Exposition Polynesiaphonia, 2026

Camille Bleu-Valentin

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Camille Bleu-Valentin, «Exposition Polynesiaphonia», 2026, photographie : camille Bleu-Valentin
Camille Bleu-Valentin, «Exposition Polynesiaphonia», 2026, photographie : camille Bleu-Valentin
Camille Bleu-Valentin, «Exposition Polynesiaphonia», 2026, photographie : camille Bleu-Valentin
Camille Bleu-Valentin, «Exposition Polynesiaphonia», 2026, photographie : camille Bleu-Valentin
Camille Bleu-Valentin, «Exposition Polynesiaphonia», 2026, photographie : camille Bleu-Valentin
Camille Bleu-Valentin, «Exposition Polynesiaphonia», 2026, photographie : camille Bleu-Valentin
Camille Bleu-Valentin, «Exposition Polynesiaphonia», 2026, photographie : camille Bleu-Valentin
Camille Bleu-Valentin, «Exposition Polynesiaphonia», 2026, photographie : camille Bleu-Valentin
Camille Bleu-Valentin, «Exposition Polynesiaphonia», 2026, photographie : camille Bleu-Valentin
Camille Bleu-Valentin, «Exposition Polynesiaphonia», 2026, photographie : camille Bleu-Valentin
Camille Bleu-Valentin, «Exposition Polynesiaphonia», 2026, photographie : camille Bleu-Valentin
Camille Bleu-Valentin, «Exposition Polynesiaphonia», 2026, photographie : camille Bleu-Valentin
Camille Bleu-Valentin, «Exposition Polynesiaphonia», 2026, photographie : camille Bleu-Valentin
Camille Bleu-Valentin, «Exposition Polynesiaphonia», 2026, photographie : camille Bleu-Valentin

Exposition Polynesiaphonia, 2026

Porcelaine (moulage et assemblage), câbles de serrage, bois et matériaux composites, structures métalliques, dispositifs de diffusion sonore (haut-parleurs, lecteurs audio), vidéo numérique, photographie. The Engine Room sur une invitation de Ambassade de France, Massey University et Te Whare Era Exposition personnelle présentée à The Engine Room Gallery (Wellington, Nouvelle-Zélande), dans le cadre d’une résidence de recherche à Te Whare Hēra (Massey University College of Creative Arts), soutenue par l’Ambassade de France en Nouvelle-Zélande et Villa Antipode.

Polynesiaphonia est une installation pensée comme un album.

Un dispositif de diffusion destiné à porter des voix du Pacifique.

Inspirée par la pratique des Siren Kings, communauté polynésienne en Aotearoa, l’artiste observe dans le détournement des cônes d’alarme (utilisés pour diffuser des chansons de Céline Dion depuis des véhicules) une mise en circulation de signaux.

Résonnant avec une pratique plus ancienne, ces cônes prolongent l’usage des coquillages, traditionnellement utilisés comme trompes pour communiquer entre deux rivages.

Dans l’exposition, ces coquillages redeviennent bouches et corps de diffusion. Installés sur un pick-up, véhicule emblème-totem de la Polynésie contemporaine, ils forment une installation capable de porter ce qui n’a pas, ou trop peu, été entendu.

Attentive aux signaux silencieux annonciateurs de catastrophes, à l’image de la mer qui se retire avant un tsunami, Camille Bleu-Valentin développe deux chants à l’occasion de cette première diffusion :

Chant.1
Une traversée vers son enfance passée en Nouvelle-Calédonie.
Marquée par une absence de transmission des langues et cultures autochtones, elle choisit de réactiver l’unique chant en langue kanak appris à l’école.
Un fragment isolé, révélateur d’un contexte politique, devenu trace mémorielle.

Chant.2
Une attention portée au silence des oiseaux de l’île au long nuage blanc.
Ceux que l’on n’entend plus. Ceux qui disparaissent.
Menacés, paradoxalement, par le mode de vie des humains qui tentent aussi de les préserver. Leurs chants sont ici rejoués, transformés en composition techno, diffusés à l’avant d’un vélo : véhicule fragile mais écologique.

Cet album est joué pour la première fois au sein de The Engine Room Gallery.
L’ancien garage devient, le temps de l’exposition, un espace de réparation et de création.

Et puis, c’est dans les garages qu’on fait les meilleurs concerts, non ?

 

 

Texte d’introduction à l’exposition :

Sans origine sur l’île

~
Elle n’a pas entendu,
elle n’a pas appris,
elle n’a pas su nommer.

Mais le chant est resté.
~
Des coquillages comme des bouches
diffusent ce qui n’a pas été entendu,
ou trop peu.
~
Une voiture porte son son.
Tu ne passeras pas là : Nouméa.
Quelque chose circule.
~
Ma voix transformée ~ devenir sirène,
faire écho
sur rythme techno.
~
Les fleurs gardent l’odeur d’un jardin,
tenté–replanté ailleurs,

sans succès.
~
Restent des fragments:
odeurs, lumières, couleurs.
~

Une mémoire sans langue.
~
Et pourtant.
Quelque chose insiste.

 

Fonctionnement de l’œuvre :
L’exposition se déploie comme un dispositif immersif associant sculpture, son, vidéo et photographie. Le public est invité à circuler librement dans l’espace, depuis l’entrée jusqu’à l’installation vidéo.

Les sculptures en porcelaine, conçues comme des corps de diffusion, sont activées par des dispositifs sonores intégrés. Une première installation, disposée sur un véhicule, diffuse une composition vocale issue du chant réactivé (Chant.1). Une seconde installation, fixée sur un vélo, diffuse une composition sonore réalisée à partir de chants d’oiseaux transformés en techno (Chant.2).

Une vidéo accompagne l’ensemble et permet d’activer les sculptures dans un contexte performatif. Des photographies documentent et prolongent ces mises en circulation des formes et des sons.

L’ensemble compose un parcours où les œuvres fonctionnent comme des “chants”, à la fois autonomes et interconnectés.

Ce projet a été réalisé avec le soutien de la résidence Antipode, de Massey University, de l’Ambassade de France en Nouvelle-Zélande et de Te Whare Hēra.

Remerciements particuliers à Amber-Jayne Bain, Emma Febvre-Richards, Martin Patrick, Will Bennett, Caitlin Devoy, Jane Wilcox, Kerry Walton, Mike, Stuart, Benjamin, ainsi que Bee, Evelina, Skill SAWA SAWA et Edith Amituanai, et plus largement à toutes celles et ceux qui ont été présent·es, de près ou de loin, et qui ont rendu ce projet possible.