Jeux et stratégies, 2022

Vincent Mauger

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Vincent Mauger, «Jeux et stratégies», 2022, Jeux et stratégies, Le Garage , Amboise, photographie : Hélène Vivier / Ville d'Amboise
Vincent Mauger, «Jeux et stratégies», 2022, photographie : Ville d'Amboise / Hélène Vivier
Vincent Mauger, «Jeux et stratégies», 2022, photographie : Ville d'Amboise / Hélène Vivier
Vincent Mauger, «Jeux et stratégies», 2022, photographie : Ville d'Amboise / Hélène Vivier
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Vincent Mauger, «Jeux et stratégies», 2022, photographie : Ville d'Amboise / Hélène Vivier
Vincent Mauger, «Jeux et stratégies», 2022, photographie : Ville d'Amboise / Hélène Vivier
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Jeux et stratégies, 2022

Centre d'art Le Garage et Château d'Amboise

Commissariat Clémence Thébault

Traversant les époques, franchissant les lignes séparant des territoires pourtant bien distincts ou, a priori, distants, l’exposition « Jeux et stratégies » présente au centre d’art ainsi qu’au château d’Amboise un ensemble d’œuvres choisies spécifiquement pour ces lieux.

À proximité du château d’Amboise, Vincent Mauger déploie La bataille des avant-gardes. Cette œuvre sculpturale monumentale annonce la couleur. Positionnée sur les pelouses, la sculpture campe les joutes esthétiques qui animent les mouvements artistiques d’avant- garde. Sa structure complexe ainsi que les drapeaux qu’elle arbore incarnent les alliances et les ruptures qui nourrissent affrontements et querelles entre comme au sein des groupes amis ou rivaux…
Le vocabulaire esthétique des artistes se meut en étendards. On découvre leur langage graphique sous un nouvel éclairage, identifiable par l’œil aguerri : les formes et les couleurs composent une héraldique à l’efficacité redoutable. On devine alors que leurs confrontations peuvent dériver de batailles d’idées en batailles rangées… Ainsi, dans ces conditions, seuls survivent les plus endurcis des protagonistes.
Si vis pacem, para bellum… ?
Au centre d’art Le Garage, Vincent Mauger articule plusieurs créations récentes ou inédites. Çà et là, au sol, des reliefs rappellent de loin des décombres. En progressant, on discerne davantage ce qui pourrait ressembler à des munitions, d’étranges projectiles. Cependant, nul engin destiné à les propulser à proximité… L’artillerie défensive se révèle totalement dérisoire. Paradoxalement, chaque volume a visiblement été façonné à partir de matériaux de construction relativement élaborés. On reconnaît ici des briques alvéolées, là des parpaings, sculptés un à un, pièce par pièce.
Des éléments issus de plusieurs installations composées d’armures médiévales créent un environnement étrange peuplé de cuirasses aux tons terreux ou verdâtres. Ainsi peints, les plastrons, casques et boucliers ressemblent à s’y méprendre aux équipements des actuelles forces de l’ordre ou des armées des films de science-fiction.
Les corps sous les armures sont, peu ou prou, tels qu’ils étaient dans l’Antiquité. Leurs carapaces n’ont, par conséquent, que très peu évolué. Les répliques de blindages corporels des armures médiévales sont particulièrement stylisées et forment des avatars uchroniques.
Lorsque, au cours de nos débats et discussions, l’on parle de prendre position, à quoi se réfère-t-on, sinon à l’art de la guerre ?
Tous les petits mammifères grandissent en jouant à s’affronter. Il faut combattre pour manger, se reproduire, dominer, ou bien se soumettre. L’espèce humaine ne fait pas exception. Ainsi, du jeu le plus rudimentaire d’échanges gestuels de tirs de pistolet au plus élaboré des jeux de plateau, il est question
d’affrontements physiques ou stratégiques.
Cette exposition est sciemment conçue en écho au génie de Léonard de Vinci, qui a tout aussi bien étudié le vivant qu’élaboré des machines de guerre. Elle offre une vision de notre culture de la violence, nous renvoie à l’hier comme à l’aujourd’hui. Elle dessine l’effrayant paysage de la survivance de nos archaïsmes guerriers.
L’ensemble tient tout autant d’une scénographie muséale de fragments statuaires que de la potence ou du gibet. La scène est étrange, elle semble présenter l’éclaté d’une armure et simultanément un corps disloqué, démembré. Les belligérants, l’avant et l’après affrontement – ces aspects dialectiques, contractés en une seule et même image.

Manon Tricoire, juin 2022

 

Etendarts présents sur la sculpture du château:

Auguste Herbin, 1964 / Hilma af Klimt, 1915 / Lazlo Moholy Nagy, 1922-1913 / Sonia Delaunay, 1964 / Sophie Taeuber-Arp, 1954 / Bart Van Der Leck, 1918 / Verena Loevensberg, 1977 / Varvara Stepanova, 1923-1924

Etendarts à l’intérieur du Centre d’Art:

Joseph Albers, Kupka, Lazlo Moholy Nagy, Liubov Popova, Malevitj, Mondrian, Rotchenko, Sonia Delaunay, Sophie Taeuber Arp, Theo Van Doesburg, Varvara Stepanova, Verena Loewensberg