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Jean Bonichon

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Grotte de nez

Grotte de nez, 2018Chemin d'Art, biennale d'art de Saint-Flour

Petits Voyages Extraordinaires

Petits Voyages Extraordinaires, 2016Mini-golf de Nantes Camping, Nantes

Double-edged

Double-edged, 2016NOASS, Riga

Bestiaire inadapté

Bestiaire inadapté, 2014Cour Carré, Centre Culturel de la Tour à Plomb, Couëron

Le mécanomime
01:23

Le mécanomimeAtelier Alain Le Bras, Nantes

Un pas de côté
13:16

Un pas de côté, 2013Galerie du Haut Pavé, Paris

L’éveil des sakura

L’éveil des sakura, 2013Galerie 5, BU d'Angers

Bestiaire inadapté

Bestiaire inadapté, 2012L'Atelier, Nantes

Lecture gargarythmique

Lecture gargarythmique, 2011CAC Le Creux de l'Enfer, Thiers

Chromosomes XXV
02:46

Chromosomes XXV, 2010Ancien Hôpital Sabourin, Clermont-Ferrand

Expositions personnelles

2018

  • «Battre la brèche», La Nouvelle Manufacture, Saint-Martin-de-Valamas
  • «Chemin d’art», biennale d’art contemporain, remparts de Saint-Flour

2017

  • «Chaosmos», Musée Jules Verne, Nantes

2016

  • «Les Polyglottes», Vitrines sur l’art, Galeries Lafayette, invitation du Voyage à Nantes, Nantes
  • «Débord de Loire», 50 ans du Port Maritime Nantes/Saint-Nazaire et 100 ans du Belem, Nantes

2015

  • «la langue apprivoisée est un oiseau rare», 2Angles, Flers
  • «de l’équilibre par les obliques», performance et diffusions videos, L’Atelier de la Ville, Nantes
  • «Erreur», Galerie Le 61, Nantes

2014

  • «N.B.A : Newton Basket Action», La Fermeture Eclair, Caen
  • «bestiaire inadapté», Centre Culturel de la Tour à Plomb, Couëron
  • «the ying dutchman», dans le cadre de Panorama/réseaux d’art actuel, proposition DRAC/Réctorat Basse-Normandie, lycées de Cherbourg, Valognes et Domfront
  • «mythologie du quotidien, des assiettes creuses», La Bergerie, Moutier d’Ahun

2013

  • «un pas de côté», Galerie du Haut-Pavé, Paris
  • «the ying dutchman», A Round The Corner, Rotterdam (Pays-Bas)
  • «de la belle céramique... brisée», Espace Delrue, Nantes

2012

  • «des nuages d’étain», Orangerie du Château de la Louvière, Montluçon

2011

  • «H-shima», installation vidéo, EMAF ArtBox, bibliothèque municipale, Osnabrück , Allemagne

2010

  • «Champagne», installation vidéo, festival Vidéoformes 2010, CROUS Dolet, Clermont-Ferrand

Expositions collectives

2019

  • «Playtime», Bricquebec

2018

  • «Rien d’impossible», Les Rives de l’Art, Collections Frac/Artothèque Limousin, Château de Monbazillac
  • «Résidence secondaire», invitation Jérôme Letinturier et Claire Tangy, Artothèque de Caen
  • «Rurban spirit», Alma espace d’art, Paris
  • «Rikiki2», invitation de Joël Hubaut, Galerie Satellite, Paris
  • «Le Vexillophile», invitation d’Alexis Deboeuf, Caen

2017

  • «L’art en lieux», proposition Frac/Artothèque Limousin, Royère-de-Vassivière
  • «Utopies fluviales», proposition Dans le Sens de Barge, MuséoSeine, Caudebec-en-Caux
  • «Puisque vous partez en voyage», invitation du Collectif R_, L’Atelier, Nantes

2016

  • «Seul/Ensemble», Artothèque de Caen, Caen
  • «Festival VIP (Villes d’Intérêt Poétique)», le P.L.A.C, Solliès-Ville
  • «Le radeau de la Méduse», Musée de l’Abbaye Sainte-Croix, Les Sables d’Olonne
  • «Collection de l’Artothèque de Nantes», Centre Culturel de la Tour à Plomb, Couëron
  • «Petits Formats», Galerie du Haut-Pavé, Paris

2015

  • «les moustaches Radar», Le Radar, Espace d’Art Actuel, Bayeux
  • «jungle domestique», carte blanche de MIRE à Aude Robert, Jardin C, Nantes

