Space Tracking System, 2008

Vincent Mauger

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Vincent Mauger, «Space Tracking System», 2008, photographie : droits réservés
Vincent Mauger, «Space Tracking System», 2008, photographie : droits réservés
Vincent Mauger, «Space Tracking System», 2008, photographie : droits réservés
Vincent Mauger, «Space Tracking System», 2008, photographie : droits réservés

Space Tracking System, 2008

chaînes en acier, barres en acier et aluminium anodisé volume central de 4 x 4,50 x 6 m, 120 m de chaîne Espace Diderot Rezé sur une invitation de Association Tripode commissariat Edwige Fontaine, Franck Bertrand et Jacques-Alexandre Gillois

Sculpture autotendante

“Je suis comme un architecte qui concevrait et construirait un paysage dans un espace (…) Je pars toujours du matériau, qui dicte un principe, puis j’examine comment ce principe peut s’intégrer au lieu (…) Je n’interviens quasiment
jamais sur le lieu lui-même, je ne m’attaque jamais à lui. J’amène quelque chose à l’intérieur, ce n’est pas une attaque frontale, mais plutôt stratégique, tactique”.

Pour le dixième épisode de son programme d’exposition “suggestion de présentation”, Tripode invite Vincent Mauger qui met en oeuvre un projet imaginé pour le lieu, conçu en relation directe à l’architecture de la galerie d’exposition, prisme noir et aveugle, volontiers plus usine que musée, dont il retient le matériau de construction métallique, servant à la fois d’enveloppe et de squelette à son architecture. Vincent Mauger pratique l’assemblage, la superposition d’un même élément, pour créer son propre système de construction et rendre possible son redéploiement. Il confronte deux types d’architectures, l’espace réel du lieu et l’image mentale d’un paysage, dans cette frontière entre le visible et l’invisible, et réalise une forme sculpturale élaborée et modelée à partir du maillon, unité qu’on répète et qui donne la mesure. Space tracking system propose un réseau complexe de chaînes d’acier traversant l’espace. Par des convergences en plusieurs points et la mise en tension du maillage, se mue une sculpture se jouant de la pesanteur. Les plans ou surfaces évidées deviennent invisibles, les arêtes brillantes tracent un dessin dans l’espace. Ce noeud aérien, sorte d’excroissance cristallisée comme un calcul dans le ventre de l’architecte, dérobe au regard les contours du bâtiment. Reste un dessin géométrique dans l’espace et un double mouvement de projection, physique et sensorielle dans son invasion de notre rapport au réel, mentale dans sa dimension abstraite. L’espace d’expérimentation et sa géographie indécidable permettent d’imbriquer le contenant à des formes graphiques, organiques et virtuelles interchangeables. La “suggestion de présentation” autoritaire de cet espace atypique et fuyant, aux antipodes du “white cube”, conditionne toute intervention en son sein. D’aucuns s’en accommodent, certains la renversent, il faut parfois pousser des murs qui n’en finissent pas de tomber.