Artistes

Anne-Sophie Yacono : born 1987 in Paris, lives and works in Nantes.

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Color pit – Le 6b

Color pit – Le 6bSaint-Denis

Rouge Balnéaire

Rouge BalnéairePrieuré Saint Nicolas, Sables D'Olonne

Chatteland’s doors

Chatteland’s doorsLefebvre&fils galery, Paris

Premature Thawings
44:23

Premature ThawingsAtelier Alain Lebras

Solo exhibitions

2020

  • «STALAGMITUS DIGITUS STALACTITA PURUSA», en duo avec Cornelia Einchhorn, Ateliers Bonus, Nantes

2019

  • «Révolution à Barbizon», avec Simon Pasieka, Galerie RDV, Nantes

2018

  • «Chatteland», vitrine Sill, Nantes
  • «Performance Wicked woman», festival excentricté IX, ESAB Besançon

2017

  • «Organes corrupteurs», Exposition au festival ONE+ONE, Hotel de Vogüé, Dijon
  • «Effeuillage», Expositions au festival ONE+ONE, Alchimia, Dijon
  • «Performance Wicked Woman», Festival ONE+ONE, Hôtel de Vogüè, Dijon

2015

  • «Départ pour Chatteland», Mix’art Myrys, Toulouse
  • « Les portes de Chatteland», Galerie Lefebvre & fils, Paris
  • «Performance d’occupation d’une salle à l’inauguration de la Fabrique sur trois jours », avec Apo 33, Nantes

Group exhibitions

2020

  • «Unknown cover band», collectif la Méandre, Châlon-sur-Saône

2019

  • «110m2», avec le collectif Open it, Nantes

2018

  • «Inauguration du pays du Mat», ferme de Quincé, Rennes
  • «Ouverture des ateliers BONUS», Nantes
  • «Great Planet», Cité universitaire internationnale, Paris 2017 - Pharmakon, CAS, Osaka, Japon

2017

  • «Pharmakon», CAS, Osaka, Japon
  • «Pharmakon», the Terminal, Kyoto, Japon
  • «Color pit», 6B, Saint Denis
  • «Rouge Balnéaire», prieuré Saint-Nicolas, les Sables d’Olonne
  • «Métamorphoses», centre Jacobin, Le mans
  • «Réveille-moi», exposition des prix de la ville de Nantes, Atelier, Nantes

2016

  • «Deuxième mesure de la parallaxe d’une étoile», invitée par Bonjour chez vous, galerie des Beaux-arts de Nantes
  • «Pour un éventuel voyage-carte de Séjou», galerie GONGDOSA, Séoul, Corée
  • «Pour un éventuel voyage-carte de Séjou», Yangpyeong, Gyeonggido, Corée

2015

  • «Burashi no oto, hanma chinmoku», Millefeuilles, Nantes
  • «Castel#2», ARTinNATURE, Busan, Corée
  • «Castel#1», Atelier sur l’herbe (exposition itinérante), Nantes
  • «Caprices», exposition en ligne par the second kiss company
  • «L’Orange, l’huître ou les plaisirs de la porte», Atelier Alain Lebras, Nantes
  • «Innocence», Temple du goût, Nantes

2014

  • «Sonitus perterget, silentium malleis», Millefeuilles Nantes
  • «Opening Dulcie», exposition des aquisitions 2014, Dulcie Galerie (artothèque), Nantes
  • «Croisière lipstyx», performance, galerie du 48, Rennes
  • «Tourisme en allergies», avec l'association Lokotoro, CHU de Nantes
  • «59éme salon de Montrouge», Montrouge
  • «La chasse aux fauves», Galerie de l’ESBANM, Nantes

2013

  • «Le clou», Atelier Chateaubriand, Nantes
  • «hluku kefy, kladivá ticho», ateliers Millefeuilles, Nantes
  • «Festival Art d’ici», Angers
  • «Salve pour un temps présent», syndicat potentiel, Strasbourg
  • «Décongélations prématurées», Atelier Alain Lebras, Nantes
  • «Blanc», Ermitage, Rueil Malmaison
  • «Des Dessins», Ateliers ESBANM, Nantes