2014

  • «de rendez-vous en rendez-vous, », Galerie du Haut -Pavé, Paris

2013

  • «l’éveil des sakura», Galerie 5, Bibliothèque Universitaire d’Angers
  • «Sur place à emporter», Atelier Lebras, Nantes
  • «Out of the Crown Festival», KulturFabrik, Esch sur Azelle, Luxembourg
  • «Veni, Vidi, Vidi», L’Axolotl Cabinet de curiosités contemporaines, Toulon
  • «Images poétiques», festival L’Oeil d’Oodaaq, Les Ateliers du Vents, Rennes
  • «Opening Dulcie», Galerie de l’ESBA, Nantes

2012

  • «Triops», Exposition Lauréats 2011 du Prix des Arts Visuels de la ville de Nantes, L’Atelier, Nantes
  • «Mémoires d’Elephants», L’Atelier de la Ville, Nantes
  • «Pentzele zarata, mailiu insiltasuna », Ateliers Mille Feuilles, Nantes

2011

  • «Les Enfants du Sabbats 12», CAC Le Creux de L’Enfer, Thiers
  • «Point nommé», Maison Jean Chevolleau, Fontenay-le-Comte
  • «J’ai encore une chose à vous montrer», Le Crand Atelier, ESACM, Clermont-Ferrand

Publications, diffusions

2019

  • «Carte blanche festival Premiers Plans», TALM-Angers (diffusion)
  • «Rien d’impossible», École Supérieure d’Art de Clermont Métropole (Conférence)

2018

  • «Les échappées», Le partage des Eaux, La Nouvelle Manufacture, Saint-Martin-de-Valamas (lecture)

2017

  • «Circonférences», invitation de Bertrand Godot, Le Carré, Château-Gontier (diffusion)
  • «Département des vaches», invitation Stéphane Vigny, Valognes (diffusion)

2016

  • «Double-edged», collaboration avec Elizabete Balcus, Centre d’Art Noass, Riga, Lettonie (performance)

2015

  • «Bideodromo Festival», Bilbao, Espagne (diffusion)
  • «VidéoProject», proposition Artothèque et Galerie 5, Angers (diffusion)

2015

  • «Gothic cinéma», invitation d’Anabelle Hulaut et de David Michael Clarke, Château Gontier (diffusion)
  • «Parcours des Fontaines», Maison Jean Chevolleau, Fontenay-le-Comte (diffusion)
  • «Sisyphe à vélo», invitation Quingmei Yao, projet Occupy Parking Art, Galerie Paradise, Nantes (performance)

2014

  • «Nuit Blanche», Le Prisme, Saint-Quentin-en-Yvelines (diffusion et performance)
  • «N.B.A : Newton Basket Action», La Fermeture Eclair, Caen (performance)
  • «Entracte # 5», proposition du Collectif Blast, Angers (diffusion)

2013

  • «Umallikuy{Oodaaq}Umallikuy», diffusion vidéo simultanée, Rennes / Bogotà, Colombie (diffusion)
  • «Bad Summer», B.A.D Foundation, Rotterdam, Pays-Bas (performance)
  • «Rester à la surface», une invitation de Hélène Le aive, Station Vaste Monde, Saint-Brieuc (diffusion)
  • «Les enfants de la république # 1», diffusion vidéos, Nantes (diffusion)
  • «L’art prend l’air», Le Cinématographe, Nantes (diffusion)

2012

  • «R_minutes», diffusion sur le mobilier urbain, Collectif R_ , Nantes (diffusion)

2011

  • «Les Enfants du Sabbats 12», CAC Le Creux de L’Enfer, Thiers (performance)
  • «Autant en emporte le vent», Vidéobar #16, Les Presses, Clermont-Fd (diffusion et performance)
  • «Transit: l’art comme témoin», Européen Média Art Festival, Osnabrück, Allemagne (diffusion)
  • «Images poétiques», festival L’Oeil d’Oodaaq, Le Jardin Moderne, Rennes (diffusion)
  • «Inauguration de La Fabrique», Laboratoire(s) Artistique(s), MIRE et Collectif R_ , Nantes (diffusion)

2010

  • «Festival Vidéoformes», Théâtre du Petit Vélo, Sélection ESACM, Clermont-Ferrand (diffusion)

2009

  • «Festival Bandit-Mages », Festival Bandit-Mages de Bourges (diffusion)
  • «Festival e.magiciens», Valenciennes (diffusion)

2008

  • «Les petites formes concertées», Garden Party, CAC Parc Saint Léger, Pougues les Eaux (performance)

