Artistes
Livia Deville : née en 1970 à Paris, vit et travaille à Nantes.
petits corps dansant, 2019-2022l'atelier ville de nantes, nantes
Expositions personnelles
2017
- «Juste Traverser», Galerie 5, Angers
2015
- «Bow Window», (avec Delphine Doukhan), Galerie le 61, Nantes
2013
- «Le crépuscules des idôles», Absence associé au « Voyage à Nantes »
2010
- Galerie RDV, Nantes
2008
- Galerie petit Maroc, St Nazaire
- Centre Culturel Français, Ouagadougou (Burkina Faso)
2007
- «Peintures», Box 202, Paris
2006
- «Chez l’un, l’une, l’autre», (Marie Pierre Duquoc), Nantes
2005
- «People-fiction», Résidence 2Angles, Flers
2003
- «Showbedroom», (Damien Bourdaud), Nantes
2001
- «Glasgow Project Room», Glasgow
1995
- «Manufacture des Oeillets», Ivry
Expositions collectives
2025
- «Collages», (avec Chimène Denneulin), Galerie la petite fabrique d’art, Paris
- «Dans ma fête, il y a un cactus», Bureau d’art et de recherche, Roubaix
2024
- «La nature des choses, L’orangerie», La Mothe Saint Héray
2023
- «Grand baz’art #2», Galerie RDV, Nantes
- «Gunaikeîon», Frac île-de-France, Fondation Firminco, Romainville
- «Dernier chapïtre dans la poussière», Galerie Kanudya, Ouagadougou, Burkina Faso
2022
- «Incertain ré-elles», (Projet avec Micha Deridder et Marie Drouet), l’Atelier, Nantes
2019
- «D.», Château de Rentilly / Frac île-de-France
- «ROAMING», (anniversaire du salon de Montrouge), Siège du PC, Paris
2018
- «Flux 2», Projet avec Cécile Degouy et Erwann Tirilly, Le Village, Bazouges la Pérouse
2017
- Rendez vous à St Briac
2016
- «Flux et autres arrangements», Ateliers Millefeuilles, Nantes
- «Pour un éventuel voyage 1», Séoul, Corée
2015
- «Burashi No Oto, Hanma Chinmoku», Ateliers Millefeuilles, Nantes
- «70 combats....», Musée Quesnel-Morinière, Coutances
2014
- «Le 61», Galerie Le 61, Nantes
- «70 combats pour la liberté», Bayeux
2013
- «Luku kefy, kladivà ticho», Nantes
- «Alternative Spaces», On Time, Rezé
- «So Nantes», Galerie Le Rayon Vert pour Le voyage à Nantes
2012
- «Pentzelen zarata mailu isiltasuna», Nantes
2010
- «Tryptique», Galerie RDV, Nantes
2009
- «A la surface de l’infini», (Frac Ile-de-France) Hors les murs, Noisy le sec
- «Multiples», Galerie RDV, Nantes
- «Art’s Birthday», Nantes
2004-2005
- «Projet Cône Sud», (Frac Ile-de-France/ Frac Poitou Charentes), Lima, Santiago, Buenos Aires, Montévidéo
2004
- «Biennale d’Art Contemporain», Nimes
- «Limit-Ed2, Le Triage», Nanterre
- «Une femme peut en cacher une autre», Moulin Gautron, Vertou
2000
- «Lives and Loves», Galerie Irvine, Ecosse
1999
- «Devenirs», Passage de Retz, Paris
- «Eclats 2», Galerie E-of, Paris
- «Carte Blanche 1, 2, 3 , 4», Paris, Dusseldorf, St Denis, Paris
- «Trio», Château de Servières, Marseille
1997
- «Eclats», Atelier Parisien, Paris
- «Salon de la jeune peinture», Paris
1996
- «Diplômés des Beaux Arts», Paris
1994
- «Autour d’un format», Centre d’art, Mont de Marsan
1993
- «Sur la ville», Centre d’art, Antony
- «Quai de la gare», (Chez Jean-René De Fleurieu), Paris
Résidences
2021-2019
- Résidence à la Fabrique des Dervallières, Nantes
2016
- Résidence au CHU, Angers
2008
- CCF, Ouagadougou, Burkina Faso
2005
- 2Angles, Flers
2001-1999
- Séjour-résidence à Glasgow aux Wasp’s Studios
Bourses, prix, aides
2024
- Aide à la création, DRAC, Pays de la Loire
2017
- Aide à l’aménagement d’atelier, Conseil Régional de Loire-Atlantique
- Aide à l’aménagement d’atelier, DRAC Pays de la Loire
2010
- Aide à la création, Conseil régional de Loire-Atlantique
2008
- Aide au matériel, Drac Pays de la Loire
2007
- Aide à la création, Conseil régional de Loire-Atlantique
Publications, diffusions
2022
- « Catalogue Incertain Réelles», Graphiste : Nicolas Gautron / Textes : Ilan Michel, Christophe Cesbron
2020
- «P.U.I. #46», Conférence : le geste pictural et la photographie
2017
- « Carte Blanche : Revue 303», Dossier Culture(s) du soin (septembre). Texte : François Durif
2016
- Catalogue de la résidence au CHU d’Angers. Graphiste : Daniel Habasque / Texte : Mohamed Rachdi
- Outils de médiations tactiles pour aveugles, Château de oiron
2015
- Mise en images de la revue “la santé mentale “, n° avril 2015
2011
- «Tiré à part», Revue 303 (Conseil Régional de Loire atlantique). Texte : Eva Prouteau
2010
- «Plaquette-affiche», Conseil général de Loire Atlantique. Texte : Sébastien Gokalp
2008
- «Welcome Home 2», (chez Delphine Doukhan), Nantes
2006
- Catalogue 2Angles
2004
- Catalogue Projet Cône Sud. Texte : Franck Lamy / Bernard Goy
- Article, Revue 303. Texte : Pierre Giquel
- «Catalogue « une femme peut en cacher une autre »», Texte : Virginie Péan
2001
- «Photographies, New Moves», Magasine sur la danse contemporaine (Ecosse)
2000
- «Catalogue « Devenirs »», Editions du sourire. Texte : Bernard Goy
Collections publiques, acquisitions
2025-1993
- Collections privées, publiques, Paris, Londres, Mexico, Nantes, Nîmes, Orléans