2012

  • «Le noël de Léon», Galerie A, Denée
  • «Pintzelen zarata, mailu isiltasuna», Millefeuilles, Nantes
  • «Salon du Touquet Paris-Plage»
  • « Inauguration des ateliers Millefeuilles», Nantes
  • «Boring 2», centre Félix Thomas, Nantes
  • «Salon de l’Art et de l’Edition parallèle», au centre d’art Aponia à Villiers sur Marne
  • « Imondes oeuvres de jeunesse», galerie des Beaux Arts de Nantes

2011

  • «Petit Marché de l’Art», Rayon Vert, Nantes
  • «Mets tes talons et va faire un G.R !», centre Félix Thomas, Nantes

2010/2011

  • - Participation à trois éditions de L’exposition sur table, dont une à l’école d’architecture en avril 2011 dans le cadre du festival Archiculture, Nantes

2010

  • «REAL PRESENCE», Belgrade, Serbie
  • «Retransmission 3 », du projet de recherche « plug in » sur l’art et le multimédia dans la ville de Nantes
  • «L’Ivresse du bien», centre Félix Thomas, ateliers des Beaux Arts de Nantes 2008
  • « Blockhaus DIY», Blockhaus, Nantes

2007

  • «I would prefer not to», galerie des Beaux-Arts de Nantes

Grants, awards

2017

  • Aide à l’aménagement de l’atelier, Drac pays de la Loire

2015

  • Prix des arts visuels de la ville de Nantes

Publications, broadcasts

  • «Portrait : Mythologies Féminines, article dans le numéro 118 du magasine Ateliers d’Art»
  • «Contribution à Banshee, recueil d’œuvres réalisé par Boris Détraz, Nantes»
  • «Présentation en ligne de l’exposition de céramiques à la Galerie Lefebvre & fils par le journal Wall Street Internationnal (Art Section) : http://wsimag.com/art/12452-anne-sophie-yacono»
  • 2014

    • «Catalogue du 59éme salon de Montrouge», texte par Marianne Derrien
    • «Présentation au japon dans un article du Toxic girl review vol.12, Matsuo Megumi+Voice Gallery, texte de Miki Okubo»

    2013

    • «Catalogue du festival Art d’ici, festival d’art contemporain à Angers»
    • «Manifeste de la décongélation», (édition de l’exposition Décongélations prématurées)

    2012

    • «Lauréate du CLAP (Comité Local d’Aide aux Projets) pour l’exposition Décongélations prématurées»

    Public and private collections

    2013

    • Collection des Beaux-arts de Nantes

    Workshops, teaching

    2019

    • Le banquet du dessin, workshop de dessin, Ecole des Beaux-arts de Nantes Saint-Nazaire

    2019 - 2014

    • Animatrice à l’Accoord dans tous les centres de loisirs de Nantes

    2016

    • Élaboration et réalisation du projet Espace inconnu, atelier avec les enfants, MOM’artre, Nantes

    2015

    • Suite du projet Perspectives/les espaces inconnus, MOM’artre, Nantes

    2014

    • Élaboration et réalisation du projet Perspectives/les espaces inconnus, ateliers d’art plastique avec les enfants de l’association MOM’artre, Nantes

    2008-2009

    • Stage à l’Hôpital de jour AN TREIZ : projet d’animation et de développement d’une activité artistique en groupe sur le thème de « La ville et la musique »

    2008

    • Session d’animation de l’activité Beaux Art, hôpital Saint-Jacques, Nantes

    Education, training

    2011

    • DNSEP (Diplôme National Supérieur d’Etudes Plastiques) avec mention pour la qualité des réalisations à l’ESBANM

    2010

    • Échange scolaire Erasmus en Norvège à la Kunsthøgskolen i Bergen (KHIB)

    2009

    • 2009 - DNAP (Diplôme National d’Art Plastique) à L’école Supérieure des Beaux-Arts de Nantes Métropole (ESBANM)

    2005

    • Baccalauréat scientifique, lycée Janson de Sailly, Paris

    S.V.T. PARASIDE

    La propagande du « pays-spécimen » Chatteland prône l’apothéose de la jouissance visuelle et sème des MST yaconesques redoutables sur sa route.
    Ces oeuvres-parasites sont les icônes d’une conception de la puissance dirigée par une artiste incantatrice.
    La pratique d’Anne-Sophie Yacono est une odyssée mentale et sexuelle. Ses œuvres hypnotiques à la géographie sérielle troublent une « vérité » séculaire ; celle de la prise de pouvoir, d’une renaissance, de l’intronisation du sexe féminin.
    Ses sculptures sont les témoins d’un monde englouti qui réapparait par à-coups et fait tressaillir chaque nuque et chaque organe dès que la légende est invoquée. Toutes les mythologies ont en commun la narration d’une fiction où les femmes et les hommes se projettent et se perdent au bon vouloir de leur interprétation. Ce mythe artistique est celui d’une philosophie de la voracité qui met en scène des êtres monstrueusement attirants.