Trompe le monde ¹ 

« Je suis un humoriste, un plaisantin, je suis un acrobate… » ²

Parler du travail plastique de Jean Bonichon en citant Gombrowicz pourrait tenir du grand écart, s’il n’était pas question de décrire une tentative narquoise et iconoclaste d’interprétation  du monde : l’évocation d’un regard facétieux exercé à l’égard d’un certain dérisoire de l’existence. Déraisonnable et pléthorique, Jean Bonichon n’a de cesse d’explorer une mythologie de la banalité au travers de performances, d’actions filmées ou de sculptures, sous le mode du décalé et de l’angle irrésistiblement éclaté.
Douces et savantes divagations, les productions de l’artiste rappellent des leurres irrévérencieux et parfois grinçants, prétextes à des combinatoires avec la surface des choses. Répliques en bronze d’un cornet de glace écrasé sur le sol, bouche d’égout improbable échappée d’un cartoon mimant la forme simplifiée d’une éclipse, les narrations développées par les pièces de Jean Bonichon consistent en la mise en dérèglement des points de vue et des attentes du spectateur, ainsi que des registres formels.
Entre ready-made mutant et clins d’œil à l’art minimal, objets célibataires et dérives poétiques allusives, le répertoire prolixe de l’artiste tient de l’inventaire fantasque.
Story board distillant une esthétique de la platitude et du non sens, ces images qui déraillent et génèrent des renversements constituent autant de pastilles, fruits d’une idée ou d’un dessin tout droit échappé d’un carnet de notes. Cultivant les incongruités, l’artiste décline les matériaux et les contextes avec application, en témoigne un bouchon de champagne aux dimensions extravagantes placé dans la nature en écho au passé du lieu.

Si l’esprit de Tati ou de Buster Keaton  semble planer dans les vidéos de Jean Bonichon, c’est notamment parce que l’artiste éprouve les mises en scène équivoques dans des postures vainement périlleuses. Au-delà du running gag plaisant et de la blague potache, ces mini séquences se distinguent par le classicisme des ressorts utilisés, l’économie de moyen et la simplicité de l’intrigue.

Instantanés énigmatiques en forme d’interrogation face à une certaine l’inanité, les photographies de Jean Bonichon rappellent des moments suspendus qui oscilleraient entre mise en abyme interlope et rêverie contemplative. Dans ces tableaux magrittiens d’un nouveau type, celui-ci en devient le scrutateur impassible,  le héros et figurant allégorique d’une possible lecture du réel.
Auteur et personnage improbable d’une trame généralisée, Jean Bonichon module et expérimente des fictions à la manière de l’errance loufoque. Comme un remake élargi et savoureux de La vie de Brian, la pratique de l’artiste se présente sous la forme d’une vaste entreprise qui consiste à recenser le quotidien des jours, une façon intrépide d’en reproduire ses absurdes séances : « ce qui se passe ici d’affreusement significatif ne se laissait cependant pas comprendre, déchiffrer jusqu’au bout. Le monde tournoyait dans un sens imprévu, étrange… » ³

Texte écrit pour La Belle revue, 2010, revue d’art contemporain en Centre-France.

Frederic Emprou, 2010

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1. titre de l’album éponyme, Trompe le monde, Pixies, 4AD, 1991.
2. Witold Gombrowicz, Testament, entretiens avec Dominique de Roux, éd. Gallimard, 1996.
3. ibid.

