La circulation des briquets, 1998

Laurent Moriceau

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Laurent Moriceau, «La circulation des briquets», 1998, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «La circulation des briquets», 1998, photographie : droits réservés

La circulation des briquets, 1998

Table basse, 1000 briquets, texte Saint-Nazaire, Grand Café sur une invitation de Ateliers internationaux du Frac des Pays de la Loire commissariat Jean-François Taddei

La flamme du briquet.

Aux ateliers du frac des Pays de La Loire en 1998 à Saint-Nazaire, l’artiste disposa sur une grande table basse une impressionnante quantité de briquets ordinaires, de ceux que l’on achète avec son paquet de cigarettes, dont on fait semblant de sélectionner avec soin la couleur et qu’on laisse distraitement sur une table e bistrot, de ceux que l’on prête sans problème car ils font partie de l’attirail toujours renouvelé du fumeur impénitent. Les visiteurs étaient invités à échanger leur propre briquet avec l’un de ceux installés par l’artiste. Ces échanges multiples et discrets étaient à peine perceptibles si l’on n’assistait pas à la scène et si un briquet tout à fait original n’était pas introduit dans le lot. A la fin de l’exposition, on aurait pu avoir une configuration presque identique à celle du début. Ou se situait l’œuvre ? Certainement pas dans le rassemblement des briquets dont la conservation n’offrait évidement aucun intérêt. La circulation des briquet avait existé le temps de l’exposition dans ces échanges successifs qui avaient créé des liens invisibles et fugaces entre des individus qui ne s’étaient même pas forcément rencontrés et reconnus. Les fumeurs ou plutôt les possesseurs de briquets avaient accepté d’échanger leur flamme. Complicités anomymes, histoires d’amour esquissées.

Jean-François Taddei

Extrait du livre d’artiste de Laurent Moriceau intitulé :
Les Perméables/Laurent Moriceau+Invités, 2002