Vue de l’installation « En attendant », présentée dans l’exposition « Doubles noeuds », Magasins Généraux, Pantin.
L’exposition « Doubles Noeuds » s’appuie sur 18 ateliers de co-création menés, majoritairement entre janvier et juin 2024, par des artistes contemporain·es au sein d’ULIS, de SEGPA, d’IME ou d’EHPAD répartis dans 3 départements d’Île-de-France aux contextes variés (Paris, Seine-Saint-Denis, Seine-et-Marne), et initiés et coordonnés par l’association Orange Rouge.
Installation sonore, banc de vestiaire, tapis de gym, céramique, carton, costumes divers, 9 min 30
en collaboration avec : Sorin Ciurar, Enzo Djeroum, Yasmine El Boucherour, Mayasse Hatri, Ibrahima Karamoko, Merveille Kambaja, Léandro Montel, Samï Mtimet, Noah Ngenge, Joan Pit, Steven Voisin, les adolescent·es du dispositif ULIS – Unité localisée pour l’inclusion scolaire du Collège Pierre Mendès France (Paris)
En attendant est une installation sonore qui questionne la rencontre, le lien, et explore la honte et la gêne.
Dans le cadre d’Orange Rouge, des individu·es – les artistes – sont amené·es à « faire groupe » avec des ensembles arbitrairement constitués – les classes. Mais, que se passe-t-il si le groupe ne souhaite pas en être un ? Si le groupe refuse de se lier ?
Les ULIS — Unités localisées pour l’inclusion scolaire — sont des dispositifs qui rassemblent, dans un même espace, des individu·es aux parcours et aux troubles très divers. Parfois, rien ne les unit, pas même leur emploi du temps, et pourtant iels se doivent de fonctionner comme un groupe au sein de l’établissement scolaire, où iels peuvent parfois être stigmatisé·es.
Le travail de Louise Porte s’intéresse au collectif, aux liens et à la capacité du médium de la performance à nous relier et à nous transformer. Lors de sa rencontre avec son groupe d’adolescent·es, l’artiste est arrivée avec sa mallette à outils, remplie de costumes, de perruques et de paillettes, de matériel sonore, dans l’intention de leur proposer des dispositifs permettant d’explorer d’autres manières d’être, de s’exprimer et de se découvrir à travers l’incarnation de personnages. Mais rien n’a pris à travers le groupe : la gène était trop forte. Sa classe était dans un refus à la fois conscient et inconscient. Le refus d’être associé à un projet lié aux ULIS est par association stigmatisant. Le refus de se détourner de la norme à travers des personnages inventés. Le refus de composer une histoire collective. Le refus d’être ensemble, parfois.
En attendant est donc une installation en attente. Elle re-met en scène l’atelier collectif qui s’est déroulé dans la salle de sport, dans une tentative échouée de faire tomber les barrières, les codes et les normes liés à la salle de classe. Accompagnée d’une bande sonore où se juxtaposent les voix des adolescent·es et de l’artiste et leurs ressentis respectifs, l’installation rend compte de la frustration partagée lorsqu’une rencontre n’advient pas.
Elle retranscrit une ambiance de coulisses, sans savoir si le spectacle va commencer ou s’il est déjà advenu. Elle est la trace d’une tentative, à être tout et rien, ensemble.
Alexandra Goullier Lhomme