2022
- Acquisition de l’artothèque Art Delivery, Nantes
2012
- Acquisition de Conseil Général de Loire Atlantique dans le cadre du 1%
1998
- Acquisition du Frac Ile-de-France
1996
- Prix Rocheron
Workshops, enseignement
2025-2016
- Enseignante : programme international + classe préparatoire, Beaux Arts de Nantes-St Nazaire
2023-2002
- Intervenante au Château d'Oiron
2024-1990
- Workshop aux Bx Arts, Ecole privée et publics scolaires, Loire Atlantique, Région parisienne et Burkina Faso
1999-1996
- Enseignante en Arts Plastiques, Valenton, Villeneuve Saint Georges, Neuilly-Plaisance
Écoles, formations
1995
- DNSEP, Paris, Mention TB (chez Pierre Buraglio)
1990
- Maitrise d’Arts Plastiques, “La fabrique de paysages”, mention TB Université de Provence
- Capes d’Arts Plastiques. Major promotion
Se laisser traverser
Quel que soit son médium, la souveraineté de l’artiste réside dans la liberté de commencer. Tout reprendre du début, chercher son motif : quelque chose qui relance le désir.
« Le peintre qui voulait peindre quelque chose, encore que dans une transposition personnelle, peint maintenant en soi, pour le salut de son âme ; c’est seulement dans ces moments-là qu’il a réellement un motif devant soi ; dans tous les autres, il ne fait que se l’imaginer. Quelque chose a fondu sur lui qui détruit l’intention et la volonté. » 1
Dans ses derniers dyptiques, Livia donne le sentiment d’être au plus près de son motif, prise elle-même dans son processus de découpe du réel et de transposition personnelle dans un milieu qui lui convient – là où « la vibration se fait déjà résonance » 2.
Tout en se tenant à son médium, elle invente sa méthode, accueille les temps hétérogènes dont sont faits ses tableaux : couches d’images dont elle ne prélève que des fragments, des figures. Dans cette série, pas de travail de recouvrement par de larges aplats de couleurs, elle façonne ses images de telle sorte que celles-ci l’obligent à se déplacer quant à sa pratique de peintre.
À quelle activité s’adonne-t-elle, si ce n’est à sa propre métamorphose ?
« Le ciel est partout : il est l’espace du mélange et du mouvement, l’horizon définitif à partir duquel tout doit se dessiner. » 3
Fluidité de l’espace dans lequel se meuvent ses silhouettes découpées sur fond de mer.
Plus de sol où s’ancrer, plus d’horizon sur lequel river son regard.
La toile devient l’écran sur lequel s’inscrit la figure saisie dans sa chute immobile.
Plus qu’un saut dans le vide, c’est un corps qui se cambre ou se recroqueville, tout en prenant appui sur l’air.
Images réminiscentes que Livia recompose dans l’espace du tableau, selon une procédure qui lui est propre. Il y a le choix de la figure prélevée dans le flux d’images, puis les opérations de coupe et découpe, cadrage et décadrage, collage et décollement du contexte.
Il y a le choix du format, le changement d’échelle, le dessin des contours du corps sur le rectangle blanc de la toile. Puis vient le geste du masquage : corps et éclats de lumière sont isolés par des adhésifs, afin de pouvoir peindre la surface modulée de l’arrière-plan.
Un découpage du temps dans l’exécution de chaque geste qui affleure à la surface du tableau : « Le contour est au service de la vibration. » 2 Ce que Livia s’attache à peindre, c’est bien « l’étreinte des sensations » 2 , ce que Gilles Deleuze détecte dans l’œuvre de Francis Bacon.
Une fois la figure peinte, la dernière opération consiste à décoller les adhésifs qui feront apparaître les blancs laissés en réserve : flocons blancs de lumière qui parsèment la toile, ce qu’elle nomme « scintillement ».
Semblables aux images que l’on recueille au moment du réveil : figures qui se frayent un passage entre plusieurs nappes de sensations, là où désirs et mémoires se tressent dans l’opaque et le diaphane. Le tableau devient « lieu d’une étreinte » 2. Le geste du peintre rend une consistance aux grains de lumière, aux corps comme en apesanteur.
Au point d’intersection des forces antagonistes qui la traversent, Livia saisit la « force diagonale » 4 : point de vitalité qu’elle semble atteindre dans un double mouvement de prise et de déprise. C’est en rendant sensibles les temps à l’œuvre dans l’acte de peindre qu’elle accomplit ici sa mue.
Juste traverser, se laisser traverser.
« Remettre le passé au présent. Magie du présent. » 5
François Durif, 2017
1. Robert Musil, L’Homme sans qualités, tome 2, Éditions du Seuil, 1956
2. Gilles Deleuze, Francis Bacon – Logique de la sensation, Éditions de la Différence, 1981
3. Emanuele Coccia, La Vie des plantes – Une métaphysique du mélange, Éditions Payot & Rivages, 2016
4. Hannah Arendt, La Crise de la culture, Éditions Gallimard, 1972
5. Robert Bresson, Notes sur le cinématographe, Éditions Gallimard, 1975
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