableaux Reconnaissance appliquent la grille de la reconnaissance faciale aux visages de penseurs ou activistes antitotalitaires. Ceux de la série Abscreen convoquent les décombres informels de la guerre. Dans d’autres séries (Studio, Maskreen), surgissent les images fantômes de foules nazies et des figures humaines morcelées par des bugs propres à l’image video. Sa technique singulière, nommée par le peintre « glacis révélateur », lui permet d’intégrer un processus numérique au coeur même de la technique traditionnelle de l’huile.

Que peut l’art face aux vents mauvais de l’histoire ? Philippe Hurteau cite Otto Dix à propos de ses oeuvres de guerre : « (…) je les ai peintes pour conjurer la guerre. Tout art est conjuration ».

Adresse
Galerie Richard
74 rue de Turenne
75003 Paris