AUBES, 2020

Gaëlle Cressent

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Gaëlle Cressent, «AUBES», 2020, photographie : Philippe Piron
Gaëlle Cressent, «AUBES», 2020, photographie : Philippe Piron
Gaëlle Cressent, «AUBES», 2020, photographie : Philippe Piron
Gaëlle Cressent, «AUBES», 2020, photographie : Philippe Piron

AUBES, 2020

Panneaux de signalétique, 47cm et 67cm de diamètre, film iridescent, résine cristal.

Avec la série « Aubes », Gaëlle Cressent cherche à saisir l’atmosphère d’un moment fugace: celui où la lumière du soleil levant commence à colorer l’horizon, suspendu à la lisière où s’entremêlent la fraîcheur bleutée de la nuit et la promesse incarnadine du jour. Dans une approche minimaliste, mais résolument poétique, l’artiste a récupéré des objets du quotidien (en l’occurrence, des panneaux de signalisation routière) pour les transfigurer.
Les pictogrammes initiaux – figés, plats et univoques – disparaissent ici au profit de surfaces réfléchissantes et iridescentes, parsemées de gouttelettes de résine transparente. Fragmentaires et mouvantes, indissociables du contexte où elles sont vues, les images diaprées et brumeuses renvoyées par ces disques-miroirs n’existent que par le regard et pour lui seul. En faisant circuler l’œil entre profondeur et surface, en jouant des allées et venues entre un territoire « à côté » et son orée perlée, entre transparence et reflet, réel et illusion, image et imaginaire, « Aube » ouvre des fenêtres propices aux promenades introspectives : une mise en espace et en couleur d’un sentiment, en somme, dans laquelle le langage trouve successivement ses limites et son accomplissement.

Torkil Charpentier
texte pour l’exposition Prismes, au Ceaac, Strasbourg (2020)