    Anne-Sophie Yacono totalitarise un art de la transcendance, très empreint de la philosophie musicale et cathartique du métal. Ses actions sculpturales sont réalisées dans cet esprit d’expansion et d’exutoire des émotions.
    Elle s’imprègne de l’intensité de ce courant musical et donne une énergie théâtrale et légendaire à ses formes artistiques. Ses œuvres sont à l’image du heavy metal, techniques et héroïques. Vraie métaleuse, elle adresse un message pictural à la fois trash et mélodique en maniant le second degré, le ridicule et la symphonie.

    Interférences organiques et baroque intestinal dépeignent un cauchemar lancinant auquel nous confronte l’artiste. Elle associe des techniques de peinture, de céramique, d’encadrement, de dessin et de digestion pour « faire aller » une sculpture de l’incarnation. Ses ombrages subtils, l’apocalypse de ses entrelacs et l’ivresse de sa picturalité sont en proie à des mouvements imperceptibles qu’elle convoque dans ses lignes, ses courbes et ses bouillies peintes. Ponctuellement l’invasion s’intensifie grâce à des processions performatives où les hôtes infectés interviennent tels des messies chatoyants et absurdes, prêchant une légitimité de la fascination pour l’illusion Chatteland.
    Elle porte le rose à son paroxysme. La couleur imposée au féminin dépasse cette absurdité et devient un fantasme, celui de la vraie couleur du corps ; la complexion interne comme universalité chromatique.
    La peau se retire et laisse entrevoir fleurs et feuillages luxuriants qui se mêlent pour créer un plumage dystopique et envahisseur. Le débordement et le tumulte offerts ouvrent un poste d’observation sur la richesse des torsions et les inépuisables motifs de « végé-carnation » que l’artiste convoque. Anne Sophie Yacono réduit le corps à l’état de liquide et recouvre avec cette humeur des totems à l’effigie de Chatteland qu’elle nourrit de manière rizhomatique ; telle une araignée piégeant ses proies dans sa toile, les mordant pour les dissoudre de l’intérieur et ainsi se rassasier de leur substances.
    Là où le désordre est la vie, elle tient un rôle d’exploratrice, dit oui au terrible et au sublime.

    L’artiste caractérise ses créatures par l’insoupçonnable piège de l’apparence à l’image des tentacules fatales et protectrices de l’anémone de mer ou bien de la solide fierté des fragiles coraux.

    Venues des abysses, Iron Maiden et Je pense à toi sont ses premières œuvres en métal, reflets de la légèreté et l’indestructible de son univers.
    Elle dompte l’acier et le cuivre : grave, découpe, froisse, ondule, chauffe et dresse en effigie.
    Les matières brutes entre ses mains évoluent dans des postures de camouflage, de séduction, de parure et d’atours biologique et géologique.

    Iron Maiden est une sculpture au centre de laquelle est assemblé un miroir peint recto-verso, bloqué dans les lames métalliques d’une fleur carnivore. Ce portail dont la psychée centrale nous propulse dans un passage spatio-temporel, est-il l’apparition d’une armée naissante de Chatteland ?
    Au bout de cet intestin qui nous tend ses lèvres coupantes, aiguisées, un paradis illusoire.

    Observer, porter son attention trop près de la vierge de fer, c’est prendre le risque de se faire bouffer, digérer, donnant ainsi un peu plus de pouvoir à Chatteland par notre sacrifice.
    Ainsi morts dans l’oeuvre mouvante, d’autres espaces s’ouvriront, leurs dimensions n’existant plus vraiment et variant jusqu’à ce qu’on ne puisse plus se faire d’idée de la réalité de l’oeuvre symptomatique.
    Peut-être serons nous recrachés dans une nouvelle œuvre de l’artiste. Un boyau sur le rebord d’un cadre scintillera dans l’acrylique fraîche, une silhouette génitale vibrera dans les tréfonds roses d’une huile et des miettes de cervelle se figeront dans une ultime cuisson au four, émaillées et reconstituées par la main infernale de l’artiste.
    Ses sculptures sont ses sbires, des œuvres qui se parcourent au gré d’une procession qui s’active par pénétrations et expulsions.
    Pendant d’Iron Maiden, Je pense à toi est une entité sculpturale phallique, sédimentation de différentes essences de bois et ornée d’une colonie fongique de pétales de cuivre scintillants.