Les riches heures de Jean Bonichon

Penser des traductions poétiques en objets, telle pourrait être une façon de nommer la mécanique à l’œuvre chez Jean Bonichon. Un Prix de la ville de Nantes en 2011, une exposition à la Bibliothèque Universitaire d’Angers puis à la galerie du Haut Pavé en 2013 mais aussi des projets collectifs lui ont permis de montrer beaucoup d’œuvres récentes. Dans l’exposition à l’Atelier de la Ville de Nantes en 2012, il présente une série de pièces du « bestiaire inadapté », situées entre fait-main et ready-made. Pour Jean Bonichon, le ready-made ou l’objet trouvé est ce qui apporte de la narration. Objet qui vient de quelque part et a vécu quelque part, il fonctionne sur le principe du déplacement. Dans son glissement d’un contexte dans un autre, il est lourd d’une mémoire : on lui octroie toujours un nom. Légers, les objets de Jean Bonichon font pourtant « le poids », comme le préconise Francis Ponge. Loin d’être de simples émanations ou des machines à produire des images, ils se situent dans une juste position entre matérialité et langage.
Sur ce va-et-vient entre objet et langage, Jean Bonichon fonde toute sa poétique. Il inaugure une esthétique du fragment : ainsi dans son « bestiaire inadapté », une Croisière blanche (2012), large plaque de tôle sur laquelle il installe des moulages de cornes de rhinocéros, mémoires de bêtes engluées dans une fausse embarcation dont il ne resterait que des masques en plâtre. Peau de chagrin associe un travail sur la brillance d’un matériau – une baignoire – à un corps sectionné d’ours, engageant une réflexion sur « le devenir des ours » : un devenir-peau de chagrin. La théorie de la reine bouge détourne celle de la reine rouge reprise par Lewis Carroll : « Nous courons pour rester à notre place » devient un jeu de croquet surélevé, sur une table dont les pieds sont ceux de grands oiseaux. Chez Jean Bonichon, ces nouveaux bestiaires, tout comme Alice aux pays des merveilles, ne sont pas lus dans une version édulcorée : ce ne sont pas des livres pour enfants mais des œuvres métaphoriques, critiques de leur époque. Des chroniques animalières à faire pâlir les perce-oreilles, bourdons et autres insectes des Grandes Heures d’Anne de Bretagne d’un Jean Bourdichon.
Jeux de balle interdits perce un ballon de basket à l’aide d’une défense d’éléphant, une façon, encore, de penser le monde sous la forme d’une chaîne de signifiants qui s’agencent les uns aux autres, en inventant des histoires. Mets tes bonichons, tu vas prendre froid ! rejoue sous une autre forme une esthétique du fragment. Souvenirs surréalistes, ce sont des sculptures de mains sur lesquelles sont enfilés de petits gants. Rappelons que Bonichon veut simplement dire « petits bonnets », n’en déplaise à ceux qui chercheraient à ce nom une autre définition. Jean Bonichon articule des jeux de mots en objets. Il tient d’un Magritte qui aurait rencontré Raymond Hains. Comme Magritte, il pense que tout ne se réduit pas aux mots, que les mots et les images ne coïncident jamais. C’est sur cet écart qu’il fonde tout son travail. Proche de celui d’un Raymond Hains, aussi, tout son univers se pense sous forme d’interprétations multiples fondées sur des rencontres d’objets et des combinatoires de hasards. Des objets-performances ou objets-sculptures grâce auxquels il organise son rapport au monde. À la « rencontre fortuite d’un fer à repasser et d’un parapluie sur une table de dissection » il donne une forme, qu’il repasse ensuite au crible du langage, non seulement à travers ses titres mais dans l’association incongrue d’images. Comment transcrire un univers mental en objets, c’est aussi ce qui intéressait Raymond Hains, en allant du côté du calembour visuel. Jean Bonichon réalise aussi beaucoup de vidéos. Dans l’une d’entre elles, il sabre le champagne en plaçant une bouteille sur une machine à laver en marche. Nommer ses images nous mène invariablement à créer malgré soi du non-sens. Un humour anglais mêlé à un humour belge, le tout secoué jusqu’à ce qu’en émane une formule.
Pour l’exposition L’éveil des sakura – les sakura sont des cerisiers ornementaux au Japon – il crée des images fortes, dont cette culotte de géant peinte, flottant au dessus des Terres rouges. On y retrouve le motif des bottes, dans une autre pièce engluées dans une plaque d’étain, cette fois juchées sur des briques. Un Bonsaï-bondage, harnaché par une corde et entouré d’un parallélépipède en forme de grille, tient à la fois de l’objet potache et de la sculpture minimaliste. Le sens est chez lui ce qui se découvre à première vue puis se niche et se travaille dans des formes beaucoup plus complexes qu’elles n’y paraissent. À plusieurs reprises, il crée des réalisations sensibles en étain, notamment Nuages d’étain, plaques dont les anfractuosités font apparaître des images : une fois de plus, la sensibilité au matériau fait naître l’œuvre. Tout se passe toujours comme si, chez Jean Bonichon, c’est en tentant de nommer ce que l’on voit que survient le sens. Il est question, chez lui, de tester les limites du langage en proposant des détours par la forme et la matière. Des détours-détournements par associations incongrues ou par agencements, jamais forcés.

Marion Daniel, Paris, 4 mai 2013

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1. Un texte de Marion Daniel écrit à l'occasion de l'exposition L'ÉVEIL DES SAKURA en janvier dernier à la galerie 5, BUA - Bibliothèque universitaire d'Angers.

Marion Daniel, docteure en littérature française, critique d’art et commissaire d’exposition, travaille sur les relations entre texte et image. Elle enseigne l’histoire de l’art à l’école des beaux-arts de Nantes. Depuis novembre 2010, elle est aussi commissaire associée au FRAC Bretagne, en charge de la programmation et des éditions.

Chromosomes XXV