Super Asymmetry, 2012

Vincent Mauger

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Vincent Mauger, «Super Asymmetry», 2012, photographie : Aurélien Mole
Vincent Mauger, «Super Asymmetry», 2012, photographie : Aurélien Mole
Vincent Mauger, «Super Asymmetry», 2012, photographie : Aurélien Mole
Vincent Mauger, «Super Asymmetry», 2012, photographie : Aurélien Mole
Vincent Mauger, «Super Asymmetry», 2012, photographie : Aurélien Mole
Vincent Mauger, «Super Asymmetry», 2012, photographie : Aurélien Mole
Vincent Mauger, «Super Asymmetry», 2012, photographie : Aurélien Mole
Vincent Mauger, «Super Asymmetry», 2012, photographie : Aurélien Mole
Vincent Mauger, «Super Asymmetry», 2012, photographie : Aurélien Mole
Vincent Mauger, «Super Asymmetry», 2012, photographie : Aurélien Mole
Vincent Mauger, «Super Asymmetry», 2012, photographie : Aurélien Mole

Super Asymmetry, 2012

Centre d'art la Maréchalerie Versailles sur une invitation de Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Versailles (énsa-v)-V) commissariat Valérie Knochel

Le travail de Vincent Mauger s’appuie sur une analyse in situ précise qui dévoile les atouts ou la fragilité de l’espace concerné et le métamorphose. Les technologies numériques utilisées par l’ingénieur et l’architecte se joignent au matériau tel que le bois, la brique, le polystyrène, l’acier, pour confondre un espace et construire un environnement qui, à l’instar d’images virtuelles, se développent en un paysage infini. L’espace est alors révélé et abordé par le visiteur de façon sensible, à la manière d’un voyage, par les vides et les pleins et les différences d’échelle.

Avec l’exposition «Super Asymmetry», Vincent Mauger interroge la notion même de volume et propose l’expérience d’une sculpture de l’immatériel. Au centre, le vide creuse une «sorte de paysage en négatif», dans l’enchevêtrement des lignes d’un nouveau plancher surélevé et composé de briques alvéolées. A l’extérieur, une sphère monumentale mêle les planches et chevrons d’une strate de palettes ajourées imbriquées entre elles.
Vincent Mauger aborde la sculpture par la trame et les vides sculptés. A la frontière entre volume et architecture, l’artiste recompose l’espace clos et trouble la vision du spectateur en déployant une installation véritablement vertigineuse.

«On aborde généralement le travail de Vincent Mauger par la forme ou la matière. L’artiste est arpenteur, topographe et géomètre, un génie du volume.
Ses sculptures ont une vaste dimension processuelle et paradoxalement une valeur d’exposition modérée. Achevées, elles sont autant d’obstacles raisonnables, de murs où cogne le regard du spectateur. Les ensembles de matière agglomérée sont des casse-tête que chacun peut s’employer à défaire par l’esprit. Devant les amas de briques, parpaings, gaines et tubes en plastique, l’œil est actif. On identifie, on qualifie, on quantifie pour résoudre le mystère de la masse. En somme, malgré leurs tailles, les œuvres de Vincent Mauger sont manipulables, en tous cas praticables. Elles requièrent du public une certaine capacité d’abstraction destinée à renvoyer l’objet vers son projet, à le reconcevoir.
L’installation au sein de l’espace de l’exposition est construite sur un particularisme architectural de la Maréchalerie; la salle n’est pas au niveau de son entrée mais Vincent Mauger la surélève en quelque sorte. Il engloutit sous la brique une partie des escaliers et provoque par là même un effet de quasi lévitation.
A l’inverse de la proposition qu’il avait faite à la Chapelle des Calvairiennes de Mayenne en 2005, Vincent Mauger choisit d’accentuer la trame alvéolée en travaillant des reliefs creux. Il met en place autant de précipices sous nos pas qui décuple la sensation de risque. Le jeu est là, dans la conscience lucide d’une sorte de panique voluptueuse. L’œuvre ne se réalise vraiment que dans le spasme, la transe ou l’étourdissement «qui anéantit la réalité avec une souveraine brusquerie».

Alexis Jakubowicz