Transports collectifs, 2012

Delphine Doukhan

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Transports collectifs, 2012

Galerie Rdv, Nantes, Fr, 2012; festival Trancsendance, Nantes, Fr, 2013; les rencontres de Sophies au lycée Perrin de Rezé, Fr, 2015 Nantes sur une invitation de production : ONYX La Carrière, Saint Herblain

vidéo, 20'

Evocation d’une transe collective – film complet sur : https://vimeo.com/89612886

Extrait feuille de salle de l’exposition à la galerie RDV, 2012

…/…Issue d’une performance scénique de 5 heures. Structurée en trois temps- repas, danse et transe- la video de delphine doukhan présente un groupe hétérogène d’enfants et d’adultes sur scène. Passé le temps du repas, chaque performer entreprend sa gestuelle mêlant consignes et improvisation. L’artiste expérimente les frontières entre photographie et vidéo en modifiant les rythmes de prise de vue. Le montage image de la vidéo est constitué de la succession de photographies réalisées lors de la performance. Il interroge la recomposition du mouvement, son appréhension : tantôt fluide, tantôt elliptique, redondant également par le biais de boucles images répétitives.
Le montage est cependant par l’unité rythmique et mélodique de la bande son issue de l’enregistrement sonore de la performance où le morceau de flute prend une part prépondérante. La bande son apporte une impression d’immédiateté en contrepoint au visuel. Celle-ci est constituée de la sonate pour flûte BW1013 de JS Bach jouée sur le plateau, qui mène la danse et les sorties de soi, mais prise dans le contexte sonore général de la performance. On entend des conversations, râles des protagonistes et encouragements de l’artiste en arrière scène.
La scission entre musique délibérée et exhortations spontanées, entre composition et lâcher prise est un des éléments centraux de cette production vidéo. L’objet proposé peut s’apparenter à un simulacre : produit sur une scène (Onyx à Saint herblain) en suivant un protocole établi par Delphine Doukhan et utilisant notamment des vêtement peints afin d’en assurer une plus grande coloration au sein d’une palette chromatique composée. Cette structuration libère au contraire le mouvement ; les vagissements et modulations du corps dans un premier temps forcés, dictés, permettent l’extase et la sortie de soi recherchés par l’artiste. Les chuchotements, conversations et moments de doute des performers dévoilent leur engagement total dans cette réalisation.
Poursuivant ce jeu de constructions entre captation de la réalité et montage, la photographie exposée syncrétise le paroxysme du temps de la transe, en un agencement combinatoire des présences maximales de chacun.