    Représentante et incarnat de l’étrange utopie dictatoriale des vices, des fioritures et du pouvoir de l’estomac et ses tubes – qui tel un deuxième cerveau fomentent un coup d’état sur le corps – Anne-Sophie Yacono créé avec une pleine conscience, le bide et les tripes.

    Sa peinture fascine et sa sculpture nous étreint dans un dernier face à face avant de disparaître : Implorer pitié, est-ce une bonne idée ?

    Léo Bioret

    « Thinking of an age old dream, places I have never seen,

    Fantasies lived times before.
I split my brain, melt through the floor.
    Over clouds my mind will fly, forever now I can't think why.

    My body tries to leave my soul.

    Or is it me, I just don't know.
    
Memories rising from the past, the future's shadow overcast.

    Something's clutching at my head, through the darkness I'll be led. »1

    Cannibal Holocaust versus Barbara Cartland

    « L’univers pénètre en nous par les déchirures du corps » écrivait Simone Weil. Faire face aux portes de Chatteland demande courage, audace et force. Ce lieu indéter- miné ou ctif se trouve partout et nulle part à la fois. Connaissant les secrets de ce monde entre les mondes, Anne-Sophie Yacono, peintre, dessinatrice convoque, avec cette installation massive et éloquente constituée de 11 sculptures en céramique émaillées avec socles en bois sculptés teints et cirés, une nouvelle manière d’appréhender la texture charnelle du corps. Il s’agit d’être attentif au champ de la chair. Les portes de Chatteland sont une parcelle de ce monde aux paysages vulvaires, oraux et sous marins. Depuis plusieurs années, Anne-Sophie Yacono fabrique la cartographie de ce pays imaginaire qui a peut être existé ou qui existera. Oscillant entre science c- tion, mysticisme et histoire des corps, la création de ce monde imaginaire à la fois menaçant, attrayant et fantasmé souligne l’importance de l’adversité mise à l’épreuve.

    Les œuvres d’Anne-Sophie Yacono sont burlesques, carnavalesques dans son rapport premier et primaire au corps et à la chair. Bouillasses informes et gigantesques, certaines de ses peintures représentent et suggérent des amas de corps qui tendent vers une abstraction cachant toute une part gurative faite de tracés. L’onirisme se conjugue avec le côté ctionnel d’un monde à part entière. Par cette incroyable métamorphose de la « viande humaine », ses sculptures en céramique tout comme ses peintures de très grand format nous absorbent, nous ingèrent littéralement. Projetés dans ces paysages-boyaux, à la fois intérieur et extérieur du corps, cette chair rose guimauve donne l’envie d’être triturée ou d’être mâchouillée comme un bonbon bien gélatineux. Loin d’être sanguinolentes, ces œuvres retournent les fantasmes dans tous les sens. Sensualité, sexualité et supplices char- nels sont mis hors du temps, placés dans les méandres de Chatteland qui nous invite à découvrir petit à petit cet autre monde où les rapports de pouvoir et de désir se confondent.

    Anne-Sophie Yacono invoque la gure et l’esprit de Lucifer. L’Enfer de la Divine Comédie de Dante avec son orilège de punitions et de sévices, entre récompenses et châtiments n’est pas loin. Contamination et saturation des lignes et des coloris aux teintes pastels, la prédominance de la couleur rose renvoie à la part infantile et cari- caturale de la symbolique de cette couleur pour désigner le féminin. Du baroque à l’informel, les célèbres fresques de Carrache semblent être passées au mixeur de cui- sine et à la passoire. Se référant aux œuvres de Paul McCarthy ou aux actionnistes viennois, à la littérature et au cinéma de Cahterine Breillat, Anne-Sophie Yacono crée un monde de formes extra-ordinaires a n de mieux s’engouffrer dans ce premier vestibule amenant aux portes de la matière pétri ée et inerte désirant redevenir vivante.

    « The universe penetrates us through tears in the body» wrote Simone Weil. To face up to the gates of Pussyland requires courage, audacity and strength. This indeterminate or ctionnal place is both everywhere and nowhere. K,owing the secrets of this world between worlds, Anne-sophie Yacono, painter, draughtsman, with the massive and eloquent installation comprising 11 sculptures in enamelled ceramic with plinths in tinted and waxed sculpted wood, invites a new manner of approaching the carnal texture of the body. It is about being attentive to the eld of the esh. Les portes de Chatteland (the Gates of Pussyland) are a parcel of this world of vulva, oral and underwater landscapes. For several years, Anne-Sophie Yacono has been making a cartography of this imaginary country which may exist in the future. Oscillating between science- ction, mysticism and the history of bodies, the creation of this imaginary world that is simultaneously threatening, attractive and fantasized emphasizes the importance of adversity putto the test.

    Anne-Sophie Yacono’s works are burlesque, carnavalesque in their rst and primary relation with the body and esh. Shapeless, gigantic lumps of muck, some of her paintings depict and suggest heaps of bodies that tend toward an abstraction hiding an entire gurative part made of lines. The fantastical quality combines with the ctionnal part of this creation of a world apart. By this incredible metamorphosis of «human meat», her sculptures in ceramic like her very large format paintings absorb us, litteraly ingest us. Projected into landscape-guts, both inside and outside the body, this bubblegum pink make you want to be triturated or be chewed like a very gelatinous sweet. far from being sanguineous, her work turn the fantasies in all directions. Sensuality, sexuality and carnal torments are put beyond time, placed in the meanders of Pussyland which invites us to discover this other world little by little, where relations of power and desire merge.

    Anne-Sophie Yacono invokes the gure and spirit of Lucifer. The Hell of Dante’s Divine Comedy with it’s anthology of punishments and abuses, between rewards and punis- hments is not far. Contamination ans saturation of the lines and colours in pastel shades, the predominance of the colour pink refers to the infantile and caricatural share of the feminine. From the baroque in the informal, the famous frescoes by the carracci seem to have been put throught a kitchen blender and a strainer. Referring to the viennese actionnists, to the works of Paul McCarthy, to Catherine Breillat’s litterature and cinema, Anne-Sophie Yacono creates a world of extra-ordinary shapes, in order to be better engulfed in this rst vestibule leading to the gates of the petri ed and inert matter wanting to become alive again.

    Marianne Derrien

    A l’occasion du 59ème salon de Montrouge

    Chatteland

    Chatteland est un monde parallèle.
    Chatteland est la consécration du sexe féminin, sa domination suprême. Le sexe féminin y a tous les pouvoirs.
    Les entrées de Chatteland prolifèrent dans notre monde comme de la mauvaise herbe et parasitent notre réel.

    Les éléments de Chatteland auquel nous avons accès, et qui sont visibles en photo dans la suite de ce document, sont gés comme dans l’attente d’être réveillés. Ils semblent emprunter du végétal, du minéral et de l’animal.
    Ces « organismes » nous désirent. Ils sont là pour nous séduire. Ils veulent nous attirer a n de faire de nous, êtres humains, des proies pour Chatteland : le monde dévorateur par excellence. Ils sont des milices au service du pouvoir en place à Chatteland (ex : les tirelires des Portes de Chatteland) ou des colporteurs d’images se déployant comme de la publicité en pop up voire même de la propagande chatoyante (ex : la série les Enjolivorures).

    Chatteland, ainsi que ses milices, ont intégré certaines normes assignées au féminin, comme la couleur rose, a n de pouvoir entrer dans la séduction de la manière semblant la plus ingénue possible.

    Il est possible de vivre à côté de ces « objets » sans se douter qu’ils puissent devenir dangereux. Mais de nombreux cas de disparition ont déjà été signalés notam- ment parmi les scienti ques ayant commencé à s’y intéresser. Il en a été de même chez les civils ayant voulu les utiliser pour décorer leur habitat.
    D’ailleurs, certaines théories circulent comme quoi Chatteland aurait pu parasiter des objets et des organismes préexistant sur notre terre de manières encore dif- férentes que celles que nous avons déjà énumérées et cela depuis des millions d’années. Cependant aucune preuve tangible ne peut af rmer cette assertion.

    D’après les recherches très incomplètes des scienti ques disparus, pour entrer à Chatteland, il faut changer de forme et perdre, entre autres, « sa peau ». Ainsi, le visiteur révèle sa couleur interne rose voire rouge et va donc « mourir ». Mais ici la « mort » est nécessaire a n de pouvoir être adapté à ce monde parallèle et en ressentir toute l’allégresse. A Chatteland, contempler ses organes répandus sur le sol est une expérience esthétique totale et réconfortante.
    Chatteland est un enfer paradoxal où la sensualité et le plaisir sont promus comme étant supérieurs. Mais cela reste une hypothèse.

    Chatteland semble être divisé en plusieurs parties dont la plupart sont encore inexplorées.

    A ce jour, nous avons eu des échos de territoires divers connus sous les noms suivants :

    • –  Les Portes de Chatteland constituées par ce qui semble être des messagers magiques se rassemblant a n de créer une ouverture vers Chatteland,
    • –  La Jungle de Chatteland, soit le couloir spatio temporel de transformation qui mâche et digère les êtres humains a n de les rendre comestibles pour

    Chatteland et ainsi permettre à ces derniers d‘y transiter,

    • –  Les couloirs de Chatteland qui séparent plusieurs parties de Chatteland comme des membranes,
    • –  L’océan de Chatteland où le sexe masculin est amené à s’étouffer avec ses propres sécrétions ininterrompues,
    • –  Plug city qui est le dernier bastion connu de la masculinité libre,
    • –  Une zone appelée arbitrairement Enfer où est évacué le restant des corps des visiteurs humains de Chatteland,
    • –  la forêt de Chatteland où semble émaner un semblant de mélange intersexualisé créé sur de nouvelles bases grâce à un terrain particulièrement fertile.

    On a aussi tenté de cartographier ainsi que de représenter Chatteland mais ce monde n’a encore jamais été vraiment saisi, il échappe aux normes actuelles. D’ailleurs il semblerait que Chatteland échapperait même à sa propre radicalité de part sa nature organique en perpétuel épanouissement.

    Chatteland part de la forme du sexe féminin, de la fente auréolée de la vulve, comme il part de la fente d’une blessure. L’écartement de la chair de Chatteland est l’ouverture sur la douleur du féminin vivant dans l’ombre et le mépris. Chatteland raconte le commencement par la fente, l’ouverture sur le monde de l’organe féminin qui produit tout autant la vie que la mort et que l’on a de cesse de vouloir cautériser.

    Chatteland, dont le nom a été choisi comme celui d’un groupe de punk, créé une catharsis du mot féminin au sens large a n de créer un refuge mais aussi des armes contre le patriarcat.

    Anne-Sophie Yacono

    Nantes, 2 mars 2017

    L’histoire d’ "une femme qui ne mange pas"

    Anne-Sophie Yacono, artiste française, aborde dans son travail la complexité de l’identité sexuelle, dans « Les portes de Chatteland », installation de sculptures en céramique, dans une exposition intitulée « Décongélations prématurées » où Yacono elle-même fut l’organisatrice en tant que curatrice.
    Chaque sculpture parée de belles couleurs variées, fait allusion à la notion de tirelire dans sa forme, muni d’un trou profond ou d’une déchirure étroite au milieu de son corps. La sculpture la plus imposante se situe au milieu de cet ensemble. Elles représentent la porte de « Chatteland », un monde imaginaire que l’artiste a tiré d’après l’Enfer de Dante. Chaque sculpture en forme de tirelire, voire de récipient, est pour l’artiste le symbole du sexe féminin; elle avale des objets étrangers, conçoit un fœtus mais peut aussi être détruite par un évènement inconnu tel que la violence. Le monde « Chatteland » est un lieu où les sexes féminins paraissent envahissants et supérieurs aux sexes masculins qui sont quasi invisibles, en créant un univers heureux et paisible grâce à l’absence des hommes. Toutefois, ce beau défi ambitieux « d’un monde où règne le sexe des femmes » est soudainement bouleversé quand nous réalisons la double face de la sculpture se situant au milieu de cet ensemble. La sculpture centrale possède une face devant la forme de sexe féminin qui est alors dominée par une autre face : un sexe masculin géant.

    Miki okubo

    Extrait de L’histoire d’« une femme qui ne mange pas », texte traduit du japonais de Miki Okubo pour le toxic girl rewiew 12, 2014.

    STALAGMITUS DIGITUS STALACTITA PURUSA

    8 rue de la fosse
    44000 Nantes, France

    annesophieyacono@yahoo.fr
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    Instagram

    Lefebvre&fils
    24, rue du Bac Paris, France
    Tel. : +33 1 42 61 18 40
    lefebvreetfils@gmail.com
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