L’album diffus, 1997

Laurent Moriceau

1/8
Laurent Moriceau, «L’album diffus», 1997, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «L’album diffus», 1997, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «L’album diffus», 1997, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «L’album diffus», 1997, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «L’album diffus», 1997, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «L’album diffus», 1997, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «L’album diffus», 1997, photographie : droits réservés
Laurent Moriceau, «L’album diffus», 1997, photographie : droits réservés

L’album diffus, 1997

Paris, Tokyo

L’album diffus.

C’est dans le même registre que Laurent Moriceau imagine en 1997 l’album diffus, répertoire improbable et parfaitement aléatoire de ce qui constitue d’ordinaire un album de photos, ensemble d’images privées, souvenirs de vacances, portraits de la famille dans diverses situations festives ou banales. L’artiste se poste dans un site fréquenté par les touristes ; il porte un T-shirt sur lequel est écrit « please could you send me this photograph » avec son adresse. Et il espère qu’un jour, en Arizona ou à Séoul, quelqu’un remarquera ce message sur un de ses clichés souvenirs et s’amusera à obéir à cette injonction. Et Moriceau de rêver se constituer ainsi son album, fruit de toutes ces rencontres furtives et résultat du seul hasard. Il faut que le message apparaisse fortuitement et a posteriori, comme ces détails saisis accidentellement par l’objectif – un placard publicitaire, un animal qui passe, un personnage grotesque – qui deviennent soudain l’élément important de l’image et lui donnent son véritable sens. L’album de famille se recompose ainsi sans rien devoir aux liens du sang ni à l’amitié. Il n’existe pas pour garder la mémoire des instants privilégiés ou attester de la présence de son auteur devant un monument célèbre. Il est le répertoire dérisoire mais savoureux de tous ces êtres humains que le destin a fait croiser Laurent Moriceau et qui ont accepté de jouer le jeu. Reconnaître pour sienne la règle édictée, c’est entrer dans le système de l’artiste et participer à une aventure joyeuse et légère. L’art de Moriceau est tout sauf grandiloquent.

Jean-François Taddei

Extrait du livre d’artiste de Laurent Moriceau intitulé :
Les Perméables/Laurent Moriceau+Invités, 